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Chapitre 10 : La chute 1

ผู้เขียน: Déesse
last update วันที่เผยแพร่: 2026-05-11 20:12:31

Sara

Vingt-deux heures trente. Le temps n'est plus une mesure, c'est un poison qui s'infiltre goutte à goutte dans mes veines, qui ralentit mon sang, qui engourdit mes membres. Je suis dans les toilettes du personnel, cette pièce exiguë aux carreaux blancs et au miroir taché, appuyée contre le lavabo en porcelaine, les mains crispées sur le rebord froid. Mon reflet dans le miroir est celui d'une condamnée qui attend l'aube de son exécution. Mes yeux sont rouges, gonflés par les larmes, cernés
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    SaraVingt-deux heures trente. Le temps n'est plus une mesure, c'est un poison qui s'infiltre goutte à goutte dans mes veines, qui ralentit mon sang, qui engourdit mes membres. Je suis dans les toilettes du personnel, cette pièce exiguë aux carreaux blancs et au miroir taché, appuyée contre le lavabo en porcelaine, les mains crispées sur le rebord froid. Mon reflet dans le miroir est celui d'une condamnée qui attend l'aube de son exécution. Mes yeux sont rouges, gonflés par les larmes, cernés de mauve comme des ecchymoses. Mes lèvres sont pâles, exsangues, craquelées par la déshydratation. Mes cheveux tirent sur mes tempes comme des cordes, le chignon trop serré que j'ai défait d'un geste rageur, libérant les mèches qui cascadent maintenant sur mes épaules en vagues emmêlées. J'ai retiré les épingles une à une, je les ai posées sur le rebord du lavabo, et elles brillent sous le néon comme des larmes métalliques. J'ai défait les premiers boutons de mon chemisier, ceux du col, pour ne

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    Sa voix est un velours râpeux, un velours qui gratte, qui écorche, qui laisse des marques. J'obéis sans un mot, les gestes lents d'un automate dont les piles sont presque épuisées. Le loquet claque, et ce bruit, c'est le bruit de ma vie qui se verrouille de l'intérieur. Je reste debout, les mains croisées sur mon tablier, le regard fixé sur la photo dans mon dossier. Cette femme sur le papier ne savait rien. Cette femme souriait. Cette femme croyait qu'elle pourrait s'en sortir en travaillant dur, en baissant la tête, en restant invisible. Cette femme ne savait pas qu'elle survivrait à sa sœur, à sa mère, à sa propre vie, et que survivre serait la pire des malédictions.— J'ai eu un appel de notre client de la suite des Tuileries, reprend Vernet d'une voix onctueuse, une voix de prêtre qui promet l'enfer avec un sourire. Il n'est pas satisfait. Vous êtes partie trop vite, la dernière fois. Beaucoup trop vite. Il n'a pas eu ce pour quoi il a payé. Il vous veut à nouveau. Ce soir. Vingt

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