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CHAPITRE QUATRE

Author: Jenny reeds
last update publish date: 2026-08-19 04:11:25

Le poids de ce que je sais, Isabella n'a pas beaucoup dormi la première semaine, et cela n'avait rien à voir avec le lit étrange ou l'étranger qui dormait sur la chaise en face. 

C'était le secret. Il était assis sous ses côtes toutes les heures de veille, certains matins plus lourds que d'autres, et elle commençait à comprendre que le porter n'était pas une seule décision qu'elle avait prise une fois dans le bureau de son père. En fait, être quelqu'un avec qui vaut la peine d'être honnête. 

Elle détestait combien de fois cela commençait à arriver. Elle trouva Marco dans la cuisine presque tous les matins, toujours positionnée comme s'il l'attendait, regardant toujours avec la même énergie agitée et calculatrice qui lui donnait envie de revérifier chaque mot avant qu'elle ne le dise. "Tu as été silencieux," dit-il un matin, pas vraiment une question. "Je suis mariée depuis une semaine à un homme que j'ai rencontré deux fois avant le mariage. Je pense que le calme est généreux." "Bien sûr." Il ne la croyait pas, pas tout à fait, mais il a laissé tomber cette fois, ce qui était en quelque sorte pire que s'il avait poussé. "Juste pour que vous le sachiez, Damien ne laisse généralement pas les gens entrer aussi rapidement. Quoi que vous fassiez pour le garder intéressé, je ferais attention à ce sujet." "Je ne fais rien." "C'est généralement comme ça que ça commence." Il sourit, mince et peu convaincu, et la laissa debout, retournant ses mots.

Elle avait découvert l'existence de ces documents par hasard, comme c'était souvent le cas dans cette maison : de manière détournée, par une porte entrouverte.

Damien se trouvait dans le bureau avec une femme qu'Isabella ne reconnaissait pas, plus âgée, en tailleur élégant, un dossier ouvert sur le bureau entre eux.

« — Les dossiers de sécurité Voss de cette période », disait la femme. « S'ils existent encore sous forme papier, ils sont aux archives, pas numérisés. La numérisation n'a commencé que… »

« Je sais. » La voix de Damien était sèche, contrôlée de cette façon si particulière qui, elle le comprenait, signifiait qu'il ne souhaitait absolument pas avoir cette conversation. « Il me faut quelqu'un qui a les droits d'accès. Quelqu'un dont la présence dans ce bâtiment ne susciterait pas de questions. »

L'estomac d'Isabella se noua avant même qu'elle ait réalisé ce qu'elle entendait. Les dossiers de sécurité Voss. La même période dont son père avait parlé. Les mêmes documents qui prouveraient – ou réfuteraient – tout ce qu'il lui avait avoué dans ce bureau une semaine auparavant.

Elle recula de la porte avant qu'ils ne la remarquent, le cœur battant la chamade, et ne reprit son souffle qu'à trois couloirs de là.

Il cherchait des preuves. Des preuves concrètes, tangibles, irréfutables de ce que son père avait fait. Ce qui signifiait que quel que soit le moyen de pression qu'il détenait – quel qu'il ait été pour imposer ce mariage – ne suffirait pas à mener à bien ce qu'il voulait vraiment.

Ce qui signifiait que ce n'était pas fini. Loin de là.

✦

Ce soir-là, elle le trouva de nouveau dans le bureau. La femme avait disparu, il ne restait que Damien et un verre qu'il ne buvait pas, comme tous les soirs. Elle resta plus longtemps que d'habitude sur le seuil, rassemblant son courage pour dire quelque chose, n'importe quoi, qui pourrait lui en apprendre davantage sans révéler ce qu'elle savait déjà.

« On dirait que tu as quelque chose à dire », dit Damien sans lever les yeux.

 « Vous travaillez toujours ? Même le soir, même maintenant ? »

« Dans mon métier, il n'y a pas vraiment de "même maintenant". » Il posa son stylo et l'observa avec la même attention soutenue qu'à son habitude. « Quelque chose vous tracasse, Isabella ? »

« Vous n'imaginez pas à quel point », pensa-t-elle. « J'ai entendu dire que quelqu'un vous aidait pour… des recherches. Dans de vieilles archives. »

Une lueur traversa son visage – pas de l'inquiétude, à proprement parler, plutôt une sorte de réajustement. « Affaires professionnelles. Rien qui vous concerne. »

« Tout dans cette maison finit par me concerner », dit-elle. « Qu'on me le dise ou non. »

Un instant, elle crut être allée trop loin. Puis, soudain, son expression s'adoucit.

« Il y a des choses d'avant votre arrivée que j'essaie encore de comprendre », dit-il doucement. « De vieilles affaires. De vieux chagrins, pour être honnête, et j'essaie de l'être davantage ces derniers temps, pour des raisons que je n'ai pas encore complètement élucidées. » Son regard s'attarda un instant de trop sur le sien. « Ça ne te concerne pas. Pas encore. Je te le dirais si c'était le cas. »

« Ça me concerne déjà », pensa-t-elle, les mots lui montant si vite qu'elle faillit les prononcer à voix haute. « Ça me concerne depuis bien avant ta demande en mariage. »

Elle ne le dit pas. Elle se contenta d'un sourire timide et peu convaincant, même à ses propres yeux, et s'excusa avant que la culpabilité qui lui pesait sur les côtes ne lui monte plus à la gorge.

Derrière elle, elle ne vit pas le regard que Damien lui lançait : troublé, pensif, comme un homme qui venait de raconter une version de la vérité si soigneusement remaniée qu'elle en devenait presque insignifiante, et qui s'en voulait un peu.

Sans encore comprendre que la femme à qui il venait de mentir lui faisait exactement la même chose.

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