เข้าสู่ระบบÀ dix-sept ans, Emma rejoint la maison de sa mère Claire, remariée à Marc, un homme plus jeune. L’absence maternelle laisse la jeune fille seule avec ce beau-père aux attentions inquiétantes, qui se muent en harcèlement. En vain, elle alerte sa mère, qui refuse d’y croire, préférant protéger son bonheur apparent. Face au déni, Marc change de méthode : il séduit, puis menace la vie de Claire si Emma résiste. Piégée, celle-ci tente de fuir, mais sa mère, manipulée, la retient. Confisquant ses moyens de communication, Marc l’isole. Emma finit par céder, et une relation forcée, mêlant contrainte et passion malsaine, s’installe en l’absence de Claire. Leur liaison éclate au grand jour lorsque la mère les surprend. Marc accuse Emma de l’avoir séduit. Chassée par Claire, la jeune fille se retrouve à la rue, avant que Marc ne la loge dans un appartement où il la rejoint. Ils y vivent une passion exclusive, jusqu’à la grossesse d'Emma. Rongée par les absences de son mari, Claire enquête et découvre leur refuge. Le face-à-face est brutal : face à sa fille enceinte et au regard vide, elle entend l’accusation cinglante. Emma lui rappelle ses avertissements ignorés et son absence complice. Marc, au moment décisif, choisit Emma et son enfant à venir, abandonnant Claire. La mère, devant la porte close, mesure l’ampleur de sa faillite. Le silence qu’elle a cultivé a scellé leur destin commun, détruisant toute leur famille sur l’autel de l’aveuglement et de la trahison.
ดูเพิ่มเติมLe ciel était d’un gris uni, d’un gris de fin d’après-midi de novembre qui n’annonçait ni pluie ni soleil, juste une lumière plate et épuisée. Le taxi s’était arrêté devant une barrière blanche automatique, dans une rue si calme que le ronron du moteur semblait une profanation. Emma resta un instant assise à l’arrière, les doigts crispés sur la lanière usée de son sac à dos. De l’autre côté de la grille, une maison s’étirait, toute en lignes droites et grandes baies vitrées. Blanche. Immaculée. Silencieuse.
— C’est ici, la demoiselle ? demanda le chauffeur, tournant à demi la tête.
Elle acquiesça, la gorge un peu serrée. Elle paya avec les derniers billets que lui avait donnés la notaire après la vente de la maison de mamie, et sortit. L’air sentait l’humus et le propre. Trois cartons en tout, contenant les restes de ses dix-sept ans, furent posés sur le gravier blanc impeccable. Le taxi repartit, le silence retomba, plus dense encore.
C’est à ce moment que la porte de la maison s’ouvrit. Claire apparut, vêtue d’un tailleur-pantalon gris perle qui ne devait pas connaître un seul faux pli. Ses cheveux châtain clair étaient coiffés en un chignon bas et parfait.
— Emma ! Enfin ! s’exclama-t-elle, un sourire rapide et brillant aux lèvres.
Elle descendit les quelques marches et vint vers sa fille. L’étreinte fut rapide, un enveloppement parfumé (un parfum floral et cher, rien à voir avec l’odeur de lavande et de pain grillé de mamie) qui prit fin avant même qu’Emma n’ait pu vraiment s’y abandonner. Claire recula, ses mains déjà en train de rectifier une mèche imaginaire près de son oreille.
— Le voyage s’est bien passé ? Le train était à l’heure ? J’ai eu une alerte comme quoi il pouvait y avoir des retards sur la ligne.
Sa voix était claire, efficace. Ses yeux, du même gris-vert qu’Emma mais plus froids, balayaient déjà sa fille, le tas misérable de cartons, puis le bracelet-montrice à son poisin.
— Oui, ça allait, maman. Un peu long, c’est tout. Emma s’efforça de sourire, une bouffée d’enthousiasme nerveux lui serrant la poitrine. Elle était là. Enfin avec elle. Ta maison… elle est incroyable. On dirait… on dirait une maison de magazine.
Elle voulait dire « belle, impressionnante », mais les mots lui manquaient face à cette perfection austère.
Claire eut un petit rire, un son cristallin.
— Oh, tu sais, c’est surtout très pratique. Lumineux. Facile à entretenir. Bon, ne restons pas plantées là. Viens, je te montre ta chambre. Marc a insisté pour que tu aies la plus grande des chambres d’amis, celle qui donne sur le jardin. Il est si attentionné.
