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CHAPITRE 6 : Traque Dans La Nuit

Penulis: Plumas
last update Tanggal publikasi: 2026-04-08 20:17:55

Quelques heures plus tard.

Emilio Torres n’avait pas quitté son téléphone des yeux.

L’écran s’éteignait, se rallumait, encore et encore. Rien. Toujours rien.

Il tira une longue bouffée de cigarette, les nerfs tendus, puis se mit à faire les cent pas dans la pièce. Le silence pesait lourd, presque étouffant. Chaque seconde qui passait creusait davantage son impatience.

Cet appel devait venir. Il "devait" venir.

Soudain, une vibration.

Sèche. Brutale.

Emilio s’immobilisa net.

Son cœur accéléra sans prévenir. Il glissa la main dans sa poche, déjà convaincu de l’identité de l’appelant. Et lorsqu’il jeta un coup d’œil à l’écran, un léger sourire étira ses lèvres.

Agustino Lopez.

Sans perdre une seconde, il décrocha et porta le téléphone à son oreille.

— Il est enfin arrivé ? lança-t-il, sans même prendre la peine de saluer.

Un court silence. Puis :

— Oui… la cargaison est arrivée.

Ces quelques mots suffirent.

Le regard d’Emilio changea instantanément. Plus dur. Plus vif.

— Parfait. J’arrive.

Il raccrocha aussitôt, écrasant sa cigarette à moitié consumée contre le mur avant de la laisser tomber au sol. Puis, sans réfléchir davantage, il se dirigea d’un pas rapide vers la porte.

Il l’ouvrit brusquement.

À l’intérieur, l’atmosphère était lourde. Des hommes, dispersés dans la pièce, levèrent la tête en même temps. Les conversations s’éteignirent d’un coup, comme étouffées par une présence invisible.

Mais Emilio ne regarda personne.

Son objectif était déjà fixé.

Au fond de la pièce, assis derrière un large bureau sombre, se tenait Alexandro Cruz.

Immobile.

Silencieux.

Mais terriblement présent.

Emilio s’approcha, s’arrêta à quelques pas, puis déclara d’une voix ferme :

— Maître… Agustino vient de m’appeler. Il a l’homme. Et la cargaison est avec lui.

Un silence.

Court.

Mais suffisant pour faire monter la tension d’un cran.

Puis Alexandro leva lentement les yeux.

Et dans ce regard… il n’y avait rien de calme.

— Pas de temps à perdre.

Sa voix tomba, froide et tranchante.

Il se leva.

— Tout le monde en voiture.

Les hommes se redressèrent aussitôt.

— Vous allez me le ramener. Maintenant.

Un léger temps. Puis sa mâchoire se crispa.

— Personne ne touche à ce qui m’appartient. Personne.

Il contourna lentement son bureau, s’approchant de ses hommes.

— S’il faut lui briser la mâchoire pour le faire parler… faites-le.

Un silence glacial s’abattit sur la pièce.

C’était rare.

Très rare qu’Alexandro parle autant.

Et quand cela arrivait… ce n’était jamais bon signe.

Emilio baissa légèrement la tête.

— Bien, maître.

Sans un mot de plus, il se retourna. Derrière lui, les hommes emboîtèrent le pas, massifs, déterminés, silencieux.

Personne ne discutait.

Personne n’osait.

Parce que dans ce monde… contester un ordre d’Alexandro Cruz revenait à signer sa propre condamnation.

Quelques secondes plus tard, la porte claqua.

Dehors, les moteurs rugirent les uns après les autres.

Et à travers la vitre, resté seul dans la pénombre, Alexandro observait.

Son regard brillait.

Froid.

Implacable.

Il resta debout, immobile, face à la vitre.

Dehors, les phares perçaient la nuit les uns après les autres, dessinant une file lumineuse qui s’éloignait rapidement du bâtiment. Les moteurs grondaient encore, puis peu à peu, le silence reprit ses droits.

Alexandro ne bougea pas.

— Mon territoire… personne… je dis bien personne… ne viendra me l’arracher.

Sa voix était basse, presque étouffée, mais chargée d’une colère froide.

Sa mâchoire se contracta.

Il finit par se détourner, rejoignit son bureau d’un pas lent, maîtrisé. Il ouvrit un tiroir, en sortit une cigarette et l’alluma sans précipitation. La flamme vacilla un instant, éclairant brièvement son regard dur.

Il tira une première bouffée.

Longue.

Profonde.

Puis laissa la fumée s’échapper lentement, envahissant la pièce comme un voile épais. L’air devint lourd, presque suffocant.

Il contourna son bureau et se rassit, croisant les doigts devant lui.

Silencieux.

Mais son esprit, lui, bouillonnait.

***

Pendant ce temps, la nuit avalait les véhicules lancés à pleine vitesse.

Les routes étaient presque désertes, baignées par une lumière pâle, filtrée par la lune. Le vent sifflait contre les carrosseries, et seuls les moteurs brisaient le calme nocturne.

En tête du convoi, Emilio serrait le volant.

Son regard ne quittait pas la route.

Le compteur grimpait.

Toujours plus haut.

Il n’avait pas le droit à l’erreur.

Pas cette fois.

Parce qu’il connaissait Alexandro.

Trop bien.

Rater une cible comme celle-ci… ce n’était pas une simple faute.

C’était une disparition.

Pure et simple.

Il inspira profondément, sans ralentir.

— Accrochez-vous… murmura-t-il entre ses dents.

Derrière lui, les autres véhicules suivaient, parfaitement alignés, disciplinés, comme une meute silencieuse prête à frapper.

Dix minutes plus tard.

Les phares éclairèrent la façade d’un grand immeuble, imposant, plongé dans une obscurité presque totale.

Les véhicules ralentirent un à un.

Puis les moteurs s’éteignirent.

Le silence retomba.

Brutal.

Une minute passa.

Puis deux.

Personne ne parlait.

Même l’air semblait suspendu.

Trois minutes.

Soudain…

Un grincement métallique fendit la nuit.

Le grand portail s’ouvrit lentement.

Tous les regards se figèrent.

Depuis l’intérieur de la cour, une grosse voiture noire s’avança, ses phares allumés, traçant une ligne droite vers la sortie.

Emilio plissa les yeux.

Son regard se posa sur la plaque d’immatriculation.

Une fraction de seconde.

Puis…

Un léger sourire, froid, presque satisfait.

Exact.

C’était la même.

La même que ce matin.

La cible.

Sans un mot, il sortit légèrement la tête par la fenêtre et fit un simple geste de la main.

Un signal.

Clair.

Précis.

Immédiat.

Les moteurs se rallumèrent, mais cette fois… sans bruit excessif. Calculés. Contrôlés.

Un à un, les véhicules se mirent en mouvement.

Lentement.

Discrètement.

Ils s’insérèrent dans la nuit… juste derrière la voiture à la plaque B-Z1324-5.

La chasse venait de prendre une nouvelle forme.

Plus silencieuse.

Plus dangereuse.

Et surtout…

Inévitable.

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