LOGINMaya
Il me renverse sur le dos, me couvre de son corps. Ses lèvres trouvent mon cou, mes épaules, la naissance de mes seins. Il prend son temps. Il m'embrasse partout, comme s'il me redécouvrait. Mes clavicules, mon sternum, mon ventre. Quand il arrive à mes hanches, il s'attarde, dessine des cercles de sa langue sur ma peau.
Je me tords sous lui, les doigts enfouis dans ses cheveux
Elena marque un temps. Ses yeux vont de lui à moi, de moi à lui. Elle évalue la situation, recalcule, s'adapte.— Comme tu veux, dit-elle enfin. Je suis venue vous aider.— Nous aider ?— Contre Chernov. Je sais des choses. Des choses importantes. Des informations sur ses mouvements, ses planques, ses faiblesses. Je peux vous être utile.Kaï la regarde longuement. Je vois le doute dans ses yeux. La méfiance. L'habitude de ne jamais croire ce qu'on lui dit.— Pourquoi tu ferais ça ? demande-t-il.— Parce que je te dois une fierté. Tu m'as sauvé la vie. Je veux rendre la pareille.Sa voix est douce, presque tendre. Elle le regarde avec une intensité qui me donne envie de lui arracher les yeux.Le silence s'installe. Le vent souffle entre les arbres, charriant l'odeur de la terre et des aiguilles de pin. Elena attend, imm
MayaLe lendemain.Je me réveille dans les bras de Kaï. La lumière filtre à travers les volets mal fermés, dessinant des raies de soleil sur le plancher. Dehors, les oiseaux chantent. Une journée qui commence, normale, presque paisible.Presque.Je me lève sans bruit. Je descends l'escalier sur la pointe des pieds. La maison est calme, endormie. Seule la cheminée crépite doucement, entretenue par quelqu'un pendant la nuit.Anastasie est déjà dans la cuisine. Elle est debout devant le fourneau, en train de préparer du café. La vapeur monte de la vieille cafetière en émail.— Bien dormi ? demande-t-elle en me voyant.— Oui. Et toi ?— Pas trop. Je pensais à demain.— Moi aussi.Elle verse le café dans deux tasses ébréchées. On s'assoit à
Je le comprends. Mieux que personne. J'ai attendu Kaï pendant quatre jours sans savoir s'il était vivant ou mort. Je sais ce que c'est, cette douleur dans la poitrine. Cette impression que chaque minute dure une éternité. Cette façon dont l'imagination vous joue des tours, vous montre des images horribles que vous ne pouvez pas chasser.— On va les sortir, je répète. Je te le promets.Il me regarde. Longtemps. Ses yeux sont clairs, fatigués, mais il y a quelque chose dedans. Une lueur d'espoir, peut-être.— Je te crois, dit-il. Je ne sais pas pourquoi, mais je te crois.Peut-être parce que j'ai sauvé Kaï. Peut-être parce que je suis encore là, debout, à me battre à leurs côtés. Peut-être parce que l'espoir est la seule chose qui nous reste, parfois.Kaï rentre. Il nous voit, Alexei et moi, en tra
MayaLa nouvelle planque est une maison au fond des bois.Leo l'a trouvée il y a des années, une cache d'urgence pour les moments où tout va mal. Il m'a raconté une fois, pendant une de ces longues nuits d'attente, qu'il avait acheté cet endroit avec l'argent d'un contrat, avant même de rencontrer Kaï. Une assurance. Un endroit où se cacher quand le monde devient trop petit, trop dangereux, trop mortel.Je comprends pourquoi maintenant.La maison est vieille, délabrée, avec un toit qui fuit et des fenêtres qui ne ferment pas correctement. Les planches du porche sont pourries par endroits, et quand on marche dessus, elles gémissent comme des âmes en peine. L'intérieur sent le moisi, la poussière, l'abandon.Mais elle est isolée. À des kilomètres de la route la plus proche. Entourée de sapins si denses qu'on vo
MayaLa nuit avant l'assaut.C'est toujours comme ça, dans les films. Le héros et l'héroïne passent leur dernière nuit ensemble. Ils s'aiment, ils se promettent, ils se disent adieu sans se le dire. Et le lendemain, l'un d'eux meurt.Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas de cette fin.Alors cette nuit, je décide de vivre. De vivre chaque seconde. De graver chaque instant dans ma mémoire.On est dans notre chambre. Les autres dorment, ou font semblant. Dehors, la ville est calme. Le genre de calme avant la tempête.Kaï est nu sur le lit. Il me regarde. Je suis nue aussi. On se regarde, comme on ne s'est jamais regardés. Comme si c'était la première fois. Comme si c'était la dernière.— Viens là, dit-il.Je vais vers lui. Je me glisse dans ses bras. Sa peau contre ma peau. Sa chaleur contre ma chaleur. Son
MayaJe parle.Je raconte tout. L'appel téléphonique. Les mots d'Alexei. La femme. Les enfants. Chernov. Le marché.Pendant que je parle, je regarde Kaï. Son visage change. La surprise. L'incompréhension. La douleur. La rage. Puis plus rien. Le masque. Celui qu'il porte quand il tue.Quand j'ai fini, il se tourne vers Alexei.— C'est vrai ? demande-t-il.— C'est vrai, répond Alexei.— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?— Parce que je savais ce que tu ferais. Tu irais les sauver. Tu te ferais tuer. Et moi, je perdrais tout. Toi et eux.— Tu as préféré me tuer.— J'ai préféré sauver mes enfants.Le silence. Énorme. Insoutenable.Je regarde les deux hommes. Le frère de sang. Le frère de cœur. Vingt ans d'amitié. Vingt ans à survivre en







