Parler de cette collection, c’est évoquer un souvenir très personnel. Adolescent, je traînais souvent à la librairie du coin sans vraiment oser m’aventurer au-delà des bandes dessinées. Un jour, le libraire, voyant mon hésitation, m’a tendu un petit livre bleu fluo de la collection Pennac : ‘Le Passager’ de Richard Matheson. ‘Tiens, essaie ça, c’est une histoire qui mord’, m’a-t-il dit. Je l’ai acheté pour trois fois rien. L’histoire derrière la collection, je l’ai comprise en la lisant : c’était une invitation sans complexe. Pas de notice biographique interminable, pas de critique universitaire, juste une brève présentation de Pennac qui donnait envie. Et l’histoire, effectivement, m’a happé. C’était du solide, bien écrit, direct. J’ai enchaîné avec ‘Le Horla’ puis avec ‘Une partie de cartes’. Sans le savoir, Pennac et Librio me construisaient un parcours de lecture. Plus tard, j’ai appris que c’était tout l’objectif : créer un continuum, un fil d’Ariane littéraire où chaque livre renvoyait à un autre, par le thème, le style ou l’émotion. La collection n’était pas un assortiment aléatoire, mais un cheminement curaté. Derrière, il y avait l’histoire d’un amoureux des livres qui voulait partager ses coups de cœur comme on partage une musique entraînante, sans prétention mais avec exigence. Elle m’a appris que la littérature n’était pas un monument à admirer de loin, mais un territoire à explorer, un jeu après l’autre. Cette philosophie du ‘juste lire’, sans pression, reste pour moi la plus belle réussite de cette aventure éditoriale.
2026-07-13 03:37:39
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