ログインLe jour où Naïa prépare une somptueuse réception pour célébrer son anniversaire de mariage, elle est loin d'imaginer que cette journée marquera la fin de la plus grande illusion de sa vie. En quelques heures, tout s'effondre. Les premiers indices la conduisent à une vérité inimaginable : l'homme avec qui elle partage sa vie mène une double existence. Pendant qu'elle l'attend avec une surprise, il célèbre en secret un autre anniversaire aux côtés de celle qu'elle considérait comme sa sœur. Trahie par les deux personnes en qui elle avait le plus confiance, Naïa découvre que son amour, son travail et ses sacrifices ont servi à bâtir la fortune de ceux qui préparent désormais à la remplacer. Mais au lieu de les affronter, elle choisit de se taire. Sous leurs yeux, elle continue de jouer l'épouse parfaite tandis qu'en secret, elle rassemble les preuves, reprend le contrôle de sa vie et prépare une vengeance dont personne ne soupçonne l'ampleur. Car certaines trahisons détruisent une femme... D'autres donnent naissance à une reine. Et lorsqu'ils comprendront enfin qu'ils ont perdu la seule personne qui les avait conduits au sommet, il sera déjà trop tard. « Au revoir... mon ex. »
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LE POINT DE VUE DE NAÏA
Le bonheur avait parfois une odeur, et pour moi, Naïa, il sentait le chocolat noir, les roses blanches et la vanille, ce mélange précis que j'avais appris à reconnaître entre mille au fil des années passées auprès de Damien.
Je m'arrêtai un instant au milieu du salon, les mains posées sur les hanches, un sourire satisfait illuminant mon visage tandis que je contemplais le fruit de mes efforts. Les derniers rayons du soleil traversaient les immenses baies vitrées de la villa et venaient caresser doucement les dizaines de bougies encore éteintes que j'avais disposées avec soin dans la pièce, en attendant le moment où je les allumerais toutes, une à une, pour créer cette atmosphère feutrée que j'avais imaginée pendant des semaines.
Tout était parfait, ou presque, et cette pensée me remplissait d'une joie que je peinais moi-même à contenir. Les roses blanches, les préférées de Damien depuis toujours, formaient un chemin délicat jusqu'à la grande table dressée pour deux, avec cette vaisselle en porcelaine que nous n'utilisions que pour les grandes occasions. Le chef que j'avais engagé s'affairait déjà dans la cuisine, terminant les derniers préparatifs d'un repas que j'avais choisi plat par plat, en pensant à chacun de nos souvenirs. Une bouteille de champagne français reposait dans un seau rempli de glace, patiente, et au centre de la table trônait un gâteau recouvert d'une fine feuille d'or, comme une promesse silencieuse de la soirée à venir.
C'était notre anniversaire de mariage, et je soufflai doucement, émue par tout ce chemin parcouru.
— On l'a fait..., murmurai-je, et ma voix se perdit dans le silence de la maison, comme absorbée par les murs qui avaient été témoins de tant de choses.
Je repensai alors à nos débuts, si loin de cette vie que nous menions désormais. Il n'y avait rien, à l'époque, seulement un petit appartement humide où l'humidité s'infiltrait par les fenêtres mal isolées, des factures impayées qui s'entassaient sur la table de la cuisine, et une vieille voiture qui tombait en panne presque chaque semaine, nous obligeant à improviser des solutions de fortune pour nous rendre au travail.
Et pourtant, malgré toutes ces difficultés, jamais je n'avais regretté de lui avoir dit oui ce jour-là, car je savais au fond de moi que nous étions faits pour traverser les épreuves ensemble.
Damien avait un rêve, celui de créer sa propre entreprise, et j'avais choisi de croire en lui sans la moindre hésitation. J'avais vendu mes bijoux hérités de ma grand-mère pour financer les premiers mois difficiles, sans le moindre regret, parce que je savais que cet argent servirait quelque chose de plus grand que moi. J'avais également quitté mon emploi stable dans un grand cabinet de conseil pour travailler gratuitement à ses côtés, convaincue que notre avenir valait bien plus que n'importe quel salaire.
Les journées de quinze heures étaient devenues notre quotidien, un rythme effréné que nous avions fini par accepter comme une évidence. Quand les employés rentraient chez eux le soir, épuisés mais libérés, je restais encore devant mon ordinateur à établir les budgets, à négocier les contrats les plus délicats, à convaincre les investisseurs les plus réticents, portée par une énergie que je ne me connaissais pas avant lui.
Lorsque Damien recevait les félicitations pour ses réussites, il répondait toujours la même chose, avec une sincérité qui me touchait à chaque fois :
— Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à ma femme.
Cette simple phrase suffisait à mon bonheur, plus que n'importe quelle récompense matérielle.
Aujourd'hui, notre société valait plusieurs milliards, un chiffre qui me semblait encore parfois irréel lorsque j'y pensais. Nous possédions plusieurs villas réparties aux quatre coins du monde, des voitures de luxe qui dormaient dans nos garages, et nous voyagions sans compter, découvrant sans cesse de nouveaux horizons.
