로그인Chapitre 7
Elyan
Serena est belle. Vive. Éclatante. Elle remplit l'espace de sa voix, de ses rires, de ses exigences. La maison n'est plus silencieuse. Elle est bruyante, habitée, pleine de vie. Je devrais être heureux. J'ai enfin obtenu ce que je voulais.
Pourtant, il y a des soirs où je rentre plus tôt que prévu, et je m'attends à trouver Liora assise près de la fenêtre, un livre entre les mains, ce sourire timide qu'elle m'offrait malgré tout. Mais c'est Serena qui m'accueille, avec ses baisers pressés et ses questions sur ma journée.
— Tu es encore dans la lune, Elyan.
Je sursaute. Serena se tient devant moi, les bras croisés, un sourcil levé. Elle me fixe avec cet air qu'elle prend quand elle sent que quelque chose m'échappe.
— Je pensais à un dossier, dis-je.
— Un dossier ou une personne ?
— Qu'est-ce que tu insinues ?
Elle s'approche, pose une main sur mon torse. Son parfum m'enveloppe, puissant, entêtant.
— Rien. Je te trouve distrait, c'est tout.
— Je suis fatigué.
— Fatigué ou ailleurs ?
Je me dégage doucement, m'approche du bar. Je sers un verre de whisky, sans répondre. Serena me suit des yeux, silencieuse. Elle attend que je lui donne une réponse. Mais je n'en ai pas.
— On a parlé de ton ex-femme, hier, au dîner, reprend-elle.
Je me fige. Le verre s'arrête à mi-chemin de mes lèvres.
— Qui a parlé d'elle ?
— Un associé de ton père. Il m'a demandé si Liora avait refait sa vie. Il m'a dit qu'elle avait disparu sans laisser de traces.
— Elle n'a pas disparu. Elle est partie, c'est tout.
— Tu sais où elle est ?
— Non.
— Tu y penses souvent ?
Sa question me frappe. Je repose le verre, me tourne vers elle.
— Pourquoi tu me demandes ça ?
— Parce que tu changes de visage quand on prononce son nom. Tu te renfermes. Tu deviens fuyant.
— Tu te fais des idées.
— Peut-être. Ou peut-être que tu ne veux pas admettre qu'elle te manque.
Je m'approche d'elle, pose mes mains sur ses épaules. Je veux la rassurer, la faire taire. Mais son regard reste dur, inquisiteur.
— C'est toi que j'aime, dis-je fermement. C'est toi que j'ai choisie. Liora appartient au passé.
— Alors pourquoi tu ne m'as jamais dit ce qui s'était vraiment passé entre vous ?
— Il n'y a rien à dire. Un mariage sans amour, un divorce, une séparation. C'est tout.
— Elle t'aimait, elle.
— Peu importe.
— Si. Ça compte. Une femme qui t'aime ne disparaît pas sans un mot.
Je serre les mâchoires. Serena touche un point sensible. Je n'ai jamais compris pourquoi Liora était partie si vite, sans rien réclamer, sans une plainte. Elle a signé, retiré son alliance, puis quitté la maison. Comme si de rien n'était. Comme si trois années de vie commune n'avaient aucune importance.
— Elle a dû comprendre que c'était mieux ainsi, dis-je enfin.
— Mieux pour qui ?
— Pour nous deux.
Serena plisse les yeux. Elle ne me croit pas. Elle sent que je lui cache quelque chose. Mais elle ne dit rien. Elle se contente de hocher la tête, puis s'éloigne, ses talons claquant sur le parquet.
Je me retrouve seul dans le salon. Le silence revient, lourd, insistant. Je m'assois, pose ma tête contre le dossier du canapé. Le visage de Liora surgit, sans prévenir. Ses yeux gris bleuté, sa voix douce, ses gestes calmes. Elle me manque. Pas comme une femme qu'on aime. Comme une habitude. Une présence rassurante. Une constance.
Je me persuade que c'est normal. Que trois années laissent des traces. Que le temps effacera tout. Mais au fond de moi, une voix sourde murmure que je me trompe. Que je n'ai jamais cessé de penser à elle. Que son absence pèse plus que sa présence.
Je me lève, m'approche de la fenêtre. La nuit est tombée. Les lumières de la ville scintillent au loin. Je me souviens des soirs où Liora m'attendait, silencieuse, patiente. Elle ne se plaignait jamais. Elle était toujours là.
Et maintenant, elle n'est plus là. Je ne sais même pas où elle vit, ce qu'elle fait, avec qui elle est. Elle s'est volatilisée, comme si notre mariage n'avait jamais existé. Et cette disparition me hante.
— Elyan ?
La voix de Serena me tire de mes pensées. Elle se tient dans l'embrasure de la porte, les bras croisés.
— Tu restes planté là ? demande-t-elle.
— Je réfléchissais.
— À elle ?
Je ne réponds pas. Elle soupire, secoue la tête.
— Je savais que ce ne serait pas simple. Mais je ne pensais pas que tu passerais ton temps à regarder dans le vide en pensant à ton ex-femme.
— Je ne pense pas à elle.
— Menteur.
Elle s'approche, me fait face. Ses yeux brillent d'une colère contenue.
— Écoute-moi bien, Elyan. Je ne vais pas passer ma vie à me battre contre un fantôme. Si tu ne m'aimes pas assez pour oublier cette femme, dis-le-moi maintenant.
— Je t'aime.
— Alors prouve-le.
