LOGINDarline est une jeune maman déterminée qui vient tout juste de lancer sa propre entreprise d'organisation événementielle. Après des années à mettre ses rêves de côté, elle ose enfin vivre de sa passion : créer des moments qui font vibrer les cœurs. Lorsque sa sœur Cassey lui annonce son mariage imminent né d'une rencontre sur une application de dating Darline reste sceptique. L'amour virtuel n'a jamais vraiment été son terrain de jeu. Pourtant, le destin s'amuse de ses certitudes lorsqu'elle est recrutée pour organiser... la grande fête de Noël de cette même application. C'est là qu'elle rencontre Collin McDonald, le PDG de la plateforme. Un homme aussi charismatique que bourru, solitaire comme un ours en pleine hibernation, et bien décidé à garder ses distances. Du moins en apparence. Entre préparatifs féériques, regards qui s'attardent et tensions délicieusement troublantes, la magie de Noël pourrait bien faire tomber les barrières. Et si Darline découvrait que l'amour peut surgir là où on l'attend le moins sous le gui, au détour d'un simple swipe ? Car parfois, il suffit d'une étincelle... Et Noël adore surprendre les cœurs les plus réticents.
View MoreLe mois de novembre s'était écoulé à une telle allure que Darline n'avait même pas réalisé qu'on était déjà le 1ᵉʳ décembre. Tout comme cette période dédiée aux fêtes de famille et aux actions de grâce, la fatigue qu'elle ressentait avait fini par s'installer et ne semblait pas vouloir repartir.
Elle avait cessé de compter les jours, tant ils se ressemblaient. Une routine matinale qui, malgré les aléas de la vie, lui avait permis de maintenir un cadre solide pour elle et pour son fils. La vérité, c'est que les journées se succédaient sans répit. Englouties par les devis, les rendez-vous avec des clients potentiels annulés et les nuits insuffisantes passées à calculer encore et encore sa trésorerie, dans l'espoir que ce soit suffisant. Mais décembre ne tolérait aucun écart. Il débarquait avec ses lumières, ses attentes, ses promesses... mais aussi avec ce qu'elle redoutait le plus : l'obligation de tenir bon, malgré les factures qu'elle devait honorer. Le froid s'infiltrait partout, jusque dans ses os, comme un rappel constant de toutes les émotions qu'elle n'avait pas le temps de ressentir. Il lui arrivait même de sourire aux vitrines illuminées sans jamais vraiment les regarder. Le seul écart qu'elle s'autoriserait serait un cadeau pour Matthew, et rien d'autre. Organisatrice événementielle et autoentrepreneure, Darline rêvait depuis longtemps de monter sa propre structure. Pas pour la gloire, ni pour l'argent, mais pour cette liberté qu'elle associait au mot passion. Alors, quand Andrea Whatson, son ancien patron, l'avait licenciée pour insubordination, elle y avait vu une opportunité plutôt qu'une catastrophe. Une porte claquée, certes, mais une autre entrouverte : celle de travailler enfin sans compromis ni faux-semblants, et la possibilité d'exercer un métier qui la faisait vibrer. Celle d'organiser des moments uniques pour célébrer les plus beaux moments de la vie. Cependant, la réalité l'avait rattrapée. Car se lancer du jour au lendemain était bien plus ardu qu'elle ne l'avait imaginé. Elle repensa à son local et soupira plus longtemps qu'elle ne l'aurait voulu. L'espace de son bureau était encore trop blanc, trop silencieux, dépouillé du moindre artifice rappelant les fêtes. En quatre mois, elle avait tout juste réussi à payer la première traite de son local... et accusait déjà trois traites de retard. Un petit espace modeste, encore vide de vie, qu'elle avait pensé redécorer avec le temps. Mais l'urgence, aujourd'hui, était ailleurs : régler ces factures en souffrance. Et pour y parvenir, elle avait déjà dû piocher dans ses économies, celles qu'elle s'était juré de ne jamais toucher. Celles qu'elle considérait comme sacrées. Celles mises de côté pour Matthew. Son jeune garçon de huit ans aspirait à devenir