LOGINIsabella Voss a une semaine pour devenir l'épouse d'un inconnu. Le soir où son père lui révèle les raisons de ce mariage, elle découvre la vérité qu'il lui a cachée pendant huit ans : un homme est mort à cause de lui, et le fils de cet homme est celui qu'elle s'apprête à épouser. Damien Castellano ne veut pas d'épouse. Il veut des preuves, et la fille du PDG est le seul moyen de percer les murs que son ennemi a mis des années à ériger. Ce qui commence par deux mensonges mutuels, de l'autel jusqu'au mariage, se transforme peu à peu en une situation imprévue. Mais lorsque la vérité qu'Isabella a dissimulée se heurte à celle que Damien poursuit, ils devront tous deux décider si leur relation pourra survivre à ce qu'ils se sont cachés.
View MoreIsabella était encore à son bureau quand son père appela, peu avant minuit.
Le bureau s'était vidé depuis des heures. Elle fixait la même projection trimestrielle depuis vingt minutes, les chiffres se confondant les uns dans les autres, quand son téléphone s'alluma sur le bureau à côté d'elle.
Papa.
Elle faillit ne pas répondre. D'habitude, il envoyait des SMS ou attendait le lendemain matin. Les appels à minuit, ce n'était pas son genre – il le lui avait appris lui-même des années auparavant : ne jamais appeler pour annoncer de mauvaises nouvelles la nuit. Laisser les gens dormir pour régler ce qu'ils ne pouvaient pas encore faire.
Alors, un appel à minuit signifiait maintenant une seule chose. Quoi que ce soit, il ne pensait pas que cela puisse attendre.
« Papa ? »
« Isabella. » Juste son nom, et quelque chose dans la façon dont il le prononça lui hérissa les poils des bras. Sa voix était étrange. Calme, mais étrange. « J'ai besoin que tu viennes à la maison. Ce soir. »
« Il est minuit. Ça peut attendre demain matin ? »
« Non. » Un seul mot, sec et définitif. Son père ne disait jamais non comme ça. Pas à elle. « S'il te plaît. Viens. »
Elle attrapait déjà son manteau avant même d'avoir pleinement accepté de partir.
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La maison était étrangement silencieuse à son arrivée. Pas de personnel, pas d'assistant, juste une lumière qui brillait dans le bureau au bout du couloir. Elle trouva son père derrière son bureau, seul, un verre ambré intact devant lui. Il n'avait pas ôté sa veste. Il avait l'air d'un homme assis là depuis des heures, rassemblant son courage pour faire quelque chose qu'il ne pouvait plus repousser.
Il paraissait plus vieux qu'elle ne l'avait jamais vu.
« Papa, tu me fais peur. Que s'est-il passé ? »
« Assieds-toi, Isabella. »
« Je ne veux pas m'asseoir. Dis-moi ce qui se passe. »
Il ne protesta pas. Il la regarda simplement – comme on regarde quelqu'un juste avant de lui prendre quelque chose – et lui dit les choses clairement.
« Tu vas te marier. Cette semaine. Avec un homme nommé Damien Castellano. »
Un instant, elle crut avoir mal entendu. « Quoi ? »
« Tu ne le connais pas », dit son père avant même qu'elle ait pu poser la question. « Mais tu dois comprendre pourquoi tout cela arrive, et je ne vais pas te mentir, car tu mérites mieux qu'un autre mensonge. » Ses mains tremblaient autour du verre qu'il n'avait toujours pas touché. « Il y a huit ans, j'ai pris une décision qui a coûté la vie à un homme. Il s'appelait Antonio Castellano. Le père de Damien. »
La pièce sembla pencher autour d'elle. « De quoi parlez-vous ? »
« Il y avait un chantier. Un partenariat entre nos entreprises. J'ai découvert que le chantier n'était pas sûr – que des gens risquaient de mourir si nous ouvrions comme prévu – et au lieu d'arrêter les travaux, j'ai laissé Antonio les mener à bien, car ralentir aurait compromis le contrat. » Sa voix était désormais monocorde, dépouillée de tout sauf des faits. « Il est mort dans un accident qui n'en était pas vraiment un. Je ne l'ai pas forcé. Je n'en avais pas besoin. Je n'ai tout simplement pas arrêté les travaux alors que j'aurais pu. Et j'ai passé huit ans à m'assurer que personne ne découvre jamais que j'aurais pu. »
Isabella resta muette. La pièce lui parut très lointaine.
