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Chapitre 3

last update publish date: 2026-09-27 19:19:47

Chapitre 3

LE POINT DE VUE DE VALENTINA 

Je savais que je devais le faire, je savais exactement ce que je devais dire, les mots étaient là, prêts à sortir, mais aucun ne franchit mes lèvres. Je restai là, immobile, le souffle suspendu, à regarder Sébastian qui attendait. Il patienta encore quelques secondes, puis il comprit. Son regard descendit brièvement vers ma bouche avant de remonter vers mes yeux, et dans cette fraction de seconde, tout bascula.

— Valentina…

Il avait prononcé mon prénom comme une question et comme une réponse à la fois. Je fis un pas vers lui et ce fut suffisant. Sa main se posa contre ma joue, paume ouverte, doigts glissant vers ma nuque, et il m'embrassa. Le monde sembla disparaître. 

Pendant trois années, j'avais imaginé ce moment sans jamais oser croire qu'il pourrait réellement arriver, trois ans à guetter ses regards, à interpréter ses silences, à me dire que j'inventais des signes qui n'existaient pas. 

Et maintenant ses lèvres étaient sur les miennes, fermes, tièdes, goûtant légèrement le whisky qu'il avait bu plus tôt. Je m'accrochai à sa chemise, les poings crispés dans le tissu, incapable de réfléchir. Il s'écarta à peine, juste assez pour respirer, et nos fronts restèrent appuyés l'un contre l'autre. Je sentais son souffle irrégulier balayer ma peau.

— Dis-moi d'arrêter, murmura-t-il.

Je fermai les yeux.

— Je ne peux pas.

Il m'embrassa de nouveau et cette fois il n'y avait plus aucune hésitation, plus de faux-semblants, plus de distance. Sa bouche s'ouvrit contre la mienne et sa langue me chercha, me trouva, m'obligea à goûter ce que j'avais refusé de désirer pendant trois ans.

 Je sentis ses bras m'entourer, ses mains descendre le long de ma colonne vertébrale, et je posai ma tête contre son épaule. L'odeur de sa peau emplissait mes narines, ce parfum de bois et de cuir que j'aurais reconnu entre mille.

— On va le regretter, soufflai-je.

— Je sais.

— Arianna…

J'avais prononcé le prénom de ma sœur comme une évidence, et il se figea. Ce simple mot suffit à nous ramener brutalement à la réalité. Sébastian recula, son visage bouleversé, la mâchoire serrée.

— On devrait partir.

Je hochai la tête, mais aucun de nous ne bougea, parce qu'au fond nous savions tous les deux que ce n'était déjà plus une simple erreur, c'était devenu quelque chose que nous avions voulu, quelque chose que nous ne pourrions plus effacer. Il prit ma main.

— Viens.

Je le suivis. Ses doigts entouraient les miens, fermes, et je marchais derrière lui , le long du gravier qui craquait sous nos pas. Il me conduisit dans un endroit moins visible du jardin, à l'abri des regards, sous les arbres dont les branches basses nous cachaient de la maison. 

La lumière de la lune filtrait à peine à travers les feuilles, dessinant des taches pâles sur le sol, et le silence n'était troublé que par le bruit lointain de la fontaine et le chant intermittent des grillons.

Sébastian me regarda longuement, comme s'il voulait graver chaque détail de mon visage dans sa mémoire, puis il posa ses mains sur ma taille et m'attira doucement contre lui. Il m'embrassa avec une lenteur qui me fit frémir, ses lèvres descendirent le long de mon cou, déposant des baisers humides dans le creux de ma clavicule, et ses doigts défaisaient un à un les boutons de ma robe, avec une patience qui contrastait avec l'urgence que je devinais sous sa peau. 

Je sentis le tissu glisser sur mes épaules et tomber à mes pieds, et je restai là, devant lui, en soutiens-gorge et culotte, le souffle court, sans la moindre honte, parce que je le désirais depuis trop longtemps pour reculer maintenant. Son regard descendit sur moi, lent, détaillé, et je vis sa gorge se contracter.

