POUR TE SAUVER , J'AI DÛ TE PERDRE
Kael
Le bar est un trou à rats dans le quartier est, un de ces endroits qui n'ont pas de nom, juste une enseigne au néon qui clignote, rose pâle, à moitié cramée. La porte est lourde, en bois plein, renforcée de fer. À l'intérieur, ça sent la bière éventée, la cire bon marché, la fumée froide des cigarettes qu'on écrase sur le comptoir. Le patron est un ancien des nôtres, un type qui a pris une balle dans la hanche il y a dix ans et qui s'est reconverti dans le commerce des alcools forts. Il me connaît. Il ne pose pas de questions. Il me sert mon whisky sans un mot, sans un regard, et retourne essuyer ses verres dans la pénombre.