Cocojam
Dans la famille Valenti, tout le monde était né avec une puce. Elle était intégrée à la bio-montre qu'on portait au poignet, dont le cadran numérique décomptait chaque seconde qu'il nous restait à vivre.
Tout le monde pouvait voir les chiffres défiler sur la montre de ma sœur jumelle, et sur la mienne.
Ils savaient tous qu'elle mourrait le jour de nos 18 ans.
Vivian devenait donc la princesse intouchable de notre monde impitoyable.
Toutes les robes brodées de diamants lui appartenaient. Les bijoux les plus rares lui appartenaient.
Même le dernier lambeau d'humanité de notre père lui appartenait. Cet unique éclat de chaleur qu'il ne montrait qu'une fois son arme rangée dans son étui.
Avant, j'avais pitié d'elle. Son temps était compté.
Mais bon sang, je l'enviais. Elle avait tout ce que je n'avais jamais eu : l'amour de nos parents.
Puis, la nuit de sa fête d'anniversaire pour ses 18 ans.
Mes parents craignaient que je fasse une scène, que je mette en colère le Don d'une famille alliée.
Ils m'ont donc enfermée dans la cave, humide et froide, alors qu'une fièvre mortelle me consumait.
J'ai frappé de toutes mes forces sur la lourde porte en chêne, la voix brisée.
« Maman, s'il te plaît ! Laisse-moi sortir ! Je brûle. Ma tête va exploser… »
Dehors, la voix de ma mère était aussi dure que l'acier.
« Ça suffit, Sienna ! Aujourd'hui, c'est le 18e anniversaire de ta sœur. Son dernier jour de vie ! Arrête tes simagrées ! Tu ne peux pas souffrir en silence pour l'honneur de la famille ? »
« Mais je suis vraiment malade... »
Ses pas se sont éloignés, s'évanouissant dans le silence.
Puis l'obscurité s'est abattue sur moi.
Et à mon poignet, la bio-montre clignotait, signalant une alerte critique.
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