Lya Le matin du 22 janvier, je me lève avant l'aube. La mer est invisible, noyée dans un brouillard épais qui monte du port et glisse dans les rues comme de la fumée. Je fais du café, je le bois debout dans la cuisine, les deux mains serrées autour de la tasse pour y puiser de la chaleur. Je suis calme. Étrangement calme. Comme si les semaines de travail acharné, les nuits sans sommeil, les larmes ravalées, avaient fini par épuiser toutes mes émotions, ne laissant qu'une coquille vide et déterminée. Je m'assieds à mon bureau. J'allume la lampe. Je sors quatre feuilles de papier à lettres, mes plus belles, un papier crème à la fibre longue, acheté chez un papetier de la ville il y a des années et jamais utilisé. Je sors mon stylo-plume, celui que mon père m'a offert pour mes dix-huit ans. Je le remplis d'encre noire. Et j'écris. La première lettre est pour ma mère. Elle est courte, presque administrative. Je la remercie de
Last Updated : 2026-08-09 Read more