DanteLa nuit est devenue un ennemi.Je reste debout, près de la fenêtre de mon bureau. L’alcool dans mon verre est immobile. Je ne bois pas. Je regarde le jardin noyé d’ombre, une toile vide, mais je ne vois qu’une image, imprimée au fer rouge derrière mes paupières. Une image qui a effacé toutes les autres. Toutes les victoires, tous les plans, toutes les architectures de pouvoir. Rien n’existe, plus, que la scène volée.Elle.La lumière laiteuse de la lampe de chevet dessinant des territoires d’ombre et de miel sur sa peau. Le mouvement rêveur, solitaire, hypnotique, de sa main. Une main qui n’appartenait qu’à elle, et pourtant… Elle l’offrait à l’air, à la nuit, à un fantôme. À moi, sans le savoir. La courbe de son cou, longue, fragile, offerte à la lampe comme à un baiser. L’abandon parfait, absolu, de son corps à un désir qu’elle croyait secret, enfermé dans les quatre murs de sa chambre. Mais les murs ont des yeux. Les serrures ont des trahisons.Je ferme les yeux. C’est pire.
Última actualización : 2026-01-14 Leer más