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Indifférence affichée

작가: Thienly60
last update 최신 업데이트: 2026-01-05 23:14:36

Leïla se réveilla avant l’aube, le regard fixé au plafond qu’elle ne connaissait pas encore.

La chambre était trop grande. Trop silencieuse. Elle n’avait rien d’hostile, mais rien de familier non plus. Ici, même l’air semblait appartenir à quelqu’un d’autre. Plus dense. Plus chargé. Comme si chaque mur portait l’empreinte d’un alpha qui avait appris très tôt que tout lui revenait de droit.

Elle inspira lentement, à la recherche de ses propres repères. Son corps répondit sans alarme. Pas de chaleur excessive, pas de vertige, pas de frisson annonciateur. Tout allait bien. Du moins biologiquement.

Mentalement, c’était une autre histoire.

Leïla se redressa, passa une main sur sa nuque, réflexe inconscient. Toujours aucune marque. Elle s’accrocha à cette pensée comme à une certitude. Elle était encore maîtresse d’elle-même.

Elle se leva, s’habilla avec méthode. Pas de tenue douce. Pas de couleurs apaisantes. Elle choisit quelque chose de net, structuré, presque professionnel. Une armure moderne. Elle attacha ses cheveux sans coquetterie, vérifia son reflet dans le miroir.

Parfaite. Détachée. Occupée.

Son terminal s’activa aussitôt, projetant dans l’air une cascade de notifications. Son agenda se déploya, saturé de rendez-vous imbriqués les uns dans les autres. Elle les parcourut brièvement, un sourire discret aux lèvres.

Essayage à huit heures.

Réunion stratégique à dix.

Interview différée à midi.

Répétition en fin d’après-midi.

Sa vie n’avait pas ralenti. Elle n’allait certainement pas commencer aujourd’hui.

Lorsqu’elle quitta la chambre, la maison semblait encore endormie. Les couloirs étaient baignés d’une lumière tamisée, presque clinique. Elle descendit l’escalier sans bruit, déterminée à partir avant de croiser qui que ce soit.

La cuisine, pourtant, était déjà occupée.

Caleb se tenait près du comptoir, une tasse sombre entre les mains. Il portait un t-shirt noir et un pantalon sombre, tenue simple, mais qui ne faisait que souligner sa carrure. Il leva les yeux vers elle dès qu’elle entra, comme s’il avait senti sa présence avant même de l’entendre.

Leïla ressentit aussitôt cette pression familière, diffuse. Son instinct la prévint sans panique. Alpha. Territoire. Autorité.

Elle refusa de lui accorder plus qu’un regard neutre.

Sans un mot, elle traversa la pièce, ouvrit un placard, se servit un verre d’eau. Chaque geste était précis, calculé. Elle se comportait comme si elle était seule. Comme si sa présence n’avait aucune importance.

— Tu te lèves tôt, dit Caleb après un moment.

Sa voix était posée, mais il y avait quelque chose d’agacé dessous.

— Je travaille, répondit-elle simplement.

Il arqua légèrement un sourcil.

— Ici aussi, on a des responsabilités.

— Je n’en doute pas.

Elle ne chercha ni à le provoquer ni à s’expliquer. Cette neutralité-là était volontaire. Elle savait ce qu’elle faisait.

Caleb l’observa plus attentivement. Elle le sentit, même sans le regarder. Il cherchait quelque chose. Une hésitation. Une attente. Une tentative de justification.

Il ne trouva rien.

— Tu comptes rester longtemps ? demanda-t-il.

— Le temps nécessaire.

— Nécessaire à quoi ?

Elle posa son verre, se tourna enfin vers lui. Son regard était calme, maîtrisé.

— À respecter ce qui a été décidé. Rien de plus.

Ses mots claquèrent doucement, sans agressivité. Ils n’avaient pas besoin de l’être.

Caleb serra légèrement la mâchoire.

— Tu sais que cette situation est appelée à évoluer.

— Tant mieux.

Elle consulta son terminal, projeta son agenda entre eux sans même y penser. Les horaires défilèrent, serrés, précis. Logos de marques. Noms de collaborateurs. Tout ce qui prouvait qu’elle n’était pas là par désœuvrement.

Caleb jeta un coup d’œil malgré lui.

— Tu n’as pas besoin de me faire un rapport, lança-t-il.

— Alors ne t’imagine pas que je vais organiser ma vie autour de toi.

Elle passa près de lui. Son parfum était léger, contrôlé, presque imperceptible. Pas une invitation. Pas une arme. Juste une présence maîtrisée.

Et c’était peut-être ça, le plus déstabilisant.

— Une chose, dit-il derrière elle.

Elle s’arrêta à la porte, sans se retourner.

— Je ne t’ai rien promis.

Elle inclina légèrement la tête.

— Moi non plus.

Puis elle quitta la pièce.

Caleb resta immobile un instant, la tasse oubliée entre ses doigts. Quelque chose n’allait pas. Elle ne correspondait pas à l’image qu’il s’était faite. Elle ne cherchait ni sa protection, ni son attention, ni son nom.

Elle ne voulait rien.

Et cette indifférence le frustra bien plus qu’il ne l’aurait admis.

La journée de Leïla reprit son rythme habituel dès qu’elle quitta la propriété.

Les studios, les couloirs blancs, les voix qui lui demandaient d’ajuster sa posture, de tourner légèrement la tête, de recommencer. Elle se fondait dans cet univers avec une aisance naturelle. Ici, elle savait exactement qui elle était.

Entre deux rendez-vous, elle consulta ses messages. Ryan.

« Tu vas bien ? »

Elle hésita une seconde avant de répondre.

« Journée chargée. On s’appelle ce soir ? »

La réponse arriva presque aussitôt.

« Bien sûr. Prends soin de toi. »

Cette normalité lui fit l’effet d’un ancrage. Elle inspira profondément, laissant retomber un peu de la tension accumulée.

Elle termina tard. Trop tard pour quelqu’un censé “s’installer”. Mais elle préférait mille fois l’épuisement à l’inaction.

La nuit était tombée lorsqu’elle franchit à nouveau les grilles de la propriété des Gilles. Les lumières extérieures projetaient des ombres nettes sur les façades de verre. Elle entra sans bruit, retira ses chaussures, prête à monter directement.

— Tu rentres tard.

La voix de Caleb l’arrêta.

Il était adossé au mur du salon, les bras croisés. Il ne la regardait pas comme un prédateur, mais comme quelqu’un qui attendait sans se l’avouer.

— Je te l’avais dit, répondit-elle calmement.

— Tu comptes faire ça tous les jours ?

Elle se tourna vers lui.

— Faire quoi ?

— Disparaître.

Elle soutint son regard, sérieuse.

— Je ne disparais pas. Je vis.

Un silence tomba, plus lourd que les précédents.

— Ne t’inquiète pas, ajouta-t-elle finalement. Je ne te demanderai rien. Je n’attends rien de toi. Et je ne veux rien non plus.

Elle monta les marches sans attendre sa réaction.

Dans sa chambre, Leïla referma la porte et s’y adossa un instant. Son cœur battait plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. Pas de peur. Pas de désir. Juste l’effort constant de rester maîtresse d’elle-même.

En bas, Caleb resta seul dans le salon, contrarié par une évidence qu’il n’aimait pas.

Elle n’était pas venue pour lui.

Et pour la première fois depuis longtemps, il se demanda pourquoi cette idée le dérangeait autant.

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