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Ce qui dérange

작가: Thienly60
last update 최신 업데이트: 2026-01-06 00:49:29

Leïla sut qu’inviter Ryan à entrer dans cet espace n’était pas anodin.

Elle en eut la certitude dès le matin, en ouvrant les yeux. La maison des Gilles avait une manière bien à elle de rappeler qu’elle n’était pas neutre. L’air y semblait plus lourd, plus chargé, comme si chaque pièce conservait la mémoire de ceux qui l’avaient traversée. Un territoire marqué. Affirmé. Alpha.

Elle se leva lentement, attentive aux signaux de son corps. Rien d’alarmant. Pas de chaleur, pas de vertige. Mais cette sensation persistante, tapie sous sa peau, refusait de disparaître.

Elle consulta son agenda. Les lignes familières s’affichèrent, rassurantes par leur régularité. Et au milieu de ce flux parfaitement maîtrisé, un nom attira son regard.

Ryan.

Déjeuner — centre-ville.

Elle valida sans hésiter. Ce rendez-vous n’était pas une fuite. C’était une affirmation.

Elle quitta la propriété en fin de matinée sans croiser Caleb. Une part d’elle s’en réjouit, une autre nota ce détail avec une irritation qu’elle préféra ignorer. Elle avait autre chose à faire que d’analyser ses réactions à un homme qu’elle n’avait pas choisi.

La ville l’accueillit comme toujours, vibrante, bruyante, saturée de vie. Ici, les instincts se mélangeaient, se neutralisaient parfois. Leïla respira plus librement.

Ryan l’attendait sur la terrasse d’un restaurant suspendu, au flanc d’une tour de verre. Lorsqu’il la vit arriver, il se leva aussitôt. Son sourire fut immédiat, sincère.

— Leïla.

Il l’enlaça brièvement. Un contact simple, maîtrisé. Elle sentit aussitôt la différence. Ryan était un alpha, oui. Mais un alpha qui ne prenait pas. Qui ne revendiquait pas. Sa présence était stable, rassurante, jamais écrasante.

— Tu as l’air tendue, observa-t-il doucement.

— Nouveau cadre de vie, répondit-elle avec un sourire en coin.

Il comprit sans qu’elle ait besoin d’en dire plus.

Ils déjeunèrent tranquillement. Ryan parla de son travail, des exigences de son père, des compromis constants qu’impliquait sa position. Leïla l’écoutait, réellement. Avec lui, elle n’avait jamais l’impression d’être analysée ou évaluée selon son utilité biologique.

— Et cette promesse ? demanda-t-il finalement.

Elle hésita une seconde.

— Elle existe, répondit-elle. C’est déjà trop.

Il hocha la tête, sans chercher à résoudre quoi que ce soit.

À un moment, il posa sa main sur la sienne. Leïla ne la retira pas. Son instinct d’oméga reconnut immédiatement l’équilibre : alpha compatible, non dominant. Un choix. Pas une contrainte.

Lorsqu’ils quittèrent le restaurant, la nuit commençait à tomber.

— Je te raccompagne ? proposa Ryan.

— Oui.

Le trajet jusqu’à la propriété se fit dans un silence calme. Mais à mesure que les grilles des Gilles apparurent, Leïla sentit son corps se tendre. Le territoire réagissait.

Le véhicule franchit les grilles. L’air sembla changer immédiatement.

Ryan le sentit aussi. Il ne dit rien, mais son regard s’assombrit légèrement.

— Impressionnant, murmura-t-il.

— Ce n’est pas un compliment, répondit-elle.

Ils descendirent du véhicule ensemble.

La porte d’entrée s’ouvrit avant même qu’ils n’atteignent les marches.

Caleb se tenait là.

Immobile. Droit. Son regard se posa d’abord sur Leïla, puis sur Ryan. Et quelque chose se produisit.

Leïla le sentit immédiatement.

Ce n’était pas une simple tension. C’était une confrontation instinctive, brutale, silencieuse. Deux présences d’alpha se heurtaient sans un mot. L’air sembla se contracter autour d’eux.

Caleb le savait.

Ryan le savait aussi.

— Tu as de la visite, constata Caleb.

Sa voix était calme. Trop contrôlée.

— Oui, répondit Leïla sans détour. Ryan.

Ryan tendit la main, poliment.

— Enchanté.

Caleb ne la serra pas.

Son regard ne quittait pas Ryan. Ce n’était ni du mépris ni de la curiosité. C’était une évaluation pure. Une lecture instinctive. Compatibilité. Menace. Territoire.

— Tu n’avais pas prévenu, dit Caleb en se tournant vers elle.

— Je n’y étais pas obligée.

Le silence s’épaissit.

Ryan le ressentit. Il resta pourtant parfaitement immobile, refusant de reculer, refusant aussi de provoquer. Il était là. Simplement.

— Je ne veux pas créer de malaise, dit-il finalement.

— Tu n’en crées pas, répondit Leïla immédiatement.

Caleb haussa lentement un sourcil.

— Ici ?

— Oui. Ici.

Elle soutint son regard sans ciller. C’était volontaire. Elle voulait qu’il comprenne. Qu’elle n’était pas isolée. Qu’elle n’était pas une promesse en attente.

Caleb inspira profondément. Elle le vit lutter. Pas contre Ryan. Contre son propre instinct.

— Très bien, lâcha-t-il enfin. Faites comme chez vous.

Le sarcasme était léger, mais coupant.

Ils entrèrent.

Leïla guida Ryan vers le salon. Ils s’assirent. Ryan posa des questions banales, parla de son travail, tenta d’installer une normalité fragile. Leïla répondit, consciente du regard de Caleb posé sur eux depuis l’autre côté de la pièce.

Elle sentit l’odeur de Ryan se mêler à l’air ambiant. Une odeur d’alpha, oui. Mais stable. Compatible. Non intrusive.

Caleb, lui, serrait les mâchoires.

Il finit par quitter la pièce sans un mot.

— Il ne m’apprécie pas beaucoup, murmura Ryan avec un sourire discret.

— Il n’aime pas partager, répondit-elle.

Ryan la regarda plus sérieusement.

— Tu es en sécurité ici ?

Elle hésita. Juste un instant.

— Physiquement, oui.

Il posa sa main sur la sienne. Un geste simple. Mais dans cette maison, c’était suffisant.

Quand Ryan partit enfin, la maison sembla changer une nouvelle fois. Le silence retomba, plus lourd encore.

Leïla monta dans sa chambre, le cœur serré mais étrangement soulagé. Elle avait fait ce qu’elle voulait faire. Elle avait montré à Caleb ce qu’elle voulait qu’il voie : qu’il y avait un autre alpha. Qu’elle avait choisi.

En bas, Caleb resta longtemps immobile dans le salon.

L’odeur de Ryan flottait encore dans l’air. Une odeur d’alpha. Compatible. Acceptée par une oméga qui n’était pas la sienne.

Il ferma les yeux, la mâchoire crispée.

Ce n’était pas une question de territoire.

C’était une question de choix.

Et pour la première fois, Caleb Gilles comprit que ce choix ne lui appartenait pas.

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