Elle se retourna déjà, ses talons aiguilles cliquant avec une netteté militaire sur le dallage de l’entrée. Emma se précipita pour saisir deux cartons, les serrant contre elle comme des boucliers, et la suivit.
L’intérieur était pire que ce qu’elle avait imaginé. Tout était clair, épuré, organisé. Pas un livre qui dépasse, pas une veste sur un dossier de chaise. L’odeur du propre régnait en maître, un mélange de citron et de cire. Sur un grand meuble bas en bois clair, des cadres en argent alignés avec une précision géométrique attirèrent son regard. Elle ralentit le pas.
Des photos de Claire. Claire sur une plage, riant. Claire en tailleur, devant un building de verre. Et, sur plusieurs clichés, Claire aux côtés d’un homme. Un homme jeune, brun, au sourire large et aux yeux vifs. Il avait le bras autour de ses épaules, ou lui tenait la main, ou la regardait avec une admiration évidente. Sur aucune des photos, Emma ne figurait. Pas une trace de ses dix-sept premières années dans ce décor.
— C’est lui ? Marc ? demanda-t-elle, sa voix résonnant un peu trop fort dans le hall silencieux.
Claire s’arrêta au pied d’un escalier à la rampe en verre. Elle jeta un coup d’œil aux photos, et son soubre s’adoucit, devint intime.
— Oui, c’est lui. Tu vas l’adorer, Emma. Il a tellement hâte de te rencontrer. Il devait être là pour t’accueillir, mais un coup de fil professionnel… tu comprends.
Emma hocha la tête, comprenant surtout que les coups de fil professionnels semblaient régner en maîtres ici aussi. Elle ressentit un petit pincement. Elle avait imaginé ce moment différemment. Des cris de joie, des questions sur le trajet, sur l’école, sur mamie… Mamie. Le vide laissa place à un poids chaud et douloureux derrière ses yeux. Elle le refoula.
— Il a l’air vraiment sympa, maman. Et… et tu as l’air tellement heureuse sur les photos. C’était vrai. Claire rayonnait d’une manière qu’Emma ne lui avait jamais connue. C’était à la fois beau à voir et étrangement distant.
— Je le suis, ma chérie. Vraiment. Claire posa brièvement une main sur son bras. Maintenant, montons. Tu dois être morte de fatigue.
Elle gravit l’escalier, son parfum laissant une traînée légère dans son sillage. Emma la suivit, les cartons lui pesant soudain davantage. Le cliquetis des talons sur les marches de bois clair scandait leur progression, un son sec qui semblait chasser le silence sans pour autant apporter de la vie.
La chambre était au fond d’un couloir tout aussi immaculé. Claire ouvrit une porte.
— Voilà. Pour toi.
C’était vaste. Carré. Les murs étaient d’un blanc cassé. Un grand lit bas avec une couverture grise, un bureau blanc vide, une penderie à portes coulissantes en miroir, une fenêtre rectangulaire donnant en effet sur un jardin tout en lignes droites et massifs de buis.
— C’est… immense, souffla Emma, essayant de cacher son malaise sous l’enthousiasme. Merci, maman. Vraiment. C’est génial.
Elle déposa ses cartons au milieu du parquet luisant, le bruit feutré des scotchs déchirés semblant incongru.
— Je pensais… peut-être qu’on pourrait dîner ensemble ce soir ? Juste toutes les deux ? Pour rattraper un peu… le temps perdu ? Les mots sortirent dans un flot, chargés d’un espoir qu’elle ne put contenir.
Claire, qui pianotait déjà sur son téléphone, leva les yeux, une ombre de regret passant sur son visage.
— Oh, ma puce, j’adorerais. Mais ce soir, c’est impossible. J’ai une visio-conférence avec Singapour. Le décalage horaire, tu imagines… Elle eut une mouce contrite. Mais si je fini bien avant, je te ferais signe et on se fera un vrai dîner. Je promets. En attendant, installe-toi. Repose-toi. La salle de bain est là. Fais comme chez toi.
Comme chez moi, pensa Emma en regardant les miers nus. Ce n’était chez elle nulle part, plus maintenant. Mamie partie, cette maison froide et belle était son seul port d’attache.
— D’accord, maman. Bonne visio alors.
Claire s’approcha, déposa un autre baiser rapide sur sa joue.
— À ce soir, ma chérie. Bienvenue à la maison.
Et elle sortit, refermant la porte avec un clic discret. Le cliquetis de ses talons s’éloigna dans le couloir, puis dans l’escalier, puis plus rien.