avocat. Il avait déjà élaboré un plan structuré et sérieux, ce qui l'inquiétait autant que cela la rassurait : intégrer une grande université, étudier le droit, réussir dans la vie. Darline aurait voulu qu'il suive les traces de son défunt père en allant à Harvard. Un hommage silencieux à cet homme qui n'avait pas eu assez de temps pour profiter de son fils. Matthew lui ressemblait tellement, surtout avec cette façon bien à lui de froncer le nez en dormant. En attendant, elle mettait de l'argent de côté, parfois au prix de compromis qu'elle ne révélerait jamais. Être mère, oui. Mais ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était d'être contrainte d'élever son fils seule. Assise sur la banquette arrière du taxi qui l'emmenait vers sa nouvelle mission, Darline scrutait le décor. Le véhicule s'engagea dans la circulation dense sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Peu à peu, les édifices animés et surchargés de New York laissèrent place à des artères plus apaisantes, bordées d'arbres dépouillés par la saison froide. À mesure que la Grosse Pomme s'éloignait, ses pensées devenaient plus insistantes. Long Island lui offrait une parenthèse feutrée, loin des tumultes de la ville. — Et si ce rendez-vous n'était qu'une déception de plus ? songea-t-elle. La veille, elle avait reçu un courriel de la responsable marketing de Wall-Dating pour l'organisation de leur fête de Noël. Une requête courtoise, presque dénuée d'émotion, que Darline avait relue dix fois, comme si elle craignait qu'elle ne disparaisse. Elle connaissait bien cette application de rencontres, réputée pour s'adresser aux parents célibataires et aux divorcés en quête de sincérité et de seconde chance. Le concept, les promesses et les valeurs qu'elle véhiculait avaient fait d'elle l'une des applications les plus en vue du moment. Elle avait même organisé une fête pour un couple qui s'y était rencontré. Tout comme sa sœur Cassey, qui s'y était inscrite après son divorce. Contre toute attente, elle y avait trouvé chaussure à son pied en quelques mois. Et pas n'importe laquelle. Cassey était fiancée au séduisant Daniel Crane, un Irlandais veuf et père d'une petite fille. Leur amour semblait tout droit sorti d'un conte de fées, prouvant que les secondes chances existaient bel et bien. Leur mariage était prévu au printemps, et Darline en avait bien sûr la charge, jusqu'à la lune de miel. Elle accueillait ce défi avec fierté, mais aussi avec une pointe de stress. Pourtant, elle n'avait jamais pris le temps de s'inscrire elle-même sur l'application, ce qui, à bien y réfléchir, était assez ironique. Pour l'instant, ses pensées restaient tournées vers la fête de Noël. À part ce contrat imprévu, son agenda demeurait désespérément vide. Une véritable angoisse. Celle qui s'installe en silence, la nuit, quand le bruit du monde s'arrête. Il lui arrivait de douter. De se demander si se lancer à corps perdu dans cette aventure était une bonne idée. Si croire encore aux fêtes et aux promesses lumineuses n'était pas un luxe qu'elle ne pouvait plus se permettre. Puis elle se rappelait qu'elle n'avait pas le luxe d'en douter. Son rendez-vous avait été fixé à neuf heures trente et, par excès de prudence, Darline avait préféré partir dès sept heures. Il fallait bien l'admettre : elle était une véritable professionnelle des arrivées en retard. Mais pour un client qu'elle imaginait aussi important, elle s'était interdit la moindre minute de décalage. Ce matin-là, lorsqu'elle était entrée dans la chambre de son fils pour lui déposer un baiser, il dormait encore paisiblement. Elle ne s'était pas privée de l'observer quelques minutes. Elle avait confié à Sarah, sa nounou, le soin de le déposer à l'école. D'ordinaire, Darline s'en chargeait elle-même. Ces trajets matinaux étaient leur moment à eux, l'occasion de parler de tout et de rien avant que la journée ne les avale. Aujourd'hui, elle avait dû faire