Il rangea le téléphone dans le tiroir de la table de nuit, loin de sa vue, loin de ses mains. Il éteignit la lumière et se coucha dans le noir, les yeux ouverts, fixant le plafond. Mais le sommeil ne vint pas. Il resta allongé pendant des heures, à écouter le craquement des poutres, le ronronnement lointain de la ville, le battement de son propre cœur. Et chaque fois qu’il fermait les yeux, il voyait le visage d’Ophélie. Ses yeux gris. Sa bouche pincée. Son mouchoir de soie. Et cette phrase, cette phrase absurde, qui tournait dans sa tête comme une ritournelle. Séduisez-moi. Au petit matin, quand les premières lueurs de l’aube filtrèrent à travers les rideaux, il n’avait toujours pas répondu. Mais il savait, au fond de lui, que le silence était une réponse en soi. Une réponse qu’elle ne manquerait pas d’interpréter. Et il savait aussi que ce n’était pas fini. Rien n’était jamais fini. *** Le sommeil ne vint pas. Raphaël resta allongé dans le noir, les yeux ouverts, les mains c
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