LOGINChapitre 80
Elias
La nouvelle me parvint un matin par l'intermédiaire de Martine, qui entra dans mon bureau avec cette expression un peu solennelle qu'elle arborait quand elle avait une information importante à me communiquer et qu'elle savait que cette information n'allait pas me plaire. Elle déposa sur mon bureau une revue professionnelle ouverte à la page des annonces, et je lus le titre qui s'étalait en caract&eg
Chapitre 99LinaLa télévision reste allumée dans le salon, et je me tiens debout, incapable de m'asseoir, incapable de détacher mon regard de l'écran où son visage apparaît, grave, déterminé, plus beau que jamais dans cette lumière froide des projecteurs. Mon cœur bat trop vite, mes mains sont moites, et je sens la peur et l'espoir se mêler dans ma poitrine comme deux courants contraires. Nathan se tient derrière moi, silencieux, mais je devine sa tension, son inquiétude.Elias s'avance vers le micro, le regard fixe, les mâchoires serrées, et je retiens mon souffle._ Mesdames et messieurs, je serai bref.Sa voix grave emplit la pièce, et je frissonne malgré moi._ Depuis quelques jours, des articles mensongers circulent au sujet de mon &
Chapitre 98EliasL'article me brûle les doigts, et je le froisse d'un geste sec avant de le jeter sur mon bureau. Les mots me poursuivent, ignobles, et je sens la fureur monter en moi comme une lave, incontrôlable, prête à tout consumer sur son passage. On ose salir Lina, on ose traîner son nom dans la boue, on ose prétendre qu'elle m'a piégé, qu'elle en voulait à ma fortune, qu'elle n'est qu'une intrigante. Et moi, je reste là, impuissant, à lire ces horreurs comme si je n'étais pas l'homme qui l'aime, comme si je n'étais pas celui qui l'a brisée et qui ferait tout pour réparer ses torts._ Martine ! hurlé-je en décrochant le téléphone. Convoquez-moi le service juridique. Immédiatement.Elle ne pose pas de questions. Quelques minutes plus tard, trois avocats entren
Chapitre 97LinaLes bureaux de Phénix sont en ébullition quand j'arrive. Les visages se tournent vers moi, des regards lourds de questions, de doutes, et je sens le poids du scandale s'abattre sur mes épaules comme une chape de plomb. Je traverse l'open space sans m'arrêter, le dos droit, le menton levé, mais à l'intérieur, tout tremble. Nathan m'a proposé de rester chez lui, de ne pas venir, de le laisser gérer, mais je ne peux pas me cacher. Pas cette fois.La porte de mon bureau se referme à peine que Martine, l'assistante que Nathan a engagée, frappe et entre, le visage pâle._ Madame, il y a des partenaires qui attendent dans la salle de réunion. Ils insistent pour vous parler._ J'arrive.Je prends une profonde inspiration, lisse ma robe d'un geste nerveux, et je m
Chapitre 96LinaL'article me saute au visage un matin comme une bête tapie dans l'ombre, et je reste pétrifiée au-dessus de la table de la cuisine, les doigts crispés sur le journal que Nathan a laissé traîner. Le titre s'étale en lettres grasses, ignoble, et mon sang se glace dans mes veines. « L'épouse Moreau a piégé son mari : la grossesse qui sent le chantage ». Je lis les premières lignes, puis les suivantes, et chaque mot me frappe comme une gifle. On y raconte que j'aurais délibérément séduit Elias, que je l'aurais piégé avec une grossesse non désirée, que je n'en voulais qu'à sa fortune, à son nom, à sa position. On y parle de ma fuite de Bordeaux, de mon ancien fiancé, de mes prétendues manigances. On y tord chaque fait, chaque intention, jusqu'à fai
Chapitre 95DianeLa nouvelle me frappe comme une gifle en plein visage, et je reste figée au milieu de mon salon, le téléphone encore collé à l'oreille, l'esprit en feu. Elias est allé chez Phénix. Elias s'est rendu dans les bureaux de cette maison d'édition que j'apprends à haïr chaque jour un peu plus, et il a demandé à voir Lina. Elle l'a reçu. Elle lui a parlé. Il est reparti, dit mon informateur, défait, mais pas brisé. Et cela, c'est pire que tout. Il ne renonce pas. Il retourne vers elle, encore et encore, comme un chien battu qui revient toujours aux pieds de son maître.Je remercie mon interlocuteur d'une voix glaciale, je raccroche, et je reste là, debout, les poings serrés, le cœur battant si fort que je l'entends dans mes tempes. La jalousie me submerge, brutale, animale, et
Chapitre 94NathanJ'ai tout entendu. Chaque mot, chaque silence, chaque sanglot étouffé derrière la porte du bureau de Lina. Je suis resté là, figé, les poings serrés, le cœur en feu, à écouter Elias déposer son armure comme on dépose les armes après une bataille perdue. Il lui a dit des choses que je n'aurais jamais cru possibles de la part d'un homme comme lui. Des choses sur son enfance, sur son père, sur cette peur viscérale qui le ronge. Et Lina, ma Lina, lui a répondu avec une froideur qui m'a à la fois soulagé et effrayé.Quand la porte s'ouvre et qu'Elias sort, défait, je m'écarte pour le laisser passer. Nos regards se croisent une fraction de seconde, et je vois dans ses yeux une douleur si profonde que j'en ressens presque de la pitié. Presque. Puis il s'&eacu
Chapitre 3LinaLa pluie commence à tomber au moment précis où la voiture s'arrête devant mon immeuble, comme si le ciel avait attendu cet instant pour se mettre en accord avec mon âme. De grosses gouttes tièdes s'écrasent sur le pare-brise, brouillant la façade familière de cette maison qui était
Chapitre 2LinaLa matinée du mariage se lève sur Bordeaux dans une explosion de lumière dorée, comme si le ciel lui-même voulait me rappeler que tout devrait être parfait aujourd'hui. Je m'éveille avec cette sensation étrange qui précède les grands jours, ce mélange d'excitation et d'angoisse qui
Chapitre 1LinaLa lumière de cette fin d'après-midi caresse les façades bordelaises avec une douceur presque irréelle, et je me surprends à penser que le monde entier s'est mis en beauté pour moi. La robe est suspendue dans son écrin de soie, masse immaculée de tulle et de dentelle qui semble resp
Chapitre 5LinaTrois jours que je suis enfermée dans cette chambre. Trois jours que je regarde la mer sans la voir vraiment, que j'écoute les vagues sans les entendre, que je tourne en rond dans cette suite trop grande comme un animal en cage qui aurait oublié comment on respire l'air libre. Le ch







