Anne s’arrêta, s’accroupit devant sa fille, et la regarda dans les yeux. Les yeux d’Alice étaient les siens, clairs et profonds, pleins d’une innocence que rien n’avait encore ternie. Elle ne comprenait pas tout, mais elle comprenait l’essentiel : sa mère était triste, et elle avait besoin d’elle.« Oui, mon ange, je pleure, répondit Anne d’une voix étranglée. Mais ce ne sont pas des larmes de peine. Ce sont des larmes de joie. Tu comprends ? »Alice hocha gravement la tête.« Alors moi aussi je pleure », dit-elle.Et elle se mit à pleurer, sans savoir pourquoi, simplement parce que sa mère pleurait, simplement parce que c’était ainsi qu’on partageait les émotions dans leur petit monde à elles deux. Anne la prit dans ses bras, la serra très fort, puis se releva, lui essuya les joues du revers de la main, et reprit la valise.« Allez, viens. On y est presque. »La gare apparut au bout de la rue, masse sombre coiffée de son horloge lumineuse. Anne poussa la porte vitrée, traversa le hall
最後更新 : 2026-04-24 閱讀更多