ログインLa réunion dure deux heures. Sofia part la première, après avoir échangé son numéro avec moi et promis de m'emmener déjeuner bientôt. Léo part ensuite, avec une tape sur l'épaule de Matteo.
Marco reste le dernier.
— Je fais le tour du périmètre, dit-il. Vérifier que tout est sécurisé.
— Fais, dit Matteo. Nous nous voyons demain.
Marco me
Et un jour, une souris se réveilla sous mes doigts. Elle bougea, lentement, respira, me regarda avec ses petits yeux noirs. Pendant trente secondes, elle vécut. Puis elle retomba, doucement, sans souffrance.Je pleurai. Pas de tristesse. De soulagement.— Je peux le faire, murmurai-je. Je peux contrôler.Matteo entra, me prit dans ses bras.— Je savais que tu pouvais.La découverte vint par hasard.Un soir, après une longue séance, Matteo vint me chercher. Il était en train de parler au téléphone, distrait. Il posa la main sur mon épaule pour m'indiquer qu'il fallait y aller, et là…Je vis.Pas le passé. Pas des images lointaines. L'instant. Ce qu'il était en train de vivre, au moment même où il me touchait.La conversation téléphonique. Les mots qu'il ne disait pas. La ten
Il ouvrit les bras, je m'y glissai. Sa chaleur, son odeur, le rythme de son cœur contre ma joue. Tout ce qui me rattachait à la vie, en cet instant.— Il va venir, dis-je.— Je sais.— Pas seulement pour toi. Pour moi.— Je sais aussi.— Qu'est-ce qu'on fait ?Il me serra plus fort.— On se prépare. Et on attend qu'il fasse le premier pas.Dans le silence de l'appartement, j'entendis presque le vide s'élargir encore. Viktor Krasny n'était pas seulement une menace. Il était un prédateur qui avait senti la proie, et qui ne lâcherait pas.Aurélia— Une salle ? répété-je, incrédule.— Une salle. Pour toi. Pour t'entraîner.Matteo ouvrit une porte au fond du couloir, celle que je n'avais jamais franchie. Derrière, un escalier m&ea
AuréliaLes premières vingt-quatre heures après la chute du Domaine furent calmes. Trop calmes. Je sentais l'accalmie comme on sent l'orage approcher, cette pression dans l'air qui annonce la foudre.Matteo ne me quittait pas. Il avait déplacé ses bureaux à l'appartement, transformant le salon en quartier général improvisé. Des écrans, des téléphones, des hommes qui entraient et sortaient en silence. Je l'observais depuis la cuisine, une tasse de thé entre les mains, tandis qu'il parlait à quelqu'un au téléphone d'une voix que je ne lui connaissais pas – froide, calculatrice, impitoyable.Il raccrocha, passa une main dans ses cheveux.— Alors ? demandé-je.— Kael avait des ramifications partout. Ses hommes, ses contacts, ses alliés. Maintenant qu'il a disparu, tout le monde se dispute le territoire.— Quelqu'un prend sa place ?Il me regarda, un silence lourd.— Plusieurs. Mais il y en a un qui m'inquiète plus que les autres.Il ouvrit son ordinateur, fit pivoter l'écran vers moi. La
Sa main serre la mienne trop longtemps. Je la retire doucement.— Enchantée.— Je vous observais, dit-il. Vous êtes la plus belle femme de cette soirée.— Merci.— Je me demandais… ce que vous faites avec un homme comme Matteo. Il est… comment dire… brutal. Pas vraiment le genre raffiné.Je le regarde, évaluant la menace. Il est ivre, ou feint de l'être. Ses yeux brillent d'une lueur que je connais bien – le désir de possession, le besoin de conquérir.— Matteo est exactement l'homme qu'il me faut, dis-je calmement.— Vous croyez ? Moi, je pense que vous méritez mieux. Quelqu'un qui sache apprécier une femme comme vous. Quelqu'un qui vous offre des choses, pas qui vous cache.— Il ne me cache pas. Il me protège.— Même protection. Même prison. Vous devriez essay
Il s'approche, pose ses mains sur mes épaules nues.— Parce que je veux qu'ils te voient. Qu'ils sachent que tu es à moi. Qu'ils comprennent que désormais, quand ils me regardent, ils te regardent aussi.— Je suis un trophée ?— Tu es ma compagne. Il y a une différence.— Laquelle ?Il me fait pivoter pour lui faire face.— Un trophée, on l'expose. On s'en vante. On le regarde sans le voir. Toi, je te regarde. Toi, je te vois. Toi, je t'aime. Ce n'est pas la même chose.Je lève les yeux vers lui. Dans son regard, il y a cette intensité qui me trouble toujours.— Passe cette robe, dit-il doucement. Laisse-moi te regarder.Je défais ma robe de chambre, la laisse glisser à terre. Ses yeux parcourent mon corps, lentement, comme s'il le découvrait pour la première fois. Puis il prend la robe rouge, l'e
La réunion dure deux heures. Sofia part la première, après avoir échangé son numéro avec moi et promis de m'emmener déjeuner bientôt. Léo part ensuite, avec une tape sur l'épaule de Matteo.Marco reste le dernier.— Je fais le tour du périmètre, dit-il. Vérifier que tout est sécurisé.— Fais, dit Matteo. Nous nous voyons demain.Marco me regarde une dernière fois. Longtemps. Trop longtemps.— À bientôt, dit-il.— À bientôt, réponds-je.La porte se ferme.Matteo se tourne vers moi. Ses yeux sont durs.— Qu'est-ce que tu as vu ?Je prends une profonde inspiration.— Il parle à Viktor. Viktor Krasny. Il a reçu de l'argent. Beaucoup. Pour… je ne sais pas quoi exactement. Pour surveiller. Pour peut-&e
AURÉLIAIl ne bouge pas. Il me laisse regarder. Boire la vue de lui.Puis il fait un pas vers moi. Sa main se lève, se pose sur mon épaule, à travers le tissu fin de mon t-shirt. Sa paume est chaude, lourde de sens.— À toi, maintenant.Mes doigts tremblent légèrement. Je lève les mains, les pose s
MATTEOLe sommeil n’a duré qu’un instant, une éternité. Je me réveille avant elle, dans la nuit profonde. Son corps est toujours un poids doux contre le mien, une chaleur qui a redessiné les frontières du mien. Je ne bouge pas. Je retiens mon souffle. Je veux graver cette sensation : la courbe de s
AURÉLIALa chambre n’est plus qu’un halo de noir et de reflets tremblants sur le bois poli. Nos souffles sont les seuls sons, nos cœurs les seuls chronomètres. Sa bouche quitte mon épaule, là où elle a imprimé une marque de chaleur et de promesse. Elle revient à la mienne, mais le goût a changé. L’
AURÉLIALe monde est réduit à cette fournaise où nous fondons.Sa bouche sur la mienne n’est pas une conquête, c’est un achèvement. Un point final et un commencement absolu. Je goûte l’éclair sur ses lèvres, l’odeur de l’ozone et du vieux papier, du savon neutre et de cette obsession qui a la saveu







