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Chapitre 2 — L’Éveil 1

ผู้เขียน: L'invincible
last update วันที่เผยแพร่: 2025-12-08 20:51:08

Élodie

Le réveil est une déchirure, une violence. La soie sensuelle du rêve se déchire d’un coup, laissant place au vide cruel des draps froids. La lumière du jour, crue, tranche à travers les persiennes comme un couteau. Mon cœur cogne encore, un écho désordonné et sourd du sien que je sentais contre mon dos, une palpitation qui résonne jusque dans le creux de mon ventre. Ma peau est moite, vibrante, vivante d’un mensonge. Chaque pore hurle le souvenir de sa chaleur, chaque muscle se souvient de l’étreinte. Entre mes cuisses, une sensation sourde, lancinante, un écho fantôme de sa possession. Je serre les dents si fort que ma mâchoire craque.

Merde. Merde, merde, merde.

Pas lui. N’importe qui d’autre. Mais lui. Louis. Le mari de ma sœur. Le père de l’enfant à naître. Ma main serre le drap, comme si je pouvais étrangler ce désir. En vain. Il est là, profond, ancré dans ma chair, plus réel que l’air que je respire.

Je m’arrache du lit. La chambre, mon refuge, est devenue une cellule. Trop silencieuse. Trop propre. Trop vide de lui. Je marche jusqu’à la salle de bain, évitant mon reflet. Sous la douche, je fais couler l’eau glacée. Elle me fouette la peau, mais elle ne lave rien. Au contraire. Sous le jet brutal, mon corps se souvient. Mes seins, sensibles, se durcissent, réclamant le poids de ses mains, la brûlure de sa bouche. Le bas de mon ventre se contracte, vide et avide. Je passe mes doigts sur mon sexe, un geste rapide, coupable, et un frisson bien trop vif me traverse. Ce n’est pas assez. C’est sa main qu’il me faut. Sa force. Sa morsure. Je me frictionne jusqu’à la douleur, mais c’est son nom que je murmure dans la vapeur qui monte.

La journée est un calvaire. Le café a le goût de cendre. Chaque son est assourdi par le bourdonnement obsédant de mon sang. Au déjeuner avec mes amies, je souris, je hoche la tête. Mais en moi, une seule litanie : Tu es faite pour moi. Juste pour moi. La voix de mon rêve, rauque, possessive, qui résonne plus fort que leurs rires. Mon jean frotte contre ma peau, un supplice exquis. Je croise les jambes, presse mes cuisses l’une contre l’autre. Une chaleur humide m’envahit, lente, implacable. Je suis mouillée pour lui. Encore.

Le message de Clara arrive. « Ce soir chez nous ! Sois sage. » Sage. Le mot est une brûlure. Je suis tout sauf sage. Mon corps est un champ de bataille où il a déjà planté son drapeau.

J’y vais. La robe simple que je porte est une torture. Le tissu effleure mes mamelons durcis, caresse l’intérieur de mes cuisses à chaque pas. Je sens mon propre parfum, mêlé à l’odeur de mon désir. Un secret impudique porté contre ma peau.

Chez eux, l’odeur du basilic et de la cire est étouffante. Clara, radieuse, son ventre rond sous la robe, m’enserre. Sa joie est une lame qui me transperce. Puis, il apparaît.

Le choc est physique, total. Une onde de choc qui part de mon ventre et explose dans ma poitrine. Il est en jean, t-shirt blanc, manches retroussées sur des avant-bras fermes où les veines dessinent un relief puissant. Ses cheveux sont en désordre, comme s’il venait de se passer les mains dedans, ou comme s’il sortait d’un lit. Il tient un shaker. Mes yeux boivent chaque détail : la courbe de ses biceps sous le coton, l’ombre à la base de son cou, la largeur de ses épaules.

Nos regards se croisent.

Dans le rêve, ses yeux étaient noirs de désir. Ici, ils sont gris-vert, perçants. Et pourtant, je vois. Je vois l’éclair, minuscule, rapide, qui traverse son iris. Une reconnaissance brutale. Un écho. Mes seins se serrent, mes entrailles se nouent. Un frisson liquide me parcourt.

— Élodie.

Sa voix est neutre,posée. Elle ne ressemble en rien au grognement de mon rêve. Mais elle fait vibrer quelque chose de profond, de primordial en moi.

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