INICIAR SESIÓNChapitre 90
Aélyra
Je m'éclipse par la porte-fenêtre de l'auberge, je pose mes mains sur la balustrade de pierre, et je respire, je respire enfin, comme si je venais de retenir mon souffle pendant des heures, pendant des jours, pendant sept années entières.
La forêt s'étend devant moi, immense et silencieuse, un océan de feuillages qui ondule doucement sous la brise du soir, et
Chapitre 92AélyraLe journal est posé sur le comptoir de la librairie, et je le fixe sans le voir, les doigts crispés sur le bord de la page, le cœur qui bat si fort que je l'entends résonner dans tout mon corps. La une s'étale en lettres noires et grasses, et mon nom, mon nom que j'avais réussi à cacher pendant sept ans, s'affiche comme une condamnation.« Aélyra Vossen, l'aventurière qui a caché ses enfants à l'héritier Draken. »Je n'arrive pas à lire la suite, les mots se brouillent, se mélangent, dansent devant mes yeux, mais je les devine, je les connais déjà, je les ai entendus tant de fois dans mes cauchemars. Manipulatrice, calculatrice, une femme prête à tout pour monnayer ses bâtards. Les journalistes ont fait leur travail, ils ont creus&eacu
Chapitre 91VaelorLa colère est une bête en moi, une bête noire qui gronde et qui mord, et je la sens monter dans ma gorge tandis que je traverse le hall de la demeure familiale, mes pas claquant sur le marbre comme des coups de fouet.Ma mère est dans le salon, assise dans son fauteuil habituel, une tasse de thé à la main, le visage serein, presque satisfait, comme si elle n'avait pas tenté de briser ma vie une seconde fois. En me voyant entrer, elle lève un sourcil, faussement étonnée, et repose sa tasse avec une lenteur calculée.— Vaelor, quelle surprise. Je ne t'attendais pas si tôt.Je reste debout, les poings serrés, et ma voix tremble de fureur contenue.— Retire cette plainte. Tout de suite.Elle incline la tête, un sourire
Chapitre 90AélyraJe m'éclipse par la porte-fenêtre de l'auberge, je pose mes mains sur la balustrade de pierre, et je respire, je respire enfin, comme si je venais de retenir mon souffle pendant des heures, pendant des jours, pendant sept années entières.La forêt s'étend devant moi, immense et silencieuse, un océan de feuillages qui ondule doucement sous la brise du soir, et le soleil couchant teinte les arbres de couleurs chaudes, orange, pourpre, ambre, comme un incendie paisible qui consumerait le monde sans le détruire. L'air sent la mousse et le bois humide, la terre et les feuilles mortes, et cette odeur, cette odeur simple et sauvage, m'apaise, me recentre, me ramène à l'essentiel.Je repense aux sept dernières années, à tout ce que j'ai sacrifié, à tout ce que j'ai caché, &a
Chapitre 89VaelorJe les conduis à l'intérieur de l'auberge, dans la salle privée que j'ai réservée, et je sens le regard d'Aélyra posé sur moi, un regard lourd de tout ce qu'elle n'ose pas dire, un regard qui me suit pendant que je traverse le hall de pierre et que je pousse la porte de la pièce où les attendent les cadeaux.La table est couverte de paquets colorés, de rubans et de nœuds, et la cheminée crépite doucement, projetant des ombres mouvantes sur les murs. J'ai tout préparé avec un soin maniaque, comme si chaque objet pouvait combler le vide de six années d'absence, comme si une poupée ou un livre pouvait réparer ce que mon silence a brisé. Je me sens ridicule, pathétique, et pourtant je ne peux pas m'arrêter.— Voici pour toi, Nyora, dis-j
Chapitre 88AélyraJe reste en retrait près du taxi, les bras croisés sur ma poitrine, et je regarde la scène qui se déroule devant moi comme on regarde un tableau, une image trop belle pour être vraie, un rêve dont on craint de se réveiller.Nyora est dans les bras de Vaelor, elle s'accroche à son cou, elle rit et pleure en même temps, et lui, cet homme que j'ai fui pendant sept ans, la tient contre sa poitrine avec une douceur que je ne lui ai jamais connue, une douceur de père, une douceur d'homme qui découvre qu'il a un cœur après toutes ces années passées à le nier. Kaelis, mon petit Kaelis si grave, si silencieux, vient de serrer la main de son père, et je vois leurs doigts entrelacés, je vois leurs regards qui se croisent, gris sur gris, et je vois dans les yeux de mon fils une ém
Chapitre 87KaelisJe descends du taxi plus lentement que Nyora, les mains enfoncées dans les poches de mon pantalon, le visage fermé, parce que je ne veux pas qu'il voie ce qui se passe à l'intérieur de moi, ce mélange de jalousie, de colère et de peur qui me tord le ventre comme une main de fer.Nyora est déjà dans ses bras, elle s'accroche à son cou, elle pleure et elle rit en même temps, et lui, cet homme qui est notre père, la tient contre lui comme si elle était la chose la plus précieuse du monde. Je les regarde, et je sens une bouffée de jalousie monter en moi, une jalousie méchante et puérile, parce que ma sœur a réussi là où je n'ose même pas essayer, parce qu'elle s'est jetée dans ses bras sans réfléchir, sans avoir peur, sans se demander s'il alla
Chapitre 5Suite du flashback AélyraIl s'arrête devant moi, et le monde disparaît.Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe à cet instant, je ne sais pas si c'est la chaleur des lustres ou le parfum des fleurs ou le bourdonnement des conversations qui s'estompent, mais tout ce qui existai
Chapitre 4Flashback Septs ans plutôt..AélyraJ'ai vingt-deux ans, et je suis debout devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas la femme qui me regarde.La robe que je porte est une merveille de soie et de tulle, une création couleur émeraude que ma mère a fait venir de la capitale il
Chapitre 3KaelisJe n'aime pas les secrets.Je n'aime pas la façon dont ils s'insinuent dans les silences, dont ils corrodent les sourires, dont ils transforment les mots les plus simples en pièges et en mensonges. Ma mère a un secret, un secret immense et terrible, et ce secret a un nom, un visag
Chapitre 2NyoraJe sais que maman ment.Je le sais parce que ses mains tremblent quand elle range les livres, parce que sa voix devient trop aiguë quand elle répond à mes questions, parce qu'elle évite de croiser mon regard, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude. Maman me regarde toujours dans les







