NoémieJe fais la vaisselle. C'est idiot de faire la vaisselle à onze heures du soir, mais j'ai besoin de mes mains occupées pour que ma tête cesse de tourner. L'eau chaude, la mousse, le geste mécanique de la brosse sur la porcelaine, tout ça m'ancre dans le réel, dans le solide, dans le sans-danger.Je le sens avant de le voir.C'est une présence, une densité dans l'air derrière moi, un déplacement des molécules de la pièce. Je ne me retourne pas. Je sais qu'il est là, dans l'embrasure de la porte de la cuisine, et je sais qu'il me regarde.Il ne dit rien. Il regarde, c'est tout.Mais ce regard, je le reçois comme un contact physique. Il me parcourt la nuque, descend le long de ma colonne, s'attarde sur mes épaules dénudées par mon vieux tee-shirt trop grand. J'ai chaud. L'eau est chaude, la cuisine est chaude, ma peau est en feu, et il ne m'a même pas touchée.— Tu ne dors pas ? je demande sans me retourner, et ma voix ne tremble pas, je suis fière de ça.— Non.— Jamais ?— Rareme
Terakhir Diperbarui : 2026-09-29 Baca selengkapnya