autrement. L'appartement qu'elle louait à Brooklyn mêlait le charme de l'ancien à quelques touches de modernité. Modeste, mais chaleureux. Par sécurité, elle avait choisi un immeuble avec gardien, une précaution devenue presque instinctive depuis qu'elle vivait seule avec son fils. Après avoir avalé un café à la hâte, encore brûlant, elle avait sauté dans un taxi en direction de Old Westbury. Mis à part Manhattan, Harlem et le Queens, elle n'avait jamais vraiment mis les pieds hors de New York City. Long Island lui paraissait presque irréelle, comme un autre monde. Le trajet avait été long. Beaucoup trop long à son goût. Ses jambes s'étaient engourdies à force de rester immobiles sur la banquette. Puis, à l'horizon, une vaste bâtisse s'était enfin dessinée. Le silence du lieu la surprit plus que le luxe des maisons environnantes. Tout semblait si ordonné, si calme. Elle se sentit soudain minuscule face à l'immensité des propriétés. Même de loin, elle devinait une demeure somptueuse, d'une élégance rare. Bien que toutes les maisons du quartier fussent impressionnantes, celle-ci se distinguait immédiatement : plus imposante, plus majestueuse. Elle ne faisait pas partie de ce monde. Pourtant, elle y était. Si son client possédait réellement autant d'argent et d'influence, cette rencontre pourrait lui ouvrir les portes d'un carnet d'adresses prometteur. Elle l'espérait, de tout cœur. Peut-être que la magie de Noël agirait enfin en sa faveur. Le taxi ralentit, puis s'immobilisa devant deux portes forgées noir et or, finement sculptées, presque royales. Au centre trônait un trèfle, symbole intrigant, parfaitement assumé. Le chauffeur marmonna quelques mots au gardien installé dans la maisonnette attenante, avant de s'engager dans l'allée bordée d'arbres taillés, formant une haie de luxe. Il était neuf heures quand le taxi la déposa devant un large escalier menant à un porche habillé de couronnes de Noël délicatement éclairées. La demeure était grande, mais le jardin l'était encore davantage. Plusieurs sapins étaient décorés de guirlandes lumineuses, rendant l'espace festif sans être excessif. Malgré la démesure du lieu, l'atmosphère y était étonnamment chaleureuse. Darline eut l'étrange impression d'être observée bien au-delà de son apparence et, sans savoir pourquoi, prit une profonde inspiration avant de monter les marches. Un homme se tenait sous le porche, parapluie fermé à la main malgré l'absence de pluie, comme un accessoire de cérémonie plus qu'un objet utile. Il ne bougea pas d'un pouce lorsqu'elle s'approcha. Impeccablement vêtu, il semblait l'attendre. Et Darline eut la certitude que ce matin-là n'aurait rien d'anodin.Après la soirée du 24, tout avait été plus vite. Plus simple, presque comme une évidence. Alors que le grand salon était plein d'une agitation mondaine, familière, faite de voix qui se chevauchaient, de rires spontanés et de verres qui s'entrechoquaient sans cérémonie. Le genre d’ambiance que tout le monde affectionnait.Matthew courait dans le salon, son pull de Noël légèrement trop grand sur les épaules, poursuivi par la fille de Daniel sous les encouragements amusés de Cassey.Darline les regardait avec une émotion contenue, depuis le canapé, un sourire doux accroché aux lèvres.Pour la première fois depuis longtemps, pensa-t-elle, elle n'eut pas l'impression d'appartenir à une classe sociale plus basse ou plus ordinaire. Non, tout semblait être à sa place. Une place cohérente, réussie au milieu de personnes qu’elle affectionnait vraiment et qui n’avaient pas peur de lui retourner cette attention. Mathilda discutait près de la cheminée avec Daniel, une coupe de champagne en main,
