L'air du grand salon était saturé d'un mélange oppressant : parfums chers, fumée de cigare et le murmure constant des conversations calculées. Aurora, prisonnière de la robe ivoire qui lui sciait la taille, souriait. Un sourire parfait, calibré, qui faisait briller ses yeux d'une lueur factice de bonheur. Elle serrait des mains, échangeait des bises feutrées avec des visages qu'elle connaissait depuis l'enfance tous des associés, des rivaux, des vassaux de son père.Marcello était à ses côtés, une main possessive posée au creux de son dos. Sa présence était une chaleur écrasante.— Vous voyez, cher ami, disait-il à un banquier bedonnant, Aurora est déjà l'âme de cette maison. Une perle rare.Aurora baissait les yeux, jouant la modestie. Elle sentait le regard de son père peser sur elle depuis l'autre bout de la pièce, comme un superviseur satisfait.— Un peu d'air, Marcello, murmura-t-elle soudain, en portant une main à sa gorge. La chaleur...Il plissa les yeux, méfiant.— Tu es pâle
Dernière mise à jour : 2026-02-08 Read More