LE PÈRE DE MON ENFANT
Ophélie
Le réveil est une montagne à gravir. Une montagne de plomb, ensommeillée. Le cri perce le brouillard de mon sommeil comme une lame aigu, impérieux, absolu. Il ne sonne pas dans mes oreilles, il résonne dans ma chair, dans mes os, dans le tissu meurtri de mon ventre. Un signal auquel tout mon être, avant même que ma conscience ne s’allume, répond par une douloureuse et douce contraction.