로그인Le milliardaire que je devais détester Lorsque son père est envoyé en prison, Chloé Bennett est convaincue qu'un seul homme est responsable : Logan Pierce, un milliardaire froid et sans pitié. Elle jure de se venger. Mais en découvrant la vérité, elle réalise que le véritable ennemi se cache bien plus près d'elle… et que l'homme qu'elle déteste est peut-être le seul capable de la sauver.
더 보기Chapitre 1
Chloé
Le claquement des menottes sur les poignets de mon père déchire l'air chaud de cette matinée de juin et s'incruste dans ma mémoire comme un éclat de verre. Je me tiens pieds nus sur le perron de notre maison, en pyjama, les cheveux emmêlés, et je regarde la scène avec la sensation irréelle de flotter au-dessus de mon propre corps. Les gyrophares projettent des éclats bleus et rouges sur les façades propres de notre rue, transformant les visages de nos voisins en masques grotesques, avides, presque joyeux.
Ils sont tous là. Madame Henderson serre sa robe de chambre contre sa poitrine et murmure à l'oreille de son mari. Les Anderson filment la scène avec leur téléphone, le pouce levé vers l'écran comme s'ils immortalisaient un feu d'artifice.
— Papa !
Mon cri sort de ma gorge comme un cri d'animal blessé. Il tourne la tête une fraction de seconde, et dans ses yeux bleus si semblables aux miens, je lis une terreur qui me glace le sang, une supplication muette, et pire que tout, une honte qui semble le consumer de l'intérieur. Ses lèvres s'entrouvrent mais l'agent pose une main ferme sur sa nuque et le force à baisser la tête. La portière claque. Le bruit résonne dans ma cage thoracique comme une détonation.
Ma mère s'effondre à genoux dans l'allée de gravier blanc, ses doigts s'enfonçant dans les cailloux coupants. Elle pousse un hurlement silencieux, la bouche grande ouverte, les yeux révulsés vers un ciel indifférent. Je voudrais courir vers elle, la prendre dans mes bras, mais mes jambes sont vissées dans le marbre du perron.
— Sale tricheur ! crie une voix dans la foule.
— Voleur !
— Ta fille fait moins la fière maintenant !
Les mots s'abattent sur moi comme des lames de rasoir. Je serre les poings si fort que mes ongles pénètrent la chair tendre de mes paumes. La douleur est minuscule, presque agréable, un point d'ancrage dans ce cataclysme.
Les journalistes arrivent avant même que les voitures de police ne disparaissent, comme des charognards attirés par l'odeur du sang. Une femme blonde au tailleur trop serré enfonce son micro sous mon nez.
— Chloé Bennett, votre père est accusé de fraude et de détournement de fonds. Pensez-vous que Logan Pierce ait joué un rôle décisif dans cette arrestation ?
Ce nom. Logan Pierce. Il percute mon esprit embrumé comme une gifle glaciale. Je cligne des yeux, la bouche sèche.
— Logan Pierce ?
— Le PDG de Pierce Industries, insiste-t-elle avec une lueur gourmande au fond des prunelles. C'est un audit commandité par son entreprise qui aurait révélé les irrégularités. Certains disent qu'il aurait personnellement transmis le dossier au procureur.
Je ne réponds rien. Ce nom tourne dans ma tête comme une spirale toxique, et je sens quelque chose se cristalliser au creux de mon ventre, une résolution qui grandit à chaque battement de mon cœur affolé. Je ne le connais pas, je n'ai jamais vu son visage, mais en cet instant précis, je décide qu'il est la cause de tout. De l'humiliation de ma mère. Des regards moqueurs. De ce vide qui s'ouvre sous mes pieds.
Les heures qui suivent sont un brouillard épais. Je relève ma mère, je la guide à l'intérieur, je ferme les rideaux. Elle s'assoit sur le canapé de velours crème et fixe le mur comme s'il allait révéler une issue. Je m'agenouille devant elle et prends ses mains glacées dans les miennes. Ses jointures sont rouges, égratignées, et une perle de sang coule le long de son index. Je la porte à mes lèvres sans réfléchir, et le goût métallique explose sur ma langue.
— Maman, regarde-moi.
Ses yeux verts, ces mêmes yeux émeraude que j'ai hérités d'elle, sont vides, absents. Je serre ses mains plus fort, je pose mon front contre ses genoux, et les larmes arrivent enfin, brûlantes, salées, silencieuses.
— Je te promets qu'il paiera, maman. Logan Pierce. Je te jure sur tout ce qu'on a qu'il paiera pour ce qu'il nous fait.
La haine est un feu qui consume tout le reste. Elle brûle ma peur, cautérise ma tristesse, transforme mon sang en lave.
La nuit tombe. J'installe ma mère dans son lit, je lui fais boire une tisane, je lui parle doucement jusqu'à ce que ses paupières se ferment. Puis je descends dans le salon obscur et je m'assois dans le fauteuil de mon père, ce Chesterfield en cuir sombre qui porte encore son odeur de tabac blond et de vétiver. Je prends mon téléphone et je tape « Logan Pierce » dans la barre de recherche.
Les résultats s'affichent. Des centaines d'articles, des photos, des interviews. L'homme est partout, comme une araignée au centre d'une toile qui s'étend sur le monde entier. Mon cœur rate un battement.
Il est beau, d'une beauté qui frôle l'arrogance. Des pommettes hautes et saillantes, une mâchoire carrée, des lèvres pleines mais dures, et des yeux d'un gris tellement pâle qu'ils en paraissent argentés, comme de la glace sous un ciel d'hiver. Ses cheveux noirs sont toujours impeccablement coiffés, et son corps, deviné sous des costumes qui valent plus que notre maison, dégage une puissance animale, contenue, dangereuse.