Il retira sa chemise et je posai mes mains sur son torse, sentant la chaleur de sa peau contre mes paumes, les muscles de son abdomen se tendre sous mon toucher. Il me fit allonger sur l'herbe fraîche, recouverte de nos vêtements, et il se pencha sur moi. Ses baisers devinrent plus profonds, plus urgents, et je nouai mes bras autour de son cou pour le garder contre moi.

 Il prit son temps, comme s'il voulait que chaque seconde compte, et je compris très vite qu'il savait exactement ce qu'il faisait. Ses mains parcouraient mon corps avec une assurance qui me faisait perdre la tête, effleurant mes côtes, le dessous de mes seins, l'intérieur de mes cuisses, et chaque caresse, chaque baiser, chaque mouvement me faisait basculer un peu plus loin dans quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant. 

Personne ne m'avait jamais fait ressentir cela, jamais touchée avec autant de précision, avec autant de patience, avec autant de désir contenu.

Ses doigts trouvèrent mon sexe à travers ma culotte et je me cambrai instinctivement contre sa main. Il écarta le tissu et me caressa directement, lentement, puis plus vite, ses doigts glissant sur ma chair trempée, tournant autour de mon clitoris avant de l'effleurer. 

Je mordis mes lèvres pour ne pas crier et je m'accrochai à lui, mes doigts crispés dans ses cheveux, et je sentis mon corps se tendre puis se briser sous ses caresses, une première fois, dans une vague qui me laissa tremblante. 

Il ne s'arrêta pas, il continua, changeant de rythme, m'amenant encore plus loin, et une seconde fois je me raidis contre lui, la bouche ouverte contre son épaule, étouffant un cri dans sa chair. Chaque fois il était là, penché sur moi, murmurant mon prénom comme si c'était le seul mot qu'il connaissait.

Lorsqu'il me pénétra enfin, je serrai les dents et enfouis mon visage contre son épaule. Il resta immobile quelques instants, le temps que je m'habitue à lui, à cette sensation d'être remplie, étirée, possédée, puis il commença à bouger lentement, avec une douceur qui contrastait avec l'intensité de son regard.

 Je sentais chaque pulsation de sa queue en moi, chaque mouvement de ses hanches, et je me cambrais pour le recevoir plus profondément. Je nouai mes jambes autour de sa taille et il accéléra le rythme, ses poussées devinrent plus fortes, plus rapides, et je perdis toute notion du temps, du lieu, du danger, parce qu'il n'y avait plus que lui, que nous, que cette nuit qui nous appartenait et que personne ne pourrait jamais nous reprendre.

 Le bruit sourd de ses hanches contre les miennes emplissait le silence, ainsi que le bruit mouillé de nos corps qui se rencontraient.

Je gémis son prénom et il posa une main sur ma bouche pour étouffer le bruit, mais ses yeux brillaient dans la pénombre, et je voyais bien qu'il prenait un plaisir immense à me voir ainsi, offerte, abandonnée, folle de lui. 

Je le suppliai de ne pas s'arrêter et il m'embrassa pour me faire taire, sa langue envahissant ma bouche au rythme de ses poussées. Nous atteignîmes ensemble ce point de non-retour qui nous laissa tremblants, haletants, collés l'un à l'autre sur l'herbe froide.

Pendant de longues minutes, aucun de nous ne parla. Je sentais son cœur battre contre le mien, son souffle chaud contre mon cou, et je savais que, quoi qu'il arrive ensuite, rien ne serait plus jamais comme avant. 

Sébastian finit par se redresser sur un coude et me regarda, et dans ses yeux je lus quelque chose que je n'oublierais jamais, un mélange de tendresse, de culpabilité et de peur, comme s'il venait de comprendre l'ampleur de ce qu'il avait fait.

— Valentina…

Je posai un doigt sur ses lèvres.

— Ne dis rien.

Il ferma les yeux et posa son front contre le mien, et nous restâmes ainsi, allongés dans le noir, à écouter le silence, tandis que quelque part dans la maison, ma sœur dormait sans savoir que son fiancé venait de passer la nuit dans les bras de sa propre sœur.

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