« Damien l'a découvert », poursuivit son père. « Je ne sais pas comment, ni combien il a, mais c'est suffisant. Il est venu me voir il y a trois semaines et m'a donné une seule solution pour étouffer l'affaire et éviter que cette entreprise – tout ce que ta mère et moi avons construit – ne s'effondre sous un scandale qui nous anéantirait tous les deux. »
« Moi. » Le mot sortit à peine. « Tu es en train de me dire que tu as fait tuer un homme, et maintenant tu me livres à son fils pour qu'il couvre le crime ? »
« Je te demande de sauver cette famille de quelque chose que j'ai brisé. » Sa voix se brisa, la première véritable émotion qu'il laissa transparaître de toute la soirée. « Je sais qu'il n'y a pas d'autre façon de me présenter que ce que je suis. J'ai juste besoin que tu comprennes : il ne s'agit pas d'un moyen de pression suite à une mauvaise affaire. Un homme est mort à cause d'un choix que j'ai fait. Et je demande à ma fille d'épouser son fils pour que nous n'ayons pas à en payer le prix. »
Isabella resta figée sur le seuil de la seule maison qu'elle ait jamais connue, fixant un père qu'elle ne reconnaissait plus tout à fait.
« Est-ce qu'il sait que je sais ? » demanda-t-elle. « Damien. Est-ce qu'il sait que tu me dis la vérité, ou est-ce qu'il pense que je vais entrer là-dedans en croyant n'importe quelle histoire que tu m'as racontée ? »
« Je ne sais pas ce qu'il s'attend à ce que tu croies. » Son père croisa enfin son regard. « Je sais seulement ce que je te dois : la vérité, même à cette heure tardive, même maintenant. Ce que tu en feras – si tu le lui dis, si tu me hais pour ça – c'est ton choix. Je t'ai déjà assez pris ce soir. »
« Et si je dis non ? Si je refuse de l'épouser ? »
« Alors il divulgue ce qu'il détient, cette entreprise s'effondre, et ce ne sera pas seulement mon nom qui sera associé à la mort d'Antonio Castellano. Ce sera celui de toute la famille. Tout ce pour quoi ta mère a travaillé, parti en fumée, et tous ceux qui travaillent pour nous avec. » Il la regarda, le visage vide, résigné. « Je ne survivrai pas à ce qui suivra. Je ne crois pas que j'en aie envie. »
Ils restèrent longtemps silencieux. Dehors, le vent se levait contre les fenêtres.
Elle finit par s'asseoir, non pas parce qu'il le lui avait demandé, mais parce que ses jambes ne la portaient plus. Sous le choc, une pensée plus aiguë germait déjà : elle allait épouser un homme dont le père avait été laissé mourir par le sien – et il n'imaginait pas tout ce qu'elle savait déjà en entrant.
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Trois semaines plus tôt
Richard Voss s'attendait à ce que Damien Castellano vienne à son bureau avec des menaces. Il ne s'attendait pas à ce qu'il vienne avec des documents.
« Je ne suis pas là pour te détruire », dit Damien en posant un mince dossier sur le bureau entre eux, sans l'ouvrir. « Pas encore. Je suis là pour t'expliquer comment ça va se passer. »
« Tu as dit avoir des preuves. » La voix de Richard était plus assurée qu'il ne l'était. « Si tu as des preuves, utilise-les. Ruine-moi. C'est bien le but, non ? »
« J'en ai assez pour en être certain », répondit Damien. « Mais pas encore assez pour survivre à un procès, ni pour convaincre un conseil d'administration qui préfère croire un scandale plutôt qu'un inconnu. Votre entreprise a passé huit ans à enterrer des documents que je dois voir : des notes internes, des rapports de sécurité, la chaîne d'e-mails où quelqu'un a décidé que la vie de mon père valait moins qu'un délai de construction. Tu y as accès. Pas moi. Pas sans un mandat qu'aucun juge de cette ville ne signerait pour un homme comme moi. »
Richard ne dit rien. Ses mains, jointes sur le bureau, étaient devenues blanches aux jointures.
« Alors voilà ce qui va se passer », poursuivit Damien d'une voix calme et posée. « Votre fille m'épouse. C'est une alliance commerciale, pour le moins que les personnes extérieures à cette pièce n'aient besoin de savoir : deux entreprises qui fusionnent, rien de plus. Cela me donne une raison d'être dans votre monde sans que personne ne pose de questions. Cela me donne du temps. Et cela vous donne l'occasion de préserver votre réputation d'un scandale qui anéantirait votre entreprise et votre liberté, tant que vous m'êtes utile. »
« Et si je refuse ? »
« Alors je perds patience. » Damien se leva, boutonna sa veste et se dirigea déjà vers la porte. « Je préférerais éviter les ennuis, Richard. Mais j'ai déjà enterré mon père discrètement une fois. Je sais comment faire à nouveau, s'il le faut, au nom d'un autre. »
Il partit sans attendre de réponse, car il la connaissait déjà. Les hommes comme Richard Voss ne choisissaient pas leurs filles au détriment de leur propre survie.