Sur chaque photo, il a le même sourire en coin qui semble se moquer du monde entier, et ce regard perçant, froid, calculateur, qui donne l'impression qu'il peut lire en vous. Il n'y a pas une once de chaleur dans ces yeux, rien qu'une intelligence glaciale et un mépris souverain.
Je serre le téléphone dans ma main moite. La rage monte en moi par vagues successives. C'est donc lui, cet homme aux costumes italiens et aux montres hors de prix, qui signe des contrats dans des tours de verre pendant que nous ramassons les morceaux de notre vie.
— Logan Pierce, murmuré-je dans le silence de la nuit.
Le nom roule sur ma langue comme une malédiction. Je vais le détruire. Je vais consacrer chaque jour, chaque heure à cette unique mission. Je vais m'infiltrer dans son monde, apprendre ses secrets, trouver ses faiblesses, et je frapperai au moment où il s'y attendra le moins.
Mon reflet dans l'écran noir me renvoie le visage d'une inconnue. Mes yeux verts sont fiévreux, cernés de rouge, mes lèvres gercées, mes cheveux blonds en cascade sur mes épaules tremblantes. Mais au fond de mes pupilles, il y a une étincelle qui n'existait pas ce matin, une flamme sombre qui promet de tout dévorer.
Je ne suis plus Chloé Bennett, la fille du notable respecté. Je suis une promesse de vengeance, un serment fait de chair et de larmes, et rien ne m'empêchera de le tenir.
Chapitre 32LoganLes images de vidéosurveillance ne laissent aucune place au doute. Je les visionne sur l'écran de mon bureau, le visage fermé, les poings serrés, et chaque détail de la scène confirme ce que je craignais depuis des semaines. La voiture qui a foncé sur Chloé était une berline noire sans plaque d'immatriculation, un modèle banal, anonyme, volé quelques heures plus tôt dans un parking souterrain de Brooklyn. Le conducteur portait une cagoule, comme l'homme qui a fouillé son appartement. Il a attendu qu'elle sorte du travail, posté au coin de la rue pendant plus d'une heure, moteur éteint, phares allumés. Il a calé son départ au moment précis où elle traversait la rue, et il a accéléré au lieu de freiner, il a visé droit sur elle avec une préc
Chapitre 31ChloéLe lendemain du cambriolage, je refuse de céder à la peur. Je me le répète comme un mantra en me regardant dans le miroir craquelé de la salle de bains, les mains crispées sur le rebord du lavabo, les yeux cernés par une nuit sans sommeil. Ma mère est en sécurité chez une ancienne voisine du Bronx qui a accepté de l'héberger pour quelques jours, une vieille dame au cœur généreux qui ne pose pas de questions et qui ne sait rien de nos ennuis. Moi, je retourne travailler, le dos droit, la tête haute, en serrant les poings dans les poches de mon manteau pour dissimuler le tremblement de mes mains.Le trajet en métro est un supplice. Chaque visage qui s'attarde trop longtemps sur moi, chaque frôlement, chaque bruit un peu trop fort me fait sursauter, et je descends à ma station avec la désagréable sensation d'être suivie, épiée, traquée. La tour de Pierce Industries se dresse devant moi comme une forteresse, et pour la première fois depuis que j'y travaille, je suis presq
Chapitre 30LoganLes caméras de sécurité ne mentent jamais. Je les visionne seul dans mon bureau, les volets baissés, la porte verrouillée, et ce que je vois confirme mes pires craintes avec une précision chirurgicale qui me glace le sang. L'écran affiche une image granuleuse du couloir de l'immeuble de Chloé, ce couloir étroit aux murs décrépis que je connais désormais par cœur pour l'avoir observé des dizaines de fois sur les enregistrements précédents. Le papier peint jauni se décolle par endroits, les néons clignotent faiblement, et l'angle de la caméra, mal réglé, ne couvre qu'une partie de la scène.La silhouette apparaît à vingt-deux heures quarante-sept, quelques minutes avant le retour de Chloé. Un homme vêtu de noir des pieds à la tête, le visage dissimulé sous une cagoule sombre, les mains gantées de cuir. Il se déplace avec une précision militaire, sans hésitation, sans tâtonnement, sans aucun de ces gestes nerveux qui trahissent le cambrioleur amateur. Il connaît les lie
Chapitre 29ChloéQuand je pousse la porte du studio ce soir-là, je sais immédiatement que quelque chose ne va pas. L'odeur est différente, une odeur âcre de cigarette froide et de transpiration qui n'est ni la mienne ni celle de ma mère, une odeur d'intrusion et de violence contenue. Mon cœur s'emballe avant même que mon cerveau n'analyse la scène, et je reste figée sur le seuil, la main crispée sur la poignée, le souffle court.Et puis je vois le désordre. Un désordre subtil, presque invisible pour un œil non averti, mais que je perçois immédiatement parce que je connais chaque recoin de cette pièce minuscule, chaque objet, chaque ombre. Les tiroirs de la commode sont entrouverts, les draps du lit sont froissés comme si quelqu'un s'était assis dessus, les livres sur l'étagère ont été déplacés de quelques centimètres. Rien n'a été renversé, rien n'a été brisé, mais tout a été touché, fouillé, violé.— Maman ? appelé-je d'une voix tremblante.— Je suis là, Chloé, répond une voix faibl












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