INICIAR SESIÓNSa voix se brise légèrement sur les derniers mots. Il se reprend, inspire profondément.— Adriano…— Non, laisse-moi finir. J'ai besoin de le dire.Je me tais, attendant.— Je t'aime, Aurélia. Je t'aime d'un amour que je n'ai jamais ressenti pour personne. Un amour qui m'a pris par surprise, qui m'a submergé, qui a tout balayé sur son passage. Quand je t'ai vue dans cette cave, blessée, terrorisée, j'ai voulu te prendre dans mes bras, te protéger, t'emmener loin de tout ça.— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?— Parce que tu étais déjà dans les bras de Matteo. Et que tu y étais bien. Je l'ai vu dans tes yeux, dans la façon dont tu t'accrocha
AuréliaJe me réveille dans un lit inconnu.Non, pas inconnu. Familier. Les draps blancs, l'odeur de lessive et de Matteo, la lumière douce qui filtre à travers les rideaux. L'appartement. Notre appartement. Je suis rentrée.Ma mémoire est floue, fragmentée. Des flashes. La cave humide. L'ampoule qui se balance. Le visage de Viktor, son sourire cruel. La douleur, partout, tout le temps. Et puis Matteo. Matteo qui défonce la porte, qui tire, qui me prend dans ses bras. La chaleur de son corps contre le mien. Sa voix qui murmure « C'est fini, je suis là ».— Aurélia ?La voix de Matteo, justement. Douce, inquiète, tout près de mon oreille. Je tourne la tête, le vois assis su
Je la prends dans mes bras, la soulève doucement. Elle est légère, trop légère. Trois jours sans manger correctement, sans boire, sans dormir. Son corps est marqué de partout – des bleus, des coupures, des brûlures aux poignets. Mais elle est vivante. Elle est vivante, et elle est dans mes bras.Elle enfouit son visage dans mon cou, s'accroche à moi comme une naufragée à une bouée. Ses doigts s'agrippent à mon manteau, ses sanglots silencieux secouent ses épaules. Je la serre plus fort, la berce doucement.— Je suis désolée, murmure-t-elle. Je suis désolée.— De quoi ?— De tout. D'avoir été prise. De t'avoir fait peur. De ne pas avoir été assez forte.— Tu as &eacut
MatteoJe défonce la porte d'un coup d'épaule.Le battant cède dans un craquement sinistre, s'écrase contre le mur de pierre. La pièce est plongée dans une semi-obscurité, éclairée seulement par une ampoule nue qui se balance au plafond, projetant des ombres mouvantes sur les murs humides.Et je les vois.Viktor est sur elle. Il la tient par les cheveux, la tête tirée en arrière, un couteau sous sa gorge. Aurélia est à genoux, les mains liées dans le dos, le visage tuméfié, les vêtements déchirés, couverts de sang séché. Mais ses yeux sont ouverts, vivants, pleins de défi. Elle n'a pas cédé. Elle n'a pas plié. Elle est restée elle-même jusqu'au bout.
AuréliaJe savais qu'ils venaient.Je les sentais depuis des heures, présences familières qui se rapprochaient inexorablement. Matteo, d'abord – sa force brute, sa détermination farouche, son amour qui brûlait comme un brasier dans la nuit. Et Adriano aussi, étonnamment – sa douceur, sa patience, sa volonté tranquille de fer.Deux hommes qui m'aiment. Deux hommes prêts à tout pour me sauver. Cela m'a donné la force de continuer, de résister, de préparer ma propre libération.Quand j'ai senti Viktor entrer dans l'entrepôt, j'ai su que le moment était venu. Il est descendu me voir, comme il le fait chaque fois qu'il vient. Pour me menacer, me torturer, essayer de me briser. Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, j'étais
MatteoLa planque est un ancien entrepôt de textile, au cœur de Saint-Denis.Nous l'avons trouvée grâce à la plaque d'immatriculation, aux caméras de surveillance, aux témoignages achetés ou arrachés. Trois jours de traque intense, sans dormir, sans manger, sans penser à autre chose qu'à elle.Adriano est resté avec moi tout ce temps. Il n'a pas faibli, pas reculé, pas montré le moindre signe de faiblesse. L'artiste pacifique s'est transformé en chasseur déterminé, les yeux rivés sur le même objectif que moi : la sauver.Nous sommes garés à deux rues de l'entrepôt, dans une camionnette banalisée. Léo a déployé ses hommes tout autour du périmètre, silencieux, invisibles, pr
AURÉLIALe monde est réduit à cette fournaise où nous fondons.Sa bouche sur la mienne n’est pas une conquête, c’est un achèvement. Un point final et un commencement absolu. Je goûte l’éclair sur ses lèvres, l’odeur de l’ozone et du vieux papier, du savon neutre et de cette obsession qui a la saveu
AURÉLIAMon cœur bat à tout rompre contre mes côtes, un oiseau affolé pris au piège. Le voir ainsi, dévasté, vulnérable, sur le pas de ma porte à trois heures du matin, est plus troublant que toutes ses démonstrations de pouvoir. C’est la statue qui montre une fissure. Et la fissure révèle non du v
Il s'approche, pose ses mains sur mes épaules nues.— Parce que je veux qu'ils te voient. Qu'ils sachent que tu es à moi. Qu'ils comprennent que désormais, quand ils me regardent, ils te regardent aussi.— Je suis un trophée ?— T
La réunion dure deux heures. Sofia part la première, après avoir échangé son numéro avec moi et promis de m'emmener déjeuner bientôt. Léo part ensuite, avec une tape sur l'épaule de Matteo.Marco reste le de