Mais ce soir-là, je ne voulais rien de tout cela. Je voulais simplement retrouver quelque chose qu'aucun compte bancaire au monde ne pourrait jamais acheter : notre premier regard, notre première émotion, cette étincelle originelle qui avait tout déclenché entre nous.
J'ouvris alors le tiroir de mon bureau avec une lenteur presque cérémonieuse. À l'intérieur se trouvait un petit écrin bleu que je connaissais par cœur. Je l'ouvris délicatement, dévoilant deux alliances, les mêmes que nous avions échangées le jour de notre mariage, celles que nous avions rangées précieusement après la cérémonie.
Je caressai la mienne du bout du doigt, perdue dans mes souvenirs.
— Tu ne t'attends vraiment à rien, murmurai-je en souriant, imaginant déjà le visage surpris de Damien lorsqu'il découvrirait tout ce que j'avais préparé pour lui.
Mon téléphone vibra soudain sur le bureau, interrompant mes pensées. C'était Camille, ma meilleure amie depuis toujours, celle qui connaissait tous mes secrets.
— Alors ? demanda Camille dès que je décrochai, sa voix pétillante d'excitation. Tu as fini les préparatifs ?
— Presque, répondis-je en jetant un dernier regard satisfait autour de moi.
— Tu ne lui as toujours rien dit ?
— Pas un mot, et je compte bien que ça reste ainsi jusqu'au dernier moment.
— Il va pleurer, tu sais.
J'éclatai de rire, un rire léger et sincère.
— C'est exactement ce que j'espère.
Après quelques plaisanteries échangées avec la complicité qui nous caractérisait depuis des années, nous raccrochâmes, et je montai ensuite dans notre chambre pour récupérer ce qui allait devenir la pièce maîtresse de ma surprise.
Au fond du dressing se trouvait un coffre ignifuge que nous utilisions pour conserver nos documents les plus importants. J'entrai le code avec des gestes assurés, et la porte métallique s'ouvrit dans un léger déclic familier. À l'intérieur reposaient nos documents les plus précieux : nos passeports, plusieurs contrats liés à l'entreprise, des titres de propriété, et notre certificat de mariage, que je cherchais précisément ce soir-là.
Je le pris avec précaution, comme s'il s'agissait d'un objet fragile capable de se briser au moindre geste maladroit. Le papier avait légèrement jauni avec le temps, témoin discret des années écoulées, et je ne pus m'empêcher de sourire en le regardant.
Depuis plusieurs semaines déjà, je préparais un cadeau très particulier pour Damien. Je voulais faire encadrer ce certificat et l'accrocher dans notre chambre, comme un symbole visible chaque jour, la preuve tangible que, malgré les années et les épreuves traversées, notre histoire restait toujours aussi solide qu'au premier jour.
Mon chauffeur m'attendait déjà devant la villa lorsque je sortis, le certificat soigneusement glissé dans une pochette pour le protéger. Vingt minutes plus tard, je poussai la porte d'une prestigieuse étude notariale que nous connaissions bien.
— Bonjour, Madame Morel, me salua-t-on chaleureusement dès mon arrivée.
— Bonjour, Maître Bernard, répondis-je avec le sourire.
Le vieil homme m'adressa un sourire chaleureux, celui d'une relation de confiance construite au fil des années.
— Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ?
Je déposai délicatement le document sur son bureau, avec toute la précaution qu'il méritait.
— J'aimerais le faire authentifier avant de le confier à un encadreur. C'est sentimental, vous comprenez... Je préfère éviter tout risque avec un document qui compte autant pour moi.
— Bien entendu, Madame Morel, cela va de soi.
Le notaire ajusta ses lunettes avec des gestes méthodiques, puis son regard parcourut le document, d'abord une première fois, rapidement, puis une deuxième fois, avec une attention nettement plus soutenue.
Son sourire disparut alors peu à peu de son visage, et il fronça légèrement les sourcils, un détail que je remarquai immédiatement malgré moi.
— Quelque chose ne va pas ? demandai-je, une pointe d'inquiétude perçant déjà dans ma voix.
— Hum..., fut sa seule réponse, à peine audible.
Le notaire attrapa alors une loupe posée sur son bureau, observa longuement le cachet officiel, puis le numéro d'enregistrement gravé au bas du document. Sans répondre à ma question, il ouvrit son ordinateur et ses doigts glissèrent rapidement sur le clavier, avec une nervosité qui contrastait avec son calme habituel.
Quelques secondes s'écoulèrent, puis une minute entière, interminable. Son visage pâlit progressivement, et il recommença la recherche, encore, puis encore une fois, comme s'il refusait de croire ce qu'il avait sous les yeux.
Le silence devenait de plus en plus pesant dans ce bureau feutré, et je sentis une étrange boule se former au creux de mon ventre, un pressentiment que je ne parvenais pas encore à nommer.
— Maître Bernard..., finis-je par dire, vous me faites peur.
Le vieil homme releva lentement les yeux vers moi, et sa voix, lorsqu'elle s'éleva enfin, était hésitante, presque tremblante.
