LOGINElle me regarde longtemps. Ses yeux cherchent la vérité dans les miens, cherchent la faille, cherchent ce que je cache. Et peut-être qu'elle la trouve, peut-être qu'elle sait, peut-être qu'elle accepte quand même.
— D'accord. Je viens avec toi.
— Non.
— Diego, je...
— Non, Valentina. C'est entre elle et moi. Il faut que ce soit entre elle et moi. Pour que ça finisse. Vraiment.
— J'ai
Elle me regarde longtemps. Ses yeux cherchent la vérité dans les miens, cherchent la faille, cherchent ce que je cache. Et peut-être qu'elle la trouve, peut-être qu'elle sait, peut-être qu'elle accepte quand même.— D'accord. Je viens avec toi.— Non.— Diego, je...— Non, Valentina. C'est entre elle et moi. Il faut que ce soit entre elle et moi. Pour que ça finisse. Vraiment.— J'ai peur.— Je sais. Moi aussi. Mais il faut que je le fasse. Pour nous. Pour toi. Pour la vie qu'on veut construire.Elle hoche la tête, lentement, doucement. Ses mains lâchent les miennes, ses bras se croisent sur sa poitrine, ses yeux se ferment.— Reviens. Promets-moi que tu reviendras.— Je reviendrai.— Promets-moi que tu ne feras rien de stupide.— Je te le promets.— Promets-moi que tu m'aimeras
La voix de Valentina claque, plus forte que la mienne, plus dure, plus définitive. Elle se lève, ses yeux fixés sur Chiara, sa main toujours dans la mienne.— Tu as passé ta vie à détruire tout ce qu'il aimait. Sa mère, son père, ses amis, ses rêves. Tout. Pour qu'il n'ait que toi. Mais tu as oublié une chose.— Quoi donc ?— Moi. Tu as oublié que je ne suis pas comme les autres. Tu as oublié que je ne fuis pas. Tu as oublié que je me bats. Tu as oublié que je l'aime. Vraiment. Pas comme toi. Pas comme tu sais aimer. Comme on aime quand on est prêt à tout donner sans rien attendre en retour.— Tu crois que ton amour suffira ? Tu crois que tu pourras effacer ce que j'ai fait ? Les années de violence, de mensonges, de destruction ?— Non. Mais je peux l'aider à reconstruire. Jour après jour. Nuit après nuit. Caresse après caresse. Je peux être là. Je peux l'aimer. Je peux le guérir.— Il ne guérira jamais. Il est brisé. Pour toujours. Comme mo
Valentina s'écarte, laisse passer. Chiara hésite une seconde, ses yeux noirs fixés sur moi, puis elle entre. Ses talons claquent sur le parquet, son parfum envahit l'appartement, sa présence écrase l'espace.Elle s'arrête devant la table, regarde les bougies, les verres, la nappe blanche.— Un dîner aux chandelles ? Pour deux ? Pour trois ? Quel est le jeu, Diego ?— Le jeu est fini, Chiara. Assieds-toi.Ma voix est calme. Trop calme. C'est la voix que j'avais avant de tuer. Avant de frapper. Avant de devenir ce que j'étais. C'est la voix du fauve qui attend, qui observe, qui choisit le moment.Elle s'assied. En face de nous. Ses mains se posent sur la table, ses ongles parfaits, rouges, mortels. Le sang a disparu, mais je me souviens. Je me souviens de ce sang séché sous ses ongles. Je me souviens de ce qu'il signifie.Valentina s'assied à côt&eacut
Je la regarde. Dans ses yeux, je vois de la détermination, de la force, de l'amour. Une force que je n'ai jamais eue, que je n'aurai jamais. Une force qui vient de quelque chose de plus grand que la rage, que la violence, que la peur.— Tu n'as pas peur ?— Si. J'ai très peur. Mais j'ai plus peur de te perdre que de l'affronter. J'ai plus peur de te voir sombrer que de me faire du mal. J'ai plus peur de ne pas me battre que de perdre.— Je t'aime, Valentina. Je t'aime tellement que ça me fait mal. Tellement que j'ai peur de ce que cet amour peut faire. Tellement que je préférerais partir plutôt que de te voir souffrir à cause de moi.— Alors reste. Reste et bats-toi. Bats-toi pour nous. Bats-toi pour toi. Bats-toi pour cet amour qui est la seule chose qui compte.Elle se penche, pose ses lèvres sur mon front. Un baiser doux, léger, comme une bénédict
Elle raccroche. Je reste là, adossé contre un mur, le téléphone serré dans ma main, le sang qui coule encore sur ma joue, la ville qui tourne autour de moi.Elle vient. Elle vient me chercher. Encore une fois. Toujours. Malgré tout. Parce qu'elle m'aime. Parce qu'elle est plus forte que ma folie. Parce qu'elle est la lumière dans mes ténèbres.Je ferme les yeux. Je l'attends. Je l'attends comme on attend un miracle, comme on attend une délivrance, comme on attend la fin de la nuit.Et quand j'ouvre les yeux, elle est là. Devant moi. Dans sa petite voiture, sa fenêtre baissée, ses yeux fixés sur moi. Elle descend, s'approche, ses bras m'entourent, sa chaleur me réchauffe, sa voix me sauve.— Je suis là. Je suis là, Diego. Viens. Je t'emmène à la maison.Je monte dans la voiture. Elle démarre, s'éloig
Ses mots sont des couteaux. Ils s'enfoncent, tournent, déchirent. Mais quelque chose en moi résiste. Quelque chose que Valentina a planté, cultivé, fait pousser. Une certitude. Une force. Une lumière.— Je ne suis pas toi. Je ne suis pas mon père. Je suis Diego. Et Diego aime Valentina. Diego a choisi Valentina. Diego partira d'ici, aujourd'hui, maintenant, et il retournera vers elle. Même s'il doit ramper. Même s'il doit supplier. Même s'il doit passer le reste de sa vie à réparer ce qu'il a brisé.— Tu ne la mérites pas.— Non. Je ne la mérite pas. Mais elle m'a choisi. Elle m'a choisi quand j'étais au plus bas. Elle m'a choisi quand j'étais le plus violent. Elle m'a choisi quand tout le monde me fuyait. Et je ne la décevrai pas. Je ne la trahirai pas. Je ne l'abandonnerai pas.Je traverse la chambre à pas lents, m







