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Chapitre 6 : Code Valkyrie 2

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2025-12-09 17:42:46

MAYA

Mais il est déjà reparti, englouti par ses démons.

L’aube arrive, grise et lasse. Il dort enfin d’un sommeil plus paisible. Je somnole, adossée au mur, le couteau à éplucher les légumes posé sur mes genoux.

Un craquement du lit me réveille. Il est assis, éveillé. La différence est frappante. La faiblesse a reculé, remplacée par une tension concentrée. Ses yeux balaient la pièce, l’évaluent, puis se posent sur moi.

— Il faut que je passe un appel, annonce-t-il, sans préambule.

— Un appel ? À qui ? Tes « concurrents » pour négocier ?

— À mes gens. J’ai besoin de sécurité. De vrais soins. Et il faut te mettre à l’abri.

Mes gens. L’expression me glace. Elle suppose une organisation, une hiérarchie. Il n’est pas juste un type en cavale. Il a des ressources.

— Donne-moi le téléphone, Maya.

Je le lui tends, le cœur battant. Il compose un numéro de mémoire. Il parle, d’une voix basse mais qui n’admet aucune réplique. C’est une voix d’autorité, usée par la douleur mais toujours tranchante.

— Oui. Ici. Code Valkyrie. Exfiltration requise. Coordonnées : 48.8566, 2.3522. Fenêtre : une heure.

Il raccroche. Le silence qui s’ensuit est plus éloquent que tous les mots.

— Code Valkyrie ? je murmure.

— Un signal. Ils seront là dans soixante minutes.

— Ils ?

— Des hommes de confiance.

Une heure. Le compte à rebours commence dans ma tête. Je le regarde, assis sur mon lit défraîchi, et je réalise que je n’ai jamais eu le contrôle. Pas une seconde.

— Et moi, dans tout ça ? Je deviens quoi ? La colocataire de tes « hommes de confiance » ?

Il me dévisage. Son expression est nouvelle : calcul, et quelque chose qui pourrait ressembler à une forme de loyauté brutale.

— J'ai une dette envers toi, Maya. Tu m’as sauvé la vie. Dans mon monde, c’est le seul contrat qui vaille. Tu es sous ma protection maintenant. Jusqu’à ce que la situation soit… réglée.

— Réglée comment ? En les tuant tous ?

Il ne répond pas. Il se lève, avec une lenteur mesurée, et va à la fenêtre. Il écarte le rideau d’un doigt, scrutant la rue en contrebas.

Le temps s’étire, épais d’angoisse. Je fais du café, mes mains tremblent. Nous ne parlons pas. À la soixantième minute exacte, une fourgonnette noire, aux lignes anonymes et aux vitres fumées, se gare en silence devant l’immeuble.

Kai laisse retomber le rideau.

— Ils sont là.

Deux hommes en descendent. Grands, larges d’épaules, vêtus de manière sobre et efficace. Leurs mouvements sont synchrones, économes. Ils lèvent les yeux vers ma fenêtre d’un seul mouvement.

— On y va. Prends le strict nécessaire.

— Je ne peux pas tout abandonner comme ça.

— Si. Tu le peux.

Je fourre pêle-mêle quelques vêtements, mon passeport, l’argent du club dans un sac. Mes livres, mes énigmes, mes petits trophées restent sur les étagères. Des reliques d’une vie révolue.

Je le suis dans l’escalier. Chaque marche descendue est un adieu.

Les deux hommes nous attendent dans le hall. Ils inclinent légèrement la tête en signe de respect envers Kai. Un respect qui n’est pas dû à un simple « concurrent ». C’est le respect dû à un supérieur. Leur regard glisse sur moi, rapide, analytique, inexpressif.

— Tout est prêt, dit l’un d’eux, la voix neutre.

— Elle vient avec nous, dit Kai. Elle est sous ma protection. Personne n’y touche.

— Bien reçu.

L’homme ouvre la portière arrière de la fourgonnette. L’intérieur est sombre, spacieux, aseptisé. Un véhicule conçu pour ne pas attirer l’attention et pour tout emporter.

Kai se tourne vers moi une dernière fois. Ses yeux gris ne sont plus ceux de l’homme blessé que j’ai recousu. Ce sont les yeux d’un commandant. D’un chef.

— C’est le seul chemin, Maya. Monte.

Je prends une dernière bouffée d’air, de cet air qui sent la poussière et le propre. Puis je plonge dans la pénombre du véhicule. Kai s’assied à côté de moi. La portière se referme avec un claquement sourd et définitif.

Le moteur démarre, presque silencieux. Nous nous éloignons du trottoir, de mon immeuble, de tout.

Je regarde par la vitre teintée le monde devenir flou. Je ne suis plus la stripteaseuse casse-cou qui jouait avec le danger. Je suis un butin de guerre, une dette vivante. L’homme à mes côtés n’est pas un fugitif. Je le comprends enfin, avec une certitude qui me vide les entrailles.

C’est lui, le grand chef. Et je viens de monter dans sa voiture.

La fourgonnette avale les rues, emportant avec elle les derniers vestiges de ma liberté. Le jeu de l’adrénaline est terminé. Je suis passée de l’autre côté du miroir. Et je ne sais pas si je pourrai jamais en revenir.

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