LOGINSon père était vivant. Secoué, furieux, refusant d'appeler la police, mais vivant. Les hommes de Damien étaient arrivés au bureau en vingt minutes et l'avaient trouvé exactement là où la photo le montrait : endormi à son bureau, ignorant totalement qu'on l'avait photographié.
« C'est bien le but », dit Damien d'un ton sombre, arpentant son bureau tandis qu'Isabella, figée sur sa chais
Isabella lut le message quatre fois avant d'en saisir pleinement le sens, son pouce planant inutilement au-dessus de l'écran, comme si elle tentait par tous les moyens de donner aux mots une signification moins dévastatrice.Maintenant qu'il sait ce que tu lui as caché, je me demande combien de temps il lui faudra pour décider que tu n'es plus digne de confiance. Le timing est parfait, tu ne trouves pas ?Le timing est parfait. Ce n'est pas une remarque sur la malchance. C'est une confession.Elle resta assise longuement sur le sol du couloir, le dos contre le mur froid, les bras enlacés autour des genoux, et s'efforça de réfléchir au lieu de s'effondrer complètement, car s'effondrer ne changerait rien et une petite voix obstinée en elle refusait encore de laisser Kessler gagner ce soir, plus que jamais.Le dossier. Abîmé par l'eau, incomplet, laissé ouvert sur le bureau de Damien le soir même où elle s'était aventurée seule dans le bureau. Elle avait supposé que c'était de la néglige
L'esprit d'Isabella s'emballait ; elle cherchait désespérément une version de la vérité qui ne lui coûterait pas tout, sans en trouver aucune. Sa poitrine se soulevait, son pouls tambourinait frénétiquement contre ses côtes et, pendant une seconde de désespoir, elle envisagea de mentir encore — un mensonge de plus, assez anodin pour gagner du temps. Mais le regard de Damien était déjà braqué sur elle, dans l'attente, et elle comprit qu'aucun mensonge ne résisterait à la page qui tremblait encore dans sa main.— Je l'ai trouvée ce soir, dit Isabella, les mots se bousculant trop vite. À l'instant même. Je te le jure, Damien, je viens tout juste de découvrir cette page précise...— Ce n'est pas ce que j'ai demandé. Sa voix s'était faite dangereusement calme, plus basse qu
Son père était vivant. Secoué, furieux, refusant d'appeler la police, mais vivant. Les hommes de Damien étaient arrivés au bureau en vingt minutes et l'avaient trouvé exactement là où la photo le montrait : endormi à son bureau, ignorant totalement qu'on l'avait photographié.« C'est bien le but », dit Damien d'un ton sombre, arpentant son bureau tandis qu'Isabella, figée sur sa chaise en face de lui, tremblait encore du trajet en voiture, les mains crispées sur une tasse de thé qu'elle n'avait pas touchée. « Kessler voulait nous faire comprendre qu'il pouvait s'approcher aussi près sans que personne ne le remarque. Ce n'est pas une menace pour la sécurité de ton père. C'est une démonstration. »« Une démonstration de quoi ? »« Qu'il peut vo
Le gala était une idée de Damien, ce qui la surprit. Après des semaines de discrétion et d'autorisations soigneusement calculées, c'était lui qui lui avait proposé de l'accompagner à un gala de charité en ville, vêtue comme elle le faisait autrefois pour ce genre d'événements, quand elle était encore libre de ses mouvements.« C'est un risque », admit-il en ajustant ses boutons de manchette devant le miroir, tandis qu'elle l'observait depuis l'embrasure de la porte, le vert profond de sa robe captant la faible lumière. « Mais Kessler sera là. Et je préfère observer ce qu'il fait avec toi dans la salle plutôt que de me demander ce qu'il mijote en ton absence. »« Ce n'est pas rassurant. »« Non », acquiesça-t-il en la regardant dans le miroir. &l
Isabella ne dit rien à Damien des paroles de son père. Ni ce soir-là, ni le lendemain matin, ni pendant les trois jours où elle les rumina sans cesse, jusqu'à ce qu'elles en deviennent lassantes et nauséabondes à force d'être répétées. Des gens à qui je dois des comptes. Des gens qui se moquent bien de ce qui t'arrive.Elle s'était engagée dans ce mariage en pensant être un moyen de pression. Ce n'est qu'après cette conversation qu'elle avait compris qu'elle était peut-être devenue une cible.Un soir, elle trouva Damien plus tard que d'habitude, non pas dans le bureau, mais dans la petite pièce donnant sur la terrasse arrière qu'elle n'avait vue qu'une seule fois auparavant : la chambre de son père. Un fauteuil en cuir usé, un vieux disque vinyle diffusant une musique douce et nonchalante. Il
Sortir de la maison lui avait demandé trois coups de fil, un mensonge à Rosa concernant un rendez-vous chez le médecin, et un chauffeur qui avait manifestement reçu l'ordre de la suivre partout. Mais Damien lui avait promis la liberté de partir sur simple préavis, et pour une fois, elle comptait bien en profiter avant que quiconque n'ait le temps de changer d'avis.Le bureau de son père était resté inchangé. Le même bureau en acajou, la même vue sur la ville, la même photo encadrée de sa mère, légèrement inclinée vers son fauteuil. Mais son visage avait changé dès qu'il l'avait vue: il avait pâli instantanément, comme un homme dont la facture arrivait enfin à échéance.«Isabella.» Il se leva brusquement, faisant tomber son stylo du bureau. &laq







