SabrinaOn m'a prise pour une idiote pendant des mois, et c'est ça que je ne pardonnerai jamais. Pas l'enfant, pas l'identité, pas même le retour d'entre les morts. C'est le sourire. Les mois de sourires. Cette femme m'a serré la main, a ri à mes réceptions, a dansé avec mon fiancé dans ma salle, en sachant. En sachant tout, depuis le premier jour.L'appartement que Delacroix me prête, au-dessus d'un entrepôt du port, sent le fuel et le café froid. Il y a un tableau blanc au mur. J'ai toujours aimé les tableaux blancs : on écrit, on efface, on recommence, rien ne reste. Ma vie entière tient sur des choses qui s'effacent.Au centre du tableau, sa photo. Ève Castellane, Amélie Desrosiers, qu'importe le nom, c'est le même visage sous la chirurgie, je le sais maintenant, je l'ai vu dans les yeux de Gabriel au bal. Autour : la fondation, la sécurité, l'école de Westmount, les horaires. Et à droite, dans un cadre que j'ai tracé deux fois au marqueur rouge, la photo du petit.Léo.Quatre ans
最終更新日 : 2026-10-02 続きを読む