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Nikita a attrapé le tablier.Ce geste était si profondément ancré qu’il en était devenu un réflexe. Mais cette fois, elle ne l’a pas enfilé.Aux précédents dîners de famille, c’était toujours elle la plus occupée : préparation des ingrédients, découpe, cuisson, dressage des assiettes... Elle tournait sans fin dans la cuisine. Philippe lui répétait qu’il y avait des chefs, que ce n’était pas à elle de s’épuiser ainsi. Mais elle savait qu’il appréciait bien davantage les plats préparés de ses propres mains.Les membres de la famille, par égard pour Philippe, lui lançaient alors quelques compliments de convenance sur sa « dévotion » ou son « savoir-faire ». Mais après le repas, la vaisselle et le rangement de la cuisine lui revenaient toujours.Elle finissait épuisée, mais un simple « merci » de Lucrèce suffisait alors à lui faire croire que tout en valait la peine…Aujourd’hui, elle n’y trouvait qu’une absurdité.« Tu rêves ? Dépêche-toi ! », la voix pressante d’Anita l’a tirée d
« Je n’ai aucune raison impérieuse d’y aller », a dit Nikita en détournant le regard, sa voix calme.« Grand-père n’a cessé de parler de toi ces derniers jours. Le dîner a lieu à la maison familiale. »À l’évocation du vieil homme, la résistance de Nikita a faibli.Dans cette famille complexe et étendue, Philippe était le seul à lui avoir toujours témoigné une véritable bienveillance. Une sollicitude qui n’était ni de convenance ni une forme de charité, mais une affection sincère.Elle a fini par céder. Mais lorsqu’elle a ouvert la portière avant, elle s’est figée sur place : Clotilde y était déjà installée.« Bonjour, nous nous revoyons ! », son sourire était doux et parfaitement adapté à la circonstance. Elle portait un tailleur gris-rose, alliant douceur et sophistication, le collier de diamants roses toujours à son cou, un bouquet de roses du même ton dans les bras.Ces fleurs…Un souvenir est remonté à la surface, un souvenir d’université. À l’époque où Lucrèce la courtisai
La réception touchait à sa fin. Depuis deux longues heures, la coupe de champagne posée devant Lucrèce était restée pleine.Nikita a compris : ses maux d’estomac le reprenaient.Ces derniers jours, en pleine tourmente du divorce, elle avait cessé de gérer ses médicaments : renouvellement d’ordonnance, rappels de rendez-vous, horaires de prise, contre-indications… Tous ces détails fastidieux mais essentiels, elle les avait mis entre parenthèses.« Qu’il souffre ! » Cette pensée a traversé son esprit, fugace. Puis, presque aussitôt, elle l’a regretté.À vrai dire, elle en était incapable.Elle a sorti son téléphone, a ouvert la conversation et s’est mise à taper, méthodiquement, la liste complète de ses médicaments gastriques habituels. Chaque détail y figurait. Une fois terminée, son doigt est resté en suspens au-dessus de la touche « Envoyer ».Fallait-il ajouter quelque chose ?Une explication ? Une formule de politesse ? Un mot anodin ?Elle a effacé, a réécrit et a effacé en
« Qui est-ce ? Une nouvelle actrice en vogue ? »« Bien plus belle que n’importe quelle star de cinéma. »Les murmures s’amplifiaient, les regards convergeant de plus en plus nombreux vers la femme aux côtés de Peter. Elle portait une robe de soirée en velours noir, qui épousait ses courbes avec une élégance parfaite. Ses cheveux bouclés étaient relevés en un chignon sophistiqué, une épingle à cheveux sertie de diamants noirs et blancs scintillant à sa tempe, l’un des bijoux les plus précieux de la collection « Piano ».Lucrèce n’y avait d’abord jeté qu’un regard distrait. Puis il s’est figé net. Et lorsque la silhouette s’est tournée, ses pupilles se sont dilatées.« Nikita ?! »Clotilde, Lola et Emma ont simultanément pâli.Lucrèce n’a pas prononcé un mot, mais son regard s’était soudain intensifié. C’était la première fois qu’il voyait Nikita avec un maquillage aussi marqué. Les couleurs étaient vives, mais sans vulgarité. Un instant, il se demandait si c’était le talent du st
Clotilde avait prévu d’attendre Lucrèce pour franchir dignement l’entrée des invités d’honneur. Lui non plus ne possédait pas d’invitation, mais son seul nom valait tous les laissez-passer.Pourtant, alors que la réception allait bientôt commencer, il n’apparaissait toujours pas à l’horizon. À contrecœur, elle s’est résignée à emmener Emma et Lola vers l’entrée du personnel.Une fois à l’intérieur, son regard a instinctivement balayé la foule, mais aucune trace de Nikita.« Cette Nikita, c’est évident qu’elle est serveuse ici. Et cette invitation, elle l’a sûrement piquée à quelqu’un ! », a déclaré Emma, péremptoire.Lola a aussitôt renchéri : « Sans même un diplôme universitaire, FLY n’aurait jamais pu l’inviter. »Clotilde a senti une légère tension se relâcher en elle.FLY, c’était quoi ? Le summum du luxe à l’échelle mondiale.Cette réception célébrait la collection « Piano », lancée quatre ans plus tôt. À l’époque, cette ligne avait révolutionné le marché grâce à une techno
Nikita s’est offert ce matin-là un luxe inédit : celui de rester au lit.La fatigue d’une nuit presque blanche y était pour quelque chose, mais surtout, plus besoin de se lever avant l’aube pour dénicher les meilleurs produits du marché, ni de préparer un petit-déjeuner de chef pour Lucrèce.Quelques tranches de pain grillé lui ont suffi. Cette simplicité retrouvée lui a procuré une paix oubliée.Une fois habillée, elle s’est directement rendue à la banque. Venaient ensuite les formalités : chèque à remplir, signatures à apposer et virement à exécuter.Dix millions d’euros. Dans la case « motif », elle a inscrit sans hésiter : Frais médicaux.Sa démarche terminée, elle s’est dirigée vers le Café de Heize où Danièle l’attendait.Depuis son mariage et son entrée dans le rôle de « Mme Castex », elle avait volontairement coupé les ponts avec la plupart de ses amies. Même Danièle, sa confidente de toujours, elle ne l’avait pas revue depuis trois longues années.« Quels sacrifices pou