Elle se regarda une dernière fois dans le miroir. Pour la première fois depuis très longtemps, elle était sublime et avait laissé ses longs cheveux roux retomber en une cascade de boucles le long de son dos.— Dis, maman ! Est-ce que tu vas rentrer avant six heures demain pour ouvrir les cadeaux avec moi ?— Bien sûr, mon amour. Je ne raterai cela pour rien au monde.— Super. Tu es trop belle, maman. clama-t-il tout haut.— Merci, mon amour.Elle finit d'attacher son manteau avant de saisir sa pochette et de sortir dans le salon.— Bonne chance, soeurette.— Merci, Cassey.— Pourquoi ? D'avoir accepté que Matthew passe le réveillon avec Daniel et toi, je culpabilisais de le laisser avec la nounou ce soir.— Darline, tu travailles ce soir, c'est juste que ton travail est mille fois plus intéressant que d'autres.Elle rit avant de déposer un baiser sur la joue de son fils.Dehors, la voiture envoyée par Mathilda l'attendait déjà. Rentrer chez elle pour se préparer avait été un choix qu'
L'effervescence qu'il y avait à Long Island aujourd'hui lui donnait le tournis. Comment expliquer qu'il avait en horreur les préparatifs d'une soirée mondaine ? Il était arrivé très tôt ce matin après avoir été récupérer Clara à l'aéroport pour la ramener au manoir. Des ouvriers couraient dans tous les sens. Les tables étaient livrées de ce côté, les chaises de l'autre ainsi que les pieds d'estales qui accueilleraient les compositions florales de demain. Et parmi tout cela, il y avait elle. Darline, au milieu, avait tout supervisé comme la brillante organisatrice qu'elle était. Elle donnait des ordres précis sans jamais se mettre en colère. Elle répondait au téléphone toutes les cinq minutes avec sa maman au balcon, observant la scène avec minutie. - L'honneur de la famille McDonald est en jeu, Collin, ne l'oublie pas. C'est le message qu'elle lui avait transmis quelques jours plus tôt, alors qu'il prétendait ne pas pouvoir être là la veille pour terminer les préparatifs. En
Après ces quatre jours de silence, et cette conversation profonde qui l'avait chamboulée, les messages avaient trouvé leur rythme, comme une douce régularité qui s'était installée avec le temps.Darline ne saurait dire exactement quand c'était devenu une habitude. À quel moment précisément tout avait basculé ! Mais il n'y avait pas eu de décision à proprement dire, juste des messages qui s'étaient glissés entre deux rendez-vous professionnels, deux mails, deux obligations. Des phrases simples, parfois écrites tard dans la nuit ou tôt le matin. Et entre les deux, des silences qui n'avaient plus rien d'inquiétant.Ce qui la troublait le plus, ce n'était pas l'intensité de ces échanges, mais la façon déconcertante et naturelle dont ils s'étaient glissés dans son quotidien, comme s'ils avaient toujours été là, attendant simplement qu'elle accepte enfin de les voir.Le vouvoiement avait lui aussi laissé place à un tutoiement assumé des deux côtés, sans que cela devienne dérangeant ou inqui
Le halo de lumière qui traversait la baie vitrée de l'appartement lui indiqua immédiatement qu'il serait à la bourre pour sa première réunion de la matinée. Comme à son habitude, le loft était impeccable, presque trop sûrement. Rien ne traînait jamais. En même temps, il détestait le désordre qui ri
— Je vous remercie, monsieur McDonald.— Appelez-moi Collin.Darline hocha la tête, puis reprit, un peu plus assurée :— J'ai également pensé à un cadeau mystère par invité. À chaque convive, nous pourrions attribuer un numéro. Ainsi, chaque convive aurait un numéro mystère correspondant à quelqu'u
Quatre jours,Il y a maintenant quatre jours qu'il avait posé cette question trop franche pour être simplement anodine. Elle était personnelle au point où elle n'avait pas eu le courage de répondre, elle avait donc ignoré. Aujourd'hui, elle se sentait coupable et se disait qu'elle aurait pu répond
— Maman ?Mathilda soupira brièvement avant d'achever sa gorgée de thé dans un calme olympien.Elle ne l'avait pas encore rencontré ; pourtant, l'intonation de sa voix ne lui était guère agréable. Même si elle était restée calme, Darline avait su déceler chez Mathilda une tension qu'elle tentait de






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