ANMELDENADRIEN— Je peux te chercher quelque chose, chéri ? demande Dominique.— Non.Elle tourne autour de moi, s’occupant de moi, essayant de me réconforter. Si seulement elle le pouvait. Mes pensées destructrices rugissent dans ma tête, je n’ai qu’une envie : fuir quelque part. Mais où ? La vérité me suivrait.La sonnette retentit. — C’est qui ? demande Dominique. — Je ne suis pas là, soupirai-je.— C’est sûrement Raquel, je vais la gérer, répond-elle en ouvrant la porte.— Maman ! s’écrie-t-elle.Merde.— Bonjour, ma chérie.Je pince l’arête de mon nez, je ne peux pas la supporter maintenant. — Ce n’est pas le moment, entendis-je Dominique lui dire. — Je ne suis pas là pour vous voir, je suis là pour Adrien. — Non, Maman. — Ne sois pas ridicule. — J’ai dit pas maintenant ! crie Dominique, mais il est évident que Sylvie est déjà passée.Elle apparaît dans l’encadrement de la porte. — Bonjour, Adrien, dit-elle doucement.Un nœud me serre la gorge, elle est venue pour se réjouir de
NIQUEMa file de voitures descend dans le parking souterrain juste à six heures. Je viens de terminer un cours de spinning avec Raquel, mes jambes encore vibrantes de l’effort. Je remarque la Lamborghini noire d’Adrien garée à sa place, impeccable, et un frisson me traverse. Rentrer chez lui ne me lassera jamais. Jamais.Je prends l’ascenseur jusqu’au dernier étage et j’ouvre la porte sur un silence presque palpable, lourd et étrangement figé. — Chéri ? appelai-je, la voix plus basse que prévu. Où est-il ?Je traverse l’appartement, mes pas résonnant sur le parquet, résonances qui me semblent soudain trop fortes. — Jules, où es-tu ? continuai-je, ma voix s’étranglant légèrement dans le vide, puis je pousse la porte-fenêtre et sors sur la terrasse. — Jules ?Hmm… étrange. Peut-être qu’il n’a pas pris sa voiture aujourd’hui ? Je n’arrive plus à me souvenir si elle était là ce matin quand je suis partie.Je sors mon téléphone et appelle Davidoff. — Bonjour, Mademoiselle De-Luca.
ADRIEN— Menteur.— Ah oui ? répond-il calmement. Tu en es sûr ?Je le fixe, la haine commençant à bouillonner dans mes veines.Il fait glisser une enveloppe sur la table vers moi. — Mon profil ADN est dans ce laboratoire. Si tu ne me crois pas, crois la science. Tu auras la preuve dont tu as besoin.Je regarde l’enveloppe.Il a une preuve.Putain…— Il ne me reste que quelques semaines à vivre. J’ai besoin que tu prennes la tête des opérations Bellini. Tu es le seul capable de diriger cette entreprise à mon niveau… et de nous mener vers la prochaine génération.— Va au diable, je crache. Je ne toucherais pas à ta boîte pourrie, même si ma vie en dépendait.— Peut-être que c’est le cas.Il sourit, comme s’il anticipait ma réaction.— Tu préfères diriger une entreprise qui ne t’appartient pas ? Tu n’es pas un De-Luca. Tu ne le seras jamais. Et un jour, ils découvriront la vérité. Tu seras exposé comme un traître… un Bellini jusqu’à la moelle. Et là, tu feras quoi ? Tu crois qu’ils res
ADRIEN— Puis-je vous proposer autre chose à boire ? demande la serveuse.— Oui.Jean-Marc avale sa bouchée. — Nous prendrons deux autres Blue Label, s’il vous plaît.— Bien, monsieur.Elle s’éloigne et nous continuons à manger en silence.Jean-Marc et moi avons quitté le bureau en douce pour déjeuner. C’est rare qu’on puisse se retrouver seuls pour parler librement.— Tu te disputes encore avec Sylvie ?Il pousse ses pâtes dans son assiette. — Je ne sais pas. Elle dit une chose… mais tout le reste indique le contraire.— Et ça te travaille ?— Évidemment.Je mâche lentement en le regardant. Il est clairement affecté.— Tu sais… ça remonte à vingt-huit ans. Tu devrais peut-être laisser tomber.— Je sais. Je me le répète sans arrêt.J’acquiesce en jetant un regard autour du restaurant bondé.— Et toi, avec Dominique ?Un sourire me vient immédiatement. — Elle est incroyable.Rien que d’y penser… elle va devenir ma femme.J’ai hâte qu’on puisse enfin l’annoncer. Je vais le crier sur
