เข้าสู่ระบบChapitre 74
_ Emma
La télévision est allumée dans le salon, et je regarde, figée, les mains posées sur mes genoux, le souffle court.
Les images sont floues, tremblantes, prises par des téléphones portables, et pourtant je reconnais tout : la silhouette de Victor, les menottes sur ses poignets, les policiers qui l'encadrent, les flashes qui crépitent autour de lui comme une nu
Chapitre 74_ EmmaLa télévision est allumée dans le salon, et je regarde, figée, les mains posées sur mes genoux, le souffle court.Les images sont floues, tremblantes, prises par des téléphones portables, et pourtant je reconnais tout : la silhouette de Victor, les menottes sur ses poignets, les policiers qui l'encadrent, les flashes qui crépitent autour de lui comme une nuée de lucioles furieuses. Il monte dans la voiture de police, le dos droit, le visage impassible, et la portière claque. Le véhicule disparaît dans les rues de Paris.Mes jambes ne me portent plus.Je m'effondre sur le canapé, le corps soudain privé de forces, la poitrine écrasée par une douleur sourde, immense, insoutenable. C'est comme si on m'arrachait l'air, comme si le sol s'ouvrait sous mes pie
Chapitre 73_ VictorLa police débarque en plein conseil.Je suis assis au bout de la table, dans la salle de réunion du siège, entouré de mes associés, de mes directeurs, de ces hommes et de ces femmes qui me doivent leur carrière, leur fortune, leur loyauté. La réunion porte sur la restructuration de la branche immobilière, mais personne n'écoute vraiment. Les regards sont fuyants, les mains moites, les voix trop basses. Mon nom est dans la presse depuis ce matin, l'odeur du scandale a envahi la pièce comme une fumée toxique, et je les vois qui calculent déjà, qui anticipent ma chute, qui préparent leurs défections.Les portes s'ouvrent à la volée, et ils entrent.Cinq ou six hommes en civil, le visage fermé, les gestes sûrs. Derrière
Chapitre 72_ VictorDes documents falsifiés arrivent à la police financière.Je l'apprends un matin, dans mon bureau de la résidence, avant même que les journaux ne s'en emparent. La sonnerie de mon téléphone me tire de la léthargie d'une nuit sans sommeil, une nuit passée à retourner dans ma tête la photo piège, la confrontation avec Emma, le poison du doute qui s'est glissé entre nous. Marc est au bout du fil, et sa voix, d'habitude si maîtrisée, tremble légèrement._ Monsieur, vous devez vous préparer. Des documents viennent d'être transmis au parquet financier. Ils vous accusent de détournement de fonds, de fraude massive, de malversations dans plusieurs filiales du groupe. Ils sont faux, bien sûr, mais ils sont crédibles. Très crédibl
Chapitre 71_ BéatriceJe savoure depuis l'ombre, et cette ombre m'appartient.Assise dans mon boudoir, je contemple la photo que j'ai envoyée à cette petite traînée d'Emma, et je souris. Un sourire mince, cruel, qui n'a rien à voir avec la joie, mais avec la satisfaction pure de la victoire qui s'annonce. La photo est parfaite : mon fils attablé avec une inconnue, leurs têtes rapprochées, une intimité fabriquée de toutes pièces pour semer le poison. Et le poison a fonctionné, j'en suis certaine. Emma a douté, Victor s'est défendu, et le doute s'est insinué dans leurs cœurs comme une lame invisible._ Tu as vu, mon cher Victor ? murmuré-je à moi-même, en caressant l'écran de mon téléphone. Même ta précieuse Emma ne te croit pas. Elle
Chapitre 70_ VictorElle me regarde avec ces yeux qui me condamnent, et je sais déjà ce qu'elle va dire avant même qu'elle n'ouvre la bouche. C'est dans sa posture, dans ses épaules raides, dans ses doigts crispés sur son téléphone comme si c'était une preuve irréfutable.· Tu m'as crue coupable une fois. Pourquoi pas deux ?Sa voix est froide, posée, mais je perçois le tremblement sous la surface, cette douleur qu'elle essaie de déguiser en accusation. Les mots me frappent en pleine poitrine, plus violemment qu'un coup de poing, plus profondément qu'une lame. Parce qu'ils sont vrais. Parce qu'ils sont justes. Parce qu'ils résument toute ma vie, toute mon erreur, toute la destruction que j'ai semée par mon aveuglement.J'encaisse, dévasté. Je ne me d&eacut
Chapitre 80_ EmmaLa nuit est tombée, et je suis seule dans le bureau de Victor, entourée de papiers, de relevés bancaires, de dossiers que Marc a déposés sur la table avant de repartir.Je n'arrive pas à dormir. Victor est en prison, Léa dort dans sa chambre, et moi, je passe mes nuits à éplucher des comptes, à traquer des signatures, à chercher la preuve qui fera tomber Béatrice. Mes yeux brûlent, mon dos me fait mal, mais je continue, page après page, chiffre après chiffre.Une signature revient trop souvent. Armand Moreau.D'abord, je n'y crois pas. Je repose la feuille, je me frotte les yeux, je la reprends. La signature est là, nette, précise, reconnaissable entre toutes. Armand Moreau, mon mentor, mon protecteur, l'homme qui m'a tendu la main quand j'étais seule, enceinte, terrifiée. Son nom apparaît sur des relevés liés à des comptes offshore, sur des virements vers des sociétés écrans, sur des documents que Marc a exhumés des archives de la banque Laurent.Je tourne les page







