MasukChapitre 77
Vaelor
Deux jours ont passé depuis mon retour précipité de Brumhaven, deux jours interminables pendant lesquels je n'ai dormi que quelques heures, pendant lesquels je n'ai presque rien mangé, pendant lesquels j'ai annulé toutes mes réunions, toutes mes obligations, tous mes rendez-vous, parce que je n'arrivais pas à me concentrer sur autre chose que sur cette lettre que j'avais glissé
Chapitre 118KaelisJe n'ai pas dormi de la nuit. Je n'ai pas dormi parce que j'ai trouvé quelque chose. Quelque chose de grave. Quelque chose que je cherchais depuis des semaines, depuis que j'avais compris que l'histoire de ma mère n'était pas l'histoire qu'on m'avait racontée.J'ai passé des heures à la bibliothèque de Brumhaven, à éplucher les archives, à recouper les informations, à comparer les dates. Et j'ai trouvé. Des documents. Des lettres. Des rapports. Des preuves que la famille Draken avait tout manigancé. Tout. Depuis le début.Ils ont fait pression sur mon grand-père, Eldric Vossen, pour qu'il chasse sa propre fille. Ils ont menacé de ruiner ce qui restait de l'entreprise familiale. Ils ont promis de l'aider s'il se débarrassait d'elle. Et il l'a fait. Il a chassé maman. Il l'a laissée partir en pleine nuit, enceinte de deux enfants, sans un sou, sans un mot.Ils ont fait surveiller maman après sa fuite. Des hommes. Des rapports. Des comptes rendus. Où elle était. Ce qu
Chapitre 117VaelorJe trouve les lettres par hasard. Ou peut-être pas par hasard. Peut-être que je les cherchais sans le savoir. Depuis des semaines, depuis que ma mère est tombée, depuis que les masques sont tombés, je fouille le passé. Je fouille les archives de la famille. Je fouille les papiers de mon père. Je cherche des réponses. Des explications. Des coupables.Aldric Draken est mort depuis dix ans. Mais ses affaires sont là, dans son bureau, dans les cartons que personne n'a jamais osé ouvrir. Je les ouvre. Un à un. Je lis les lettres, les notes, les rapports. Et je trouve.Une liasse de correspondance. Des lettres de mon père à son homme de confiance. Des lettres qui datent d'il y a sept ans. Des lettres qui parlent d'Aélyra. Des lettres qui parlent de moi.« Le jeune V
Chapitre 116AélyraJe sais.Je ne sais pas comment je l'ai appris. Peut-être par une indiscrétion, peut-être par un domestique, peut-être par un journaliste trop zélé. Peu importe. Ce qui compte, c'est que je sais. Ma mère savait. Lysandra Vossen, ma propre mère, était au courant des manigances de Seraphina. Elle savait que Seraphina préparait des attaques contre moi. Elle savait qu'elle allait me traîner dans la boue, me salir, me détruire. Et elle n'a rien fait. Pas un mot. Pas un avertissement. Pas un geste.Alors je vais la voir. Je traverse Brumhaven, les rues grises, le vent froid, et j'arrive devant sa maison. Une petite bâtisse triste, aux volets fermés, où elle vit seule depuis la mort de mon père. Je frappe. Elle ouvre. Elle me voit, et son visage se fige.
Chapitre 115VaelorLes jours passent. Les semaines. Et quelque chose change. Lentement. Imperceptiblement. Comme une plante qui pousse dans l'ombre et qui finit par atteindre la lumière.Je ne la presse pas. Je ne lui demande rien. Je suis là, simplement. Je l'aide à la librairie. Je range les livres. J'accueille les clients. Je répare l'étagère qui grince depuis des années. Je cuisine, maladroitement, mais avec application. Je couche les enfants. Je lis des histoires à Nyora. Je joue aux échecs avec Kaelis. Je vis.Et Aélyra m'observe. Elle m'observe depuis le comptoir, depuis la cuisine, depuis le canapé. Elle m'observe comme on observe un animal sauvage qu'on n'ose pas encore approcher. Elle attend. Elle jauge. Elle hésite.Mais quelque chose a changé. Depuis ce soir o&ugr
Chapitre 114AélyraJe les observe.C’est ce que je fais depuis des jours. Je les observe vivre, rire, se disputer, se réconcilier. Je les regarde depuis le comptoir de la librairie, depuis la cuisine, depuis le salon. Je les regarde comme on regarde un film dont on connaît la fin mais qu’on espère différente.Kaelis joue aux échecs avec Vaelor. Il perd, il apprend, il progresse. Un soir, il gagne. Et je vois dans ses yeux une fierté que je ne lui avais jamais vue. Vaelor lui dit qu’il est fier de lui. Kaelis ne répond pas, mais je vois ses épaules se détendre, sa mâchoire se relâcher. Quelque chose s’est dénoué en lui. Quelque chose que je n’avais pas réussi à dénouer moi-même.Nyora est inséparable de son père. Ell
Chapitre 113NyoraJe comble le vide.Je le comble avec mes bras, avec mes questions, avec mes rires. Chaque matin, je me précipite dans la chambre de papa, je saute sur son lit, je me blottis contre lui. Il sent le savon et le bois de santal. Il rit, sa voix grave résonne dans ma poitrine. Je ne veux plus jamais le lâcher.— Papa, tu as bien dormi ?— Très bien, ma chérie. Et toi ?— J’ai rêvé de toi. Tu étais un dragon, et tu me portais sur ton dos.Il sourit, il me serre plus fort. Je pose ma tête contre son cœur. Je l’entends battre. Un battement régulier, rassurant. Pendant six ans, je n’ai pas entendu ce cœur. Maintenant, je l’entends tous les jours.Je lui pose mille questions. Sur son enfanc
Chapitre 5Suite du flashback AélyraIl s'arrête devant moi, et le monde disparaît.Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe à cet instant, je ne sais pas si c'est la chaleur des lustres ou le parfum des fleurs ou le bourdonnement des conversations qui s'estompent, mais tout ce qui existai
Chapitre 4Flashback Septs ans plutôt..AélyraJ'ai vingt-deux ans, et je suis debout devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas la femme qui me regarde.La robe que je porte est une merveille de soie et de tulle, une création couleur émeraude que ma mère a fait venir de la capitale il
Chapitre 3KaelisJe n'aime pas les secrets.Je n'aime pas la façon dont ils s'insinuent dans les silences, dont ils corrodent les sourires, dont ils transforment les mots les plus simples en pièges et en mensonges. Ma mère a un secret, un secret immense et terrible, et ce secret a un nom, un visag
Chapitre 2NyoraJe sais que maman ment.Je le sais parce que ses mains tremblent quand elle range les livres, parce que sa voix devient trop aiguë quand elle répond à mes questions, parce qu'elle évite de croiser mon regard, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude. Maman me regarde toujours dans les







