LOGINElle me regarde une dernière fois. Un regard chargé de haine. De jalousie. De rage. Un regard qui dit que ce n'est pas fini. Que ça ne fait que commencer.— Profite, dit-elle. Ça ne durera pas.Elle sort. La porte claque. Le bruit du moteur démarre, rugit, s'éloigne dans la nuit.Le silence retombe, épais comme une couverture.— Bien, dit Leo. C'était intense.Dmitri rit, un rire nerveux. Anastasie soupire, soulagée. Alexei secoue la tête, incrédule.Moi, je regarde Kaï. Il me regarde aussi.— T'as fait quoi, là ? je demande.— J'ai choisi. Comme toi.— Devant tout le monde.— Fallait qu'elle comprenne. Fallait que tout le monde comprenne.— Et t'as pas peur qu'elle fasse des conneries ?Il réfléchit une seconde. Une seule.— Si, di
MayaLe soir tombe sur la maison.La lumière décline, les ombres s'allongent, la forêt devient peu à peu une masse sombre et menaçante. À l'intérieur, on a allumé des bougies et la cheminée crépite, projetant des ombres dansantes sur les murs.On est tous dans la grande pièce. Elena est là, assise dans un coin, silencieuse. Elle n'a pas reparlé depuis la scène sur le porche. Mais elle regarde. Elle observe. Elle attend.Je sens son regard sur moi, sur Kaï, sur nos mains qui se touchent, sur nos corps qui se frôlent quand on se déplace. Elle enregistre tout. Elle emmagasine. Elle prépare quelque chose, j'en suis sûre.Ça me met mal à l'aise. Mais je ne vais pas lui donner la satisfaction de changer mon comportement. Je reste près de Kaï. Je le touche quand j'en ai envie. Je lui parle
Et Kaï ne la repousse pas.Il ne fait rien. Il la regarde. Il l'écoute. Immobile. Silencieux.Mon cœur s'arrête.Puis je le vois. Il recule d'un pas. Il dit quelque chose, un mot, une phrase. Elena secoue la tête, insiste. Il recule encore. Son visage est fermé, impassible. Il refuse.Mais ma vision est déjà trouble. Mes jambes tremblent. La colère, la jalousie, la peur, tout se mélange dans ma poitrine en un cocktail explosif.Je tourne les talons. Je cours vers la forêt. Je cours sans regarder derrière moi. Les branches me fouettent le visage, les ronces déchirent mon jean. Je m'en fous. Je veux juste disparaître. Juste être loin. Loin d'elle. Loin de lui. Loin de tout.— Maya ! Maya, attends !Sa voix. Derrière moi. Qui m'appelle.Je ne m'arrête pas. Je cours plus vite. Mes poumons brûlent.
Elena marque un temps. Ses yeux vont de lui à moi, de moi à lui. Elle évalue la situation, recalcule, s'adapte.— Comme tu veux, dit-elle enfin. Je suis venue vous aider.— Nous aider ?— Contre Chernov. Je sais des choses. Des choses importantes. Des informations sur ses mouvements, ses planques, ses faiblesses. Je peux vous être utile.Kaï la regarde longuement. Je vois le doute dans ses yeux. La méfiance. L'habitude de ne jamais croire ce qu'on lui dit.— Pourquoi tu ferais ça ? demande-t-il.— Parce que je te dois une fierté. Tu m'as sauvé la vie. Je veux rendre la pareille.Sa voix est douce, presque tendre. Elle le regarde avec une intensité qui me donne envie de lui arracher les yeux.Le silence s'installe. Le vent souffle entre les arbres, charriant l'odeur de la terre et des aiguilles de pin. Elena attend, imm
MayaLe lendemain.Je me réveille dans les bras de Kaï. La lumière filtre à travers les volets mal fermés, dessinant des raies de soleil sur le plancher. Dehors, les oiseaux chantent. Une journée qui commence, normale, presque paisible.Presque.Je me lève sans bruit. Je descends l'escalier sur la pointe des pieds. La maison est calme, endormie. Seule la cheminée crépite doucement, entretenue par quelqu'un pendant la nuit.Anastasie est déjà dans la cuisine. Elle est debout devant le fourneau, en train de préparer du café. La vapeur monte de la vieille cafetière en émail.— Bien dormi ? demande-t-elle en me voyant.— Oui. Et toi ?— Pas trop. Je pensais à demain.— Moi aussi.Elle verse le café dans deux tasses ébréchées. On s'assoit à
Je le comprends. Mieux que personne. J'ai attendu Kaï pendant quatre jours sans savoir s'il était vivant ou mort. Je sais ce que c'est, cette douleur dans la poitrine. Cette impression que chaque minute dure une éternité. Cette façon dont l'imagination vous joue des tours, vous montre des images horribles que vous ne pouvez pas chasser.— On va les sortir, je répète. Je te le promets.Il me regarde. Longtemps. Ses yeux sont clairs, fatigués, mais il y a quelque chose dedans. Une lueur d'espoir, peut-être.— Je te crois, dit-il. Je ne sais pas pourquoi, mais je te crois.Peut-être parce que j'ai sauvé Kaï. Peut-être parce que je suis encore là, debout, à me battre à leurs côtés. Peut-être parce que l'espoir est la seule chose qui nous reste, parfois.Kaï rentre. Il nous voit, Alexei et moi, en tra