Elle attend. Je la regarde, belle, exigeante, prête à tout pour me garder. Et pourtant, dans ce moment précis, c'est Liora que je vois. Liora qui ne demandait jamais rien. Liora qui souriait même quand je l'ignorais. Liora qui est partie sans un mot.
— Prouve-le, répète Serena, plus bas.
Je m'avance, pose une main sur sa joue. Elle ferme les yeux, se détend. Mais quelque chose en moi reste froid, distant. Comme si une partie de moi était restée dans cette maison vide, auprès d'une femme qui ne demandait qu'à être aimée.
Et je me demande si je ne suis pas en train de commettre la même erreur. Encore une fois.
Chapitre 51LioraJe les regarde depuis la cuisine. Elyan est assis par terre, les jambes croisées, face à Noah. Ils construisent une tour avec des cubes. Noah rit, tend une pièce à Elyan, qui la pose avec précaution. Sa voix est douce, patiente. Il ne s'énerve pas quand la tour s'écroule. Il recommence. Encore. Et encore.Mon fils sourit. Un sourire que je ne lui avais jamais vu. Un sourire de child qui se sent en sécurité. Cette image me serre le cœur. Je suis heureuse de le voir heureux. Mais une peur sourde monte en moi.Noah est ma vie. Je l'ai élevé seule. J'ai été sa mère, son père, son unique repère. Et maintenant, Elyan est là. Il joue avec lui, il le fait rire, il lui apprend des choses. Il prend une place que je n'ai pas prévue.Et si un j
Chapitre 50ElyanJ'arrive chez Liora avec une boîte de legos. J'ai demandé à ma sœur ce qui pouvait plaire à un enfant de trois ans. Elle m'a ri au nez, m'a dit que je n'y connaissais rien. Elle a raison. Je n'y connais rien. Mais je veux essayer.Noah ouvre la porte avec Liora. Il me regarde, méfiant. Il ne court plus vers moi comme avant. Il reste en retrait, une main accrochée à la jambe de sa mère.— Bonjour, Noah.— Bonjour.— Je t'ai apporté quelque chose.Je lui tends la boîte. Il la prend, l'examine, puis lève les yeux vers Liora.— On peut ouvrir ?— Si tu veux.Il s'assoit par terre, ouvre la boîte. Des centaines de petites briques colorées. Il
Chapitre 49NoahMaman est bizarre. Depuis qu'Elyan vient à la maison, elle sourit moins. Elle me serre plus fort quand elle me dit bonsoir. Elle regarde par la fenêtre, longtemps, sans rien dire.Moi, je ne comprends pas. Elyan est gentil. Il joue aux cubes, il me fait rire, il me lance en l'air. Mais maman ne rit pas quand il est là. Elle reste dans son coin, les bras croisés.Un après-midi, Elyan arrive. Il frappe à la porte. Maman ouvre. Elle ne dit rien. Elle le laisse entrer. Elyan s'approche de moi, s'accroupit.— Salut, mon grand.— Salut.Je recule d'un pas. Je ne sais pas pourquoi. Avant, je courais vers lui. Mais maintenant, je me méfie. Il vient trop souvent. Il n'était jamais là avant. Alors pourquoi il vient maintenant ?
Chapitre 48ElyanJe me tiens devant la porte de Liora. Ce n'est pas la première fois que je viens. Mais cette fois, c'est différent. Cette fois, je viens en tant que père. Pas comme un étranger qui joue aux cubes. Pas comme un invité qu'on tolère. Cette fois, je sais. Et ce savoir me terrasse.Liora ouvre. Elle me regarde, le visage fermé, mais je vois dans ses yeux une fatigue qu'elle ne peut plus cacher.— Tu es prêt ? demande-t-elle.— Non.— Alors tu n'es pas obligé.— Si. Je veux le voir.Elle s'efface, me laisse entrer. Le salon est baigné de lumière. Noah est assis par terre, entouré de ses jouets. Il lève la tête quand j'entre. Ses grands yeux bruns me fixent, cur
Chapitre 47LioraIl est parti. La porte s'est refermée, et le silence est retombé. Je reste seule au milieu du salon, les jambes tremblantes. Je m'assois sur le canapé, les mains posées sur mes genoux. Mon cœur bat trop vite. Les larmes menacent, mais je les retiens.Je savais que ce jour viendrait. Je l'ai su pendant trois ans. Chaque nuit, je me réveillais en pensant à cette confrontation. Et maintenant qu'elle a eu lieu, je me sens vide. Épuisée. Terrifiée.Elyan sait. Il sait que Noah est son fils. Il sait que je portais son enfant quand j'ai signé les papiers. Il sait tout.Et pourtant, je ne regrette rien. Pas un seul instant.Mon téléphone vibre. Sarah.— Liora ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu as une voix bizarre.&mda
Chapitre 46ElyanJe me tiens devant elle, le corps tremblant, les poings serrés. La vérité éclate enfin, et elle me déchire de l'intérieur. Noah est mon fils. Mon fils. Trois ans que je l'ignore. Trois ans que je passe à côté de lui sans le savoir.— Pourquoi ? demandé-je, la voix brisée. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?Liora me regarde, les yeux secs, le visage fermé.— Pourquoi je t'aurais dit quoi que ce soit ? riposte-t-elle.— Que tu étais enceinte. Que tu portais mon enfant.— Et tu aurais fait quoi ? Tu serais resté ? Par pitié ? Par devoir ?— J'aurais voulu savoir.— Non. Tu ne voulais rien savoir. Tu étais trop occupé à pré







