Chapitre 4KaelorLa nuit est tombée sur la Riviera, lourde et veloutée, mais je ne ressens rien de sa douceur. La Maybach file dans l'obscurité, silencieuse comme un requin dans les profondeurs, et je fixe sans les voir les lumières qui défilent, éclats fugaces et inutiles. La baie vitrée de l'hôtel Castiglione est déjà loin, pourtant je vois encore Elena, debout près de la balustrade de marbre, sa robe ivoire soulevée par le vent du soir, cette silhouette fragile et droite qui se découpait sur le ciel incendié de crépuscule. Je l'ai laissée là. Seule. Le jour de notre mariage. J'ai tourné les talons sans un regard en arrière, et ce geste, cette absence de geste plutôt, pèse dans ma poitrine avec une densité que je refuse d'analyser. Mon chauffeur, un homme discret au visage impassible, ne pose aucune question. Il sait. Il sait que je ne rentre pas avec ma femme, que la nuit de noces du célèbre Kaelor Veyne se passera dans un appartement vide et froid du VIIIe arrondissement de Paris
Última actualización : 2026-08-03 Leer más