NIQUERaquel et moi entrons dans le restaurant juste avant dix-neuf heures et apercevons Adrien et Damien déjà installés à table. Ils ont été retenus au travail, alors ils nous ont rejointes directement ici.Je porte une robe rose fuchsia moulante, tombant sur les épaules, avec des talons aiguilles nude vertigineux et une pochette assortie. Mes longs cheveux noirs sont lâchés, volumineux, et mon maquillage est intense, avec un rouge à lèvres rose éclatant.— Bonsoir, nous avons une réservation au nom de Smithson, dis-je au serveur.— Oui, par ici.Il nous guide à travers le restaurant. La musique flotte dans l’air, la clientèle est élégante et éclectique. L’endroit est immense, réparti sur plusieurs niveaux : le bar est à l’étage, puis sept marches plus bas se trouvent la salle principale et la cuisine, et encore sept marches plus bas, un espace lounge avec tables hautes et tabourets.J’aperçois Adrien et Damien au fond, sur le niveau intermédiaire, et un large sourire illumine mon vi
NIQUELa pluie tombe à verse alors qu’Adrien tourne au coin de la rue.— J’ai l’impression qu’on est tellement bas dans cette voiture qu’on est presque dans les flaques, je dis en regardant la route.— C’est une Lamborghini.Il jette un coup d’œil vers moi. — C’est le principe.Je lève les yeux au ciel. — Qu’est-ce que tu as avec cette voiture ?Il accélère brusquement, le moteur ronronne puissamment. Il esquisse un sourire et pose sa main sur ma cuisse. — Tu es jalouse ?— Ha !Je ricane. — De cette voiture ? Absolument pas.Un peu quand même… mais c’est ridicule.— Ne t’inquiète pas, je préfère te conduire toi.Il me fait un clin d’œil sexy.— Oh…J’écarquille les yeux. — Je suis flattée.La radio diffuse soudain une alerte info.DERNIÈRE MINUTE : LE CHEF DE LA POLICE A ÉTÉ ASSASSINÉ. IL A ÉTÉ ABATTU DANS UN MARCHÉ BONDÉ DANS CE QUI EST DÉCRIT COMME UNE EXÉCUTION LIÉE AU CRIME ORGANISÉ.Adrien coupe immédiatement la radio.Je le regarde. Étrange. — Tu le connaissais ?— Oui.I
NIQUEQuoi ?Est-ce que j’ai bien entendu ?Je le fixe, complètement sous le choc.— Je veux dire… ce n’est pas comme ça que je… Je sais qu’on n’est pas ensemble depuis longtemps et je… Putain. La pire demande en mariage du monde.Il trébuche sur ses mots.— J’ai tout foiré. J’étais censé attendre.
NIQUEL’horloge affiche onze heures du soir et je reste là à la fixer. Mon appartement est plongé dans un silence de mort.Et pendant que je suis allongée seule dans mon lit… lui est dans un club de strip-tease.Je m’imagine la scène : lui, assis avec ses amis, riant, entouré de femmes magnifiques
ADRIENRaquel et moi entrons dans le restaurant vers seize heures. Je n’ai eu aucune nouvelle d’Adrien de toute la journée.Je n’ai aucune idée de ce qui peut être assez important pour qu’il travaille un dimanche.Le serveur nous conduit à notre table et tire nos chaises. — Merci.— Pourquoi il y
NIQUEJe compose le numéro de Raquel et attends pendant que ça sonne.— Salut, ma belle, j’allais justement t’appeler, répond-elle. — Tu fais quoi ? — On est sur le chemin du retour de Toscane.Je souris largement. — Vous êtes allés en Toscane ? Ça avait l’air romantique. — Tu n’as même pas idé