— Madame... où avez-vous obtenu ce certificat ?
J'eus un petit rire nerveux, ne comprenant pas où il voulait en venir.
— Le jour de mon mariage, évidemment. Où voulez-vous que je l'aie obtenu ?
Le notaire baissa les yeux vers le document, puis revint sur l'écran de son ordinateur, comme pour vérifier une dernière fois ce qu'il venait de découvrir. Enfin, après un silence qui me parut durer une éternité, il murmura des mots qui firent vaciller tout mon univers en un instant :
— Parce que... ce certificat n'existe dans aucun registre officiel.
Il marqua une pause, comme s'il cherchait encore la force de prononcer la suite, avant de lâcher, dans un souffle :
— Madame... ce document est un faux.
Épilogue & FIN LE POINT DE VUE D'ADRIEN Il y a quelques années encore, entrer dans cette salle aurait suffi à faire monter mon adrénaline.Chaque réception d'affaires était un terrain de guerre.Chaque poignée de main cachait une stratégie.Chaque sourire dissimulait une négociation.Aujourd'hui...Je n'étais venu que pour représenter notre entreprise.Notre entreprise.J'aimais encore prononcer ces deux mots.Je saluais quelques partenaires lorsque mon regard s'arrêta sur une silhouette que je n'avais plus revue depuis longtemps.Damien.Il discutait avec deux investisseurs.Ses cheveux étaient légèrement grisonnants.Son costume demeurait impeccable.Mais quelque chose avait changé.Ce n'était pas son apparence.C'était son regard.Il ne portait plus cette arrogance qui donnait autrefois l'impression qu'il possédait le monde.Il semblait... plus calme.Plus fatigué aussi.Nos regards se croisèrent.Pendant une fraction de seconde, le temps sembla revenir plusieurs années en arrièr
Chapitre 106Le point de vue de DamienLes couloirs de l'hôpital me parurent interminables.J'avais beau faire les cent pas, rien n'apaisait le nœud qui me serrait l'estomac.Derrière cette porte, Camille était en train de donner naissance à notre enfant.Les cris qui s'échappaient de la salle d'accouchement me transperçaient.Je me sentais inutile.Impuissant.Pour la première fois depuis longtemps, il n'y avait ni contrat à négocier, ni problème à résoudre.Il ne me restait qu'à attendre.Je levai les yeux vers l'horloge.Les minutes semblaient durer des heures.Puis la porte s'ouvrit.Une sage-femme apparut avec un large sourire.— Félicitations, monsieur.Votre épouse a accouché.Votre bébé se porte très bien.Je ne me souviens même plus avoir répondu.Mes jambes avancèrent toutes seules.Lorsque j'entrai dans la chambre, Camille était épuisée.Ses cheveux collaient à son front.Mais elle souriait.Dans ses bras reposait un minuscule être profondément endormi.Je m'approchai avec
Chapitre 105Le point de vue de NaïaJe restai immobile devant les immenses grilles en fer forgé.Adrien coupa le moteur, mais aucun de nous ne descendit immédiatement de la voiture.Je contemplais la propriété qui s'étendait devant nous.Une longue allée bordée d'arbres menait jusqu'à une villa baignée par la lumière de la fin d'après-midi. Les grandes baies vitrées reflétaient le ciel, et les massifs de fleurs semblaient avoir été entretenus avec un soin presque obsessionnel.— Alors ? demanda Adrien en me regardant.Je secouai doucement la tête.— Je crois que je n'ai toujours pas réalisé que c'est chez nous.Un sourire illumina son visage.— Ça le deviendra encore davantage avec le temps.Il descendit de la voiture, contourna le capot et m'ouvrit la portière.— Madame...Je pris sa main en riant.— Tu sais que tu n'es pas obligé de faire ça à chaque fois.— Je sais.Il haussa les épaules.— Mais j'en ai envie.Je levai les yeux au ciel, amusée.— Tu vas finir par me rendre insuppo
Chapitre 104LE POINT DE VUE DE Naïa Mon corps tremblait encore sous l'onde de choc de mon propre orgasme, ma poitrine soulevée par des respirations haletantes alors que je m'effondrais sur le torse d'Adrien. Il était là, immobile sous moi, son cœur battant la chamade contre ma joue, sa queue encore enfoncée profondément en moi, pulsant doucement au rythme de ses dernières contractions. Je restai un moment à l'écouter, sentant sa chaleur m'envahir, le mélange de nos sueurs et nos fluides créant une sensation gluante et délicieuse entre nos cuisses. Je ne m'arrêtais pas là. La nuit était à peine commencée, et l'idée de le laisser récupérer ne m'effleurait même pas.Je me redressai lentement, le laissant glisser hors de moi avec un bruit humide et obscène, et je me glissai hors du lit. Adrien soupira, peut-être de soulagement, peut-être de déception, ses yeux me suivant avec un mélange de fatigue et de désir renaissant. Je me dirigeai vers la table de chevet où trônait le plateau de bi












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