La couronne du mendiant devenue la couronne de l'empereur
Livia
Le médecin grec s'appelle Ariston. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, au visage émacié, aux pommettes saillantes comme des lames de couteau, aux mains longues et fines comme des ailes d'oiseau, aux yeux noirs perçants comme des éclats d'obsidienne polie. Il porte une tunique de lin propre, d'une blancheur immaculée qui contraste violemment avec la crasse de la masure, avec la poussière qui recouvre les murs de torchis, avec la misère qui colle à chaque objet. Une ceinture de cuir pend à sa taille, chargée d'instruments de bronze qui cliquettent à chacun de ses gestes, des fioles de verre soufflé, des pinces fines, des scalpels luisants. Il dégage cette autorité tranquille des