MasukCormac
Je cuisine.
C'est une de mes rares passions, une des seules choses qui me calment. Hacher les légumes, doser les épices, surveiller la cuisson. Un rituel apaisant dans un monde qui ne l'est pas.
Elle est là-haut. Je l'entends marcher, s'arrêter, reprendre sa marche. Elle doit faire les cent pas dans sa chambre, à regarder l'océan sans le voir.
Je pense à elle. À son visage qua
Luck4h du matin.Je ne dors toujours pas. Je regarde le plafond de cette chambre d'hôtel minable, les taches d'humidité qui dessinent des cartes imaginaires. Des pays où je ne suis jamais allé. Des océans que je ne traverserai jamais sans elle.Le foulard est sur ma poitrine. Je le respire encore. L'odeur faiblit. Bientôt, il ne restera que du tissu.Mon téléphone sonne.Je bondis, attrape l'appareil. Numéro inconnu.— Blackwood.— Bonjour, Luck.Cette voix. Calme. Posée. Ce sourire qu'on entend.— Cormac.— Tu ne dors pas ? Moi non plus. On a des insomnies similaires, on dirait. À cause de la même femme.— Où est-elle ?— En sécurité. Dans ma salle de bain, pour être précis. Elle prend un bain. Elle est nue. Elle est belle
Alessandra---Il est minuit passé quand je prends ma décision.Je n'ai pas dormi. Je n'ai pas pu. Chaque fois que je ferme les yeux, je vois Leo. Son visage pâle à l'hôpital, ses yeux qui cherchent les miens. Je l'imagine seul, sans moi, sans personne pour lui tenir la main pendant les nuits de douleur.Je ne peux pas rester ici une minute de plus.La maison est silencieuse. Cormac doit dormir. J'ai passé la soirée à repérer les lieux, à noter chaque porte, chaque fenêtre. Il y a une issue au sous-sol. Une porte-fenêtre qui donne sur les rochers. Je l'ai vue quand il m'a fait visiter, en disant « tu peux aller partout sauf dans mon bureau ».Il a oublié de préciser « ne cherche pas à t'enfuir ».Je me lève sans bruit. La robe de nuit est légère, trop légère pour
Je me lève, contourne la table, m'accroupis près d'elle. Elle se raidit mais ne s'éloigne pas.— Tu dois comprendre que Luck n'est pas ton salut. Que l'amour qu'il te porte est empoisonné par sa haine. Que tu mérites mieux.— Et toi ? Tu es mieux ?— Non. Je ne suis pas mieux. Je suis différent. Et c'est à toi de choisir ce que tu préfères.Je retourne m'asseoir. Le repas continue en silence. Elle mange, boit un peu de vin. Ses joues rosissent. Elle est si belle que ça me fait mal.— Parle-moi de toi, dit-elle soudain.— De moi ?— Ton enfance. Les foyers. Comment tu t'en es sorti.Je la regarde, surpris. Elle veut vraiment savoir ?— Pourquoi ça t'intéresse ?— Parce que si je dois être ici, autant comprendre qui me retient prisonnière.— Je ne
CormacJe n'ai pas dormi.Après l'avoir laissée sur le canapé, je suis monté dans mon bureau. J'ai regardé les écrans de surveillance. Elle ne dort pas non plus. Elle regarde le feu, perdue dans ses pensées.Pourquoi j'ai cédé ? Pourquoi je lui ai promis d'appeler Leo ?Parce que je suis faible. Parce qu'elle a raison. Parce que je ne peux pas la regarder souffrir sans rien faire.C'est nouveau pour moi. La souffrance des autres, je m'en foutais. J'ai construit ma vie sur cette indifférence. Survivre, coûte que coûte. Les autres, c'est leur problème.Mais elle... elle est différente.Je la regarde sur l'écran. Elle bouge, grimace en touchant son pied bandé. Elle a mal. À cause de moi.Je descends. J'entre dans le salon sans frapper. Elle sursaute.— Quoi encore ?&m
CormacJe cuisine.C'est une de mes rares passions, une des seules choses qui me calment. Hacher les légumes, doser les épices, surveiller la cuisson. Un rituel apaisant dans un monde qui ne l'est pas.Elle est là-haut. Je l'entends marcher, s'arrêter, reprendre sa marche. Elle doit faire les cent pas dans sa chambre, à regarder l'océan sans le voir.Je pense à elle. À son visage quand elle est descendue ce matin. La peur, la confusion, mais aussi cette lueur dans ses yeux. Cette étincelle de rébellion qui n'a pas encore été éteinte.C'est pour ça que je l'aime déjà, je crois. Pas pour son corps, pas pour ce qu'elle représente pour Luck. Pour cette flamme. Cette capacité à résister même quand tout semble perdu.Le homard est prêt. Le vin est ouvert. J'ai mis un couv
AlessandraLe bruit des vagues me réveille.C'est la première chose que je perçois. Ce grondement sourd et régulier, comme un cœur qui bat. Puis l'odeur. L'iode, le sel, quelque chose de frais et d'humide.J'ouvre les yeux.Je ne suis plus dans la cellule.La pièce est immense. Un lit king-size avec des draps blancs si doux qu'ils pourraient être en nuage. Des murs de pierre apparente, une baie vitrée qui donne sur... l'océan. À perte de vue. Le soleil levant teinte l'eau de rose et d'or.Je me lève, hésitante. Mes vêtements ont disparu. Je porte une chemise de nuit légère que je n'ai jamais vue. Qui m'a habillée ? La pensée me glace.La porte de la chambre est entrouverte. Je m'approche, tends l'oreille. Rien. Juste le bruit des vagues.Je sors.Le couloir est long, bordé de portes closes. Des tableaux aux murs. Des paysages marins, des portraits anciens. Je descends un escalier en colimaçon et j'arrive dans un salon grandiose.Baie vitrée sur trois côtés. L'océan partout. Un canapé







