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Chapitre 3 : Le Décès 

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2026-02-07 05:49:20

Amelia

La nuit a été longue. Interminable. Une étoffe épaisse et silencieuse dans laquelle je me suis lentement étouffée.

Après que James a disparu dans l’escalier de l’auberge, laissant derrière lui l’écho de ses pas pressés et le parfum de son baiser encore sur mes lèvres, la chambre est devenue soudain immense, trop vide. Le feu a crépité un moment, puis s’est éteint en braises rougeoyantes. La lune a parcouru son chemin derrière la fenêtre.

Je me suis allongée sur le lit, dans ma chemise de nuit, les draps encore froids de son absence. J’ai écouté. Les bruits de la nuit, les roues d’une voiture tardive, les murmures indistincts du rez-de-chaussée. Rien qui ne lui ressemble. Rien qui ne m’annonce son retour.

« Attends-moi. »

Ses derniers mots, un ordre doux, une supplique. Alors j’ai attendu. Les yeux grands ouverts dans l’obscurité, je me suis raccrochée à l’image de son sourire à l’église, à la chaleur de sa main sur la mienne, à la lumière dans ses yeux quand il m’a regardée avancer vers lui. C’était réel. Ce bonheur était réel. L’urgence aussi, devait l’être. Un éboulement. Des vies. Mon James était un homme responsable. Il faisait ce qu’il devait faire.

Mais au fur et à mesure que les heures s’étiraient, lugubres, une angoisse sourde a commencé à me ronger. Et si c’était plus grave ? Et s’il était blessé ? La mine était un lieu dangereux, tout le monde le savait. Mon cœur s’est mis à battre à un rythme désordonné, une peur panique et glacée remplaçant peu à peu la déception.

Je me suis levée, je me suis enveloppée dans un châlon, j’ai arpenté la pièce. J’ai regardé par la fenêtre la route sombre et déserte. Rien. Aucune silhouette à cheval, aucune lanterne qui se serait approchée.

L’aube a fini par poindre, grise et lente, effaçant les étoiles une à une. Une lumière blafarde et sans chaleur qui a révélé la chambre dans toute sa banalité désertée. La coupe de vin à moitié pleine. Le bouquet de fleurs des champs déjà un peu fané.

La fatigue, alors, a pris le dessus sur l’inquiétude. Une lassitude immense, lourde comme du plomb, a fait plier mes genoux. Je me suis recouchée, les yeux brûlants de larmes refusées. Je me suis blottie dans l’oreiller qui ne portait pas son odeur. Et le sommeil, brutal et profond, m’a engloutie, comme pour m’arracher à cette réalité insoutenable.

Je me réveille en sursaut, le cœur battant la chamade. Un rayon de soleil perçant frappe mon visage. Il est tard. Bien plus tard que l’heure à laquelle nous avions prévu de petit-déjeuner ensemble avant de partir pour la maison au bord de la mer.

Le lit est vide à côté de moi. Le vide est tangible, physique. Il n’est pas revenu.

Un nœud se serre dans ma gorge. Que faire ? Rester ici, dans cette chambre qui sent maintenant la solitude et l’attente brisée ? Retourner seule à la grande et froide demeure des Harrington, affronter le regard du majordome, des domestiques ? Je n’en ai pas la force.

Une pensée plus douce, un refuge, me vient alors : la boutique. Notre petite boutique de fleurs, que Clara et moi tenons depuis la mort de notre mère. Un minuscule local en bois au bout du village, toujours empli des parfums du lilas, de la lavande et de la terre humide. C’est notre lieu à nous, un coin de lumière et de vie simple.

Sans réfléchir davantage, je m’habille à la hâte, enfilant une robe simple, laissant ma robe de mariée pliée sur la chaise. Je noue mes cheveux sans me regarder dans le miroir. Je ne veux pas voir la jeune mariée abandonnée qui me fait face.

Je sors de l’auberge sans croiser personne, et je marche d’un pas rapide vers l’autre bout du village. L’air du matin est vif, mais le soleil a une certaine chaleur. La normalité du village, les gens qui vaquent à leurs occupations, les enfants qui courent, tout cela me semble irréel, comme si je traversais un décor de théâtre.

La clochette de la boutique tinte doucement quand j’ouvre la porte.

— Amelia !

Clara, un tablier plein de terre tachant son ancienne robe, lâche un pot de géraniums et se précipite vers moi. Son visage, d’abord illuminé de joie, se fige en voyant le mien.

— Ma chérie ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi es-tu ici ? Où est James ?

Les questions fusent, et je fonds en larmes. Je n’avais même pas réalisé que je tenais encore. Je m’effondre contre elle, sanglotant contre son épaule, incapable de former des mots cohérents. Elle me guide vers le petit tabouret derrière le comptoir, me fait asseoir, et s’accroupie devant moi, ses mains froides et terreuses serrant les miennes.

— Parle-moi, Amelia. Tout va bien ?

— Il… il est parti, je parviens enfin à articuler entre deux hoquets. Cette nuit, il a eu une urgence. Il a dit… il a dit qu’il reviendrait. Mais il n’est pas revenu.

Le visage de Clara se rembrunit, mais elle garde son calme, celui de la cadette qui a souvent dû être le roc.

— Il t’enverra un message, j’en suis sûre.

Elle se lève, va m’apporter un verre d’eau fraîche de la cruche.

— Reste ici avec moi, on a du travail. Cela te changera les idées en attendant des nouvelles. Tiens, aide-moi à rempoter ces pensées.

Son ton volontairement pratique, terre-à-terre, m’ancre un peu. Je renifle, essuie mes joues du revers de la main, et accepte le petit pot de terre qu’elle me tend. Le geste est familier, apaisant. Plonger mes doigts dans la terre fraîche, tasser délicatement les racines, arroser. La vie, simple et tenace.

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