LE PÈRE DE MON ENFANT
ÉLODIE
Le silence après la phrase de la grand-mère n’a rien d’un silence ordinaire.
C’est une suspension du monde, une fissure dans la réalité.
Tout s’arrête.
Même la respiration de la maison semble s’éteindre.
Je reste là, droite, les muscles tendus, le cœur battant trop fort. Ophélie est toujours assise, les jambes croisées, un léger sourire aux lèvres, ce genre de sourire qui ne dit pas « je suis désolée » mais « j’ai gagné ». Ses doigts glissent nonchalamment sur le velours du canapé, caressant l’accoudoir comme si c’était déjà le sien. Comme si elle marquait son territoire.