Ce que Damien n'a pas vraiment examiné en quittant ce bureau, c'était la raison plus discrète, plus profonde, qui se cachait derrière la raison pratique : une part de lui souhaitait que Richard Voss voie quelqu'un qu'il aimait subir les conséquences de ses choix, comme Damien avait été contraint de les subir lui-même, jour après jour, pendant huit ans.
Il se répétait que là n'était pas la question. Il se répétait que ce n'était qu'une stratégie, rien de plus.
Il n'était pas tout à fait honnête avec lui-même à ce sujet.
Et il ne le serait pas. Pas avant longtemps
Isabella lut le message quatre fois avant d'en saisir pleinement le sens, son pouce planant inutilement au-dessus de l'écran, comme si elle tentait par tous les moyens de donner aux mots une signification moins dévastatrice.Maintenant qu'il sait ce que tu lui as caché, je me demande combien de temps il lui faudra pour décider que tu n'es plus digne de confiance. Le timing est parfait, tu ne trouves pas ?Le timing est parfait. Ce n'est pas une remarque sur la malchance. C'est une confession.Elle resta assise longuement sur le sol du couloir, le dos contre le mur froid, les bras enlacés autour des genoux, et s'efforça de réfléchir au lieu de s'effondrer complètement, car s'effondrer ne changerait rien et une petite voix obstinée en elle refusait encore de laisser Kessler gagner ce soir, plus que jamais.Le dossier. Abîmé par l'eau, incomplet, laissé ouvert sur le bureau de Damien le soir même où elle s'était aventurée seule dans le bureau. Elle avait supposé que c'était de la néglige
L'esprit d'Isabella s'emballait ; elle cherchait désespérément une version de la vérité qui ne lui coûterait pas tout, sans en trouver aucune. Sa poitrine se soulevait, son pouls tambourinait frénétiquement contre ses côtes et, pendant une seconde de désespoir, elle envisagea de mentir encore — un mensonge de plus, assez anodin pour gagner du temps. Mais le regard de Damien était déjà braqué sur elle, dans l'attente, et elle comprit qu'aucun mensonge ne résisterait à la page qui tremblait encore dans sa main.— Je l'ai trouvée ce soir, dit Isabella, les mots se bousculant trop vite. À l'instant même. Je te le jure, Damien, je viens tout juste de découvrir cette page précise...— Ce n'est pas ce que j'ai demandé. Sa voix s'était faite dangereusement calme, plus basse qu
Son père était vivant. Secoué, furieux, refusant d'appeler la police, mais vivant. Les hommes de Damien étaient arrivés au bureau en vingt minutes et l'avaient trouvé exactement là où la photo le montrait : endormi à son bureau, ignorant totalement qu'on l'avait photographié.« C'est bien le but », dit Damien d'un ton sombre, arpentant son bureau tandis qu'Isabella, figée sur sa chaise en face de lui, tremblait encore du trajet en voiture, les mains crispées sur une tasse de thé qu'elle n'avait pas touchée. « Kessler voulait nous faire comprendre qu'il pouvait s'approcher aussi près sans que personne ne le remarque. Ce n'est pas une menace pour la sécurité de ton père. C'est une démonstration. »« Une démonstration de quoi ? »« Qu'il peut vo
Le gala était une idée de Damien, ce qui la surprit. Après des semaines de discrétion et d'autorisations soigneusement calculées, c'était lui qui lui avait proposé de l'accompagner à un gala de charité en ville, vêtue comme elle le faisait autrefois pour ce genre d'événements, quand elle était encore libre de ses mouvements.« C'est un risque », admit-il en ajustant ses boutons de manchette devant le miroir, tandis qu'elle l'observait depuis l'embrasure de la porte, le vert profond de sa robe captant la faible lumière. « Mais Kessler sera là. Et je préfère observer ce qu'il fait avec toi dans la salle plutôt que de me demander ce qu'il mijote en ton absence. »« Ce n'est pas rassurant. »« Non », acquiesça-t-il en la regardant dans le miroir. &l
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