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Chapitre 83

last update publish date: 2026-07-05 21:45:00

Chapitre 83

Aelys

La petite clinique côtière est blanche et bleue, posée sur la falaise, face à la mer, comme un oiseau posé sur un rocher, comme un rêve suspendu entre ciel et eau. Les murs sont en pierre, épais, rugueux, patinés par le vent, le sel, les tempêtes. Les pierres sont grises, ocres, brunes, certaines sont moussues, d’autres lépreuses, d’autres encore luisantes

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    Chapitre 98AelysLa lettre arrive le lendemain matin.Posée sur la table de nuit, à côté de la lampe en verre fumé dont l'abat-jour est incliné, à côté du réveil numérique dont les chiffres rouges clignotent en silence, 07:23, 07:23, 07:23. À côté de mes lunettes pliées, les verres propres, la monture fine. Une enveloppe blanche, épaisse, lourde. Le papier est vélin, lisse, glacé, presque luxueux. Scellée avec un cachet de cire rouge, une petite montagne de cire liquide figée, brillante. Le cachet représente un dragon stylisé, les ailes déployées, la gueule ouverte. Kurogane.Je ne l'ai pas vue arriver. Je ne sais pas qui l'a posée là. Peut-être Kael, entré sans bruit dans la chambre

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    Chapitre 97AelysSeule dans sa chambre. Dans le penthouse. À Yozora. La ville où tout a commencé, où tout a explosé, où tout s’est effondré pour peut-être renaître. La lumière du matin entre par la fenêtre, blanche, dorée, liquide. Elle coule sur le parquet ciré, sur les lattes de bois clair, sur les murs blancs, sur le lit immense aux draps de soie noire froissés. Les ombres reculent, se contractent, s’effacent. Les dernières lanternes de la nuit s’éteignent une à une, leurs flammes vacillent, résistent, puis disparaissent dans un dernier éclat, une ultime braise. Les fils noirs se balancent dans la brise légère, libérés du poids de la lumière.Soren dort. Allongé sur le lit, au milieu des draps de soie froissés

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    Chapitre 96AelysLe retour à Yozora est sous haute protection. Des voitures de police, noires, blanches, leurs gyrophares allumés, bleus, rouges, blancs. Des gardes en noir, casques, gilets pare-balles, oreillettes, radios. Des motards, en bleu, leurs moteurs rugissent, leurs sirènes hurlent. Les passants s’écartent, reculent, se pressent contre les murs. Ils regardent, leurs yeux écarquillés, leurs bouches ouvertes. Ils filment avec leurs téléphones, les écrans levés, les bras tendus.Les journalistes se pressent derrière les barrières métalliques, leurs caméras braquées, leurs objectifs pointés, leurs micros tendus. Des flashes crépitent. Des questions fusent.— Monsieur Kurogane ! Un commentaire ?— Qui est la femme ?— L’

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    Chapitre 94AelysLes mots de Rei résonnent encore dans ma tête, frappent les parois de mon crâne, rebondissent, reviennent. Hideo. Le grand-père. L’incendie. L’ordre. Mon oncle n’était qu’un exécutant. Une arme. Un soldat. Un pantin. Les mots dansent, se bousculent, s’entrechoquent. Je les entends encore, la voix de Rei, rauque, désespérée. Hideo est le commanditaire. Ton oncle n’était qu’un exécutant.Ryuu est là, assis à côté de moi sur le canapé défoncé. La mousse grince sous son poids, un bruit sourd, régulier, qui scande les secondes. La cuisse frôle la mienne. La chaleur de son corps traverse le tissu de son pantalon, traverse ma robe déchirée, pénètre ma peau. Il ne me regarde pas. Il regarde Sore

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