La ville ne dormait jamais vraiment. Même au cœur de la nuit, les tours de verre respiraient encore, avalant la brume et recrachant des halos froids sur les avenues suspendues. Les panneaux publicitaires déroulaient des visages parfaits au-dessus du trafic silencieux, et dans l’air, il restait toujours quelque chose—une trace invisible, comme une empreinte laissée sur la peau du monde. Leïla Faure sentit cette trace avant même d’ouvrir les yeux. Une odeur. Une tension. Un fil ténu qui courait dans l’air, impossible à décrire, mais impossible à ignorer. Les médecins appelaient ça “perception phéromonale accrue”. Les gens, eux, disaient simplement que les omégas étaient faits pour sentir ce que les autres refusaient de voir. Elle resta immobile quelques secondes, les paupières closes, à écouter son corps. Sa respiration était calme. Son cœur aussi. Aucune chaleur soudaine, aucun vertige, aucune douleur sourde dans le bas-ventre—rien qui annonce le début d’un cycle. Rien, et pourt
Last Updated : 2026-01-04 Read more