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Chapitre 3 — L’Éveil 2

ผู้เขียน: L'invincible
last update ปรับปรุงล่าสุด: 2025-12-08 20:52:15

Élodie

La soirée est une épreuve exquise. Je parle, je ris, je porte mon verre à mes lèvres. Mais toute ma conscience est ancrée sur lui. Sur ses mains. Ces mains-là, larges, aux doigts longs, qui ont tourné mon corps contre un mur dans mon sommeil. Je les regarde manier le tire-bouchon, verser le vin. J’imagine leur poids sur mes hanches, leur emprise sur mes poignets. Je regarde son cou, le mouvement de sa pomme d’Adam quand il avale. J’imagine y poser mes lèvres, y sentir le pouls fou de son désir. Je regarde sa bouche, la forme de ses lèvres. Je sais leur goût imaginaire. Je le veux réel.

Quand nous nous levons en même temps pour débarrasser, nos mains se frôlent.

C’est une décharge. Pure, électrique, qui fuse de mon poignet à mon coude, inonde mon bras, s’engouffre dans mon ventre. Je retiens un cri. Je retire ma main, mais c’est trop tard. Le courant passe. Il le sent. Je le vois. Il se fige, l’assiette en suspens. Son regard se plante dans le mien. L’air entre nous s’épaissit, devient lourd, chargé d’ozone avant l’orage. Je ne vois plus la pièce. Je vois le mur. Je sens la poussée de ses hanches. J’entends le son étouffé, humide, de nos corps qui se rejoignent.

— Pardon.

Sa voix est plus basse,un peu rauque. C’est presque la voix du rêve.

Plus tard, sur le balcon, je fuis pour respirer. La ville scintille, indifférente. La porte coulisse derrière moi. Je n’ai pas besoin de me retourner. Je le sens. Sa présence est une pression dans l’air, une chaleur qui se déplace. C’est la même que dans le rêve : dense, magnétique, possessive.

Il s’accoude près de moi, pas assez près pour toucher, mais assez pour que je sente la chaleur de son bras à quelques centimètres du mien. Le silence est épais, vibrant. Je respire son odeur. Savon propre, et dessous, l’odeur fondamentale de l’homme, de la sueur, de la peau. L’odeur qui emplissait mes narines dans le rêve quand il s’effondrait sur moi. Mon ventre se contracte violemment.

— Clara est fatiguée. Elle est allée se coucher.

Il ne me regarde pas.Sa voix est calme, mais je perçois la tension sous la surface, comme une corde tendue à craquer.

Je hoche la tête, incapable de parler. Le silence retombe. Je sens son regard sur moi, avant même qu’il ne tourne la tête. C’est un poids, une caresse physique. Quand enfin il se tourne, ses yeux dans la pénombre ne sont plus gris-vert. Ils sont noirs. Profonds. Ils font le tour de mon visage, lentement, avec une intensité qui me déshabille. Ils descendent le long de mon cou, s’attardent sur la courbe de mes seins que le tissu de la robe ne cache pas, remontent vers ma bouche. Son regard est une main. Une bouche. Une possession.

— Élodie.

Mon nom,dans sa bouche, n’est plus un mot. C’est une caresse, une revendication. Un frisson violent me secoue, des pieds à la nuque.

— Oui ?

Ma voix est un souffle,un aveu.

— Il vaut mieux que tu partes maintenant.

Chaque mot est arraché,chargé d’une lutte féroce. Sa voix est rauque, tendue à l’extrême. Elle résonne du même effort que celui qui faisait vibrer son corps quand il se retenait, au bord du plaisir, dans mon rêve. Elle dit le désir, la frustration, l’interdit.

— Louis, je…

Les mots meurent.Que dire ? Je te veux. Je suis mouillée pour toi. Mon corps se souvient de toi alors qu’il ne t’a jamais connu. Ma langue passe sur mes lèvres sèches. Son regard suit le mouvement, s’assombrit encore.

Il lève une main, s’arrête à quelques centimètres de mon bras. Ses doigts tremblent, presque imperceptiblement. Je vois le muscle de sa mâchoire se contracter. Il lutte. Et voir cette lutte, cette tension incroyable dans tout son corps pour ne pas me toucher, c’est plus érotique que n’importe quelle étreinte.

— S’il te plaît. Pars.

C’est un murmure brisé.Une supplique. Une preuve.

Je passe devant lui pour rentrer. Mon bras effleure le sien. Le contact, même à travers le tissu, est une brûlure, une déflagration. C’est comme si tout mon rêve se concentrait dans ce frôlement. Je sens la chaleur de sa peau, la dureté du muscle en dessous. Un gémissement me monte à la gorge. Je l’étouffe.

Dans l’ascenseur qui descend, je m’effondre contre la paroi froide. Mes jambes tremblent. Entre mes cuisses, une pulsation lourde, humide, insistant. Mon cœur bat à tout rompre. Je porte ma main à mon ventre, là où la chaleur est la plus intense, la plus coupable.

Il sait. Il lutte. Mais dans ses yeux, j’ai vu la même tempête. Le même feu. La guerre n’est pas déclarée. Elle est déjà là. Et mon corps, tout entier, n’est plus qu’une seule ardeur, une seule attente. Une offrande prête à être consumée.

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