Le silence revint, immense, absorbant le léger crissement des cartons sous ses pieds. Emma resta debout au milieu de la pièce trop parfaite, les bras ballants, écoutant battre son propre cœur. L’enthousiasme qui l’avait portée depuis la gare se dégonflait, laissant place à une solitude aussi vaste et blanche que les murs qui l’entouraient. Elle était là. Mais elle avait l’impression d’être une pièce rapportée, un accessoire temporaire dans le décor impeccable de la vie nouvelle et radieuse de sa mère.
La nuit avait été blanche, hantée par la brûlure fantôme sur sa hanche et le reflet accusateur dans le miroir. Emma s'était réveillée les yeux cernés, le corps lourd d'une fatigue nerveuse. La maison, silencieuse en ce dimanche matin, était devenue une jungle aux ombres menaçantes. Chaque craquement du parquet, chaque clic du chauffage, lui faisait dresser la tête, le cœur battant.Marc était sorti faire un footing, avait-il crié en passant devant sa porte fermée. Une heure de répit. Une heure pour agir.Elle attendit d'entendre la lourde porte d'entrée se refermer, puis le silence complet s'établir. Alors, elle s'extirpa de son lit et se précipita vers le téléphone fixe ancien en porcelaine blanche posé sur une console dans le couloir du premier étage. Un appareil démodé, mais qui semblait être sa seule bouée de sauvetage vers le monde extérieur.Elle saisit le combiné, ses doigts glacés malgré la chaleur ambiante de la maison. Elle composa le numéro de portable de Claire, le cœur co
Le dîner s’était déroulé dans un silence oppressant, coupé seulement par les commentaires de Marc sur le vin, sur la cuisson du poisson. Emma avait à peine touché à son assiette, chaque bouchée ayant du mal à passer le nœud qui s’était formé dans sa gorge. La présence de Marc, sa manière de la dévisager en prenant son temps, la sensation obsédante de ses yeux sur elle, tout concourait à lui couper l’appétit.Quand il se leva enfin pour débarrasser, elle saisit l’occasion comme une bouée.— Je… je vais me coucher, je suis fatiguée, annonça-t-elle d’une voix qu’elle voulait ferme mais qui tremblait légèrement.Marc, les mains pleines d’assiettes, lui jeta un regard par-dessus son épaule. Un sourire trop compréhensif étira ses lèvres. — Bien sûr. Ces premiers jours doivent être éprouvants. Dors bien, Emma. Elle se leva si vite que sa chaise gratta le parquet. Elle se dirigea vers l’escalier en colimaçon qui menait à l’étage, son refuge. Ses pas résonnaient dans le hall trop vaste, pres
Emma avait passé la journée cloîtrée dans sa chambre, la clé tournée deux fois dans la serrure. Le frôlement dans le couloir, le regard appuyé, le frisson coupable, tout tournait en boucle dans sa tête, lui nouant les entrailles. La faim finit par la faire sortir à la nuit tombée, poussée par un estomac vide et l’espoir de trouver la cuisine déserte.Elle se trompait.Une musique douce, du jazz, s’échappait de la cuisine. Une odeur d’ail et d’herbes grillait dans l’air. Et il était là. Marc, debout devant le large plan de travail en granit, dos à elle. Il portait un simple tablier bleu par-dessus son jean, et rien d’autre. Son torse, nu sous la bavette de tissu, était sculpté, bronzé, les muscles de son dos se dessinant et bougeant avec une fluidité animale à chaque mouvement du couteau qui hachait des légumes avec une précision de chef.Le choc de cette image la cloua sur le seuil. C’était trop intime. Trop domestique, et pourtant d’une sensualité brute, dérangeante. Elle voulut fair
Le lendemain du départ de Claire, la maison avait l’air de retenir son souffle. Le silence était devenu une présence, un bourdonnement sourd dans les oreilles d’Emma. Elle avait passé la journée à errer comme une âme en peine, évitant les pièces communes, guettant le bruit des pas de Marc. Il était sorti quelques heures, et elle avait savouré ce répit étrange, assise au milieu du lit trop grand de sa chambre d’hôtel.Le soir venu, la perspective de la nuit à venir, seule avec lui dans cette maison trop vaste, lui noua l’estomac. Elle décida de prendre une longue douche, comme pour se laver de l’angoisse qui lui collait à la peau.La salle de bain principale, attenante à sa chambre, était un temple de marbre blanc et de chromes. L’eau, chaude et puissante, sembla un moment laver aussi la tension. Elle ferma les yeux, laissant la vapeur l’envelopper, étouffant le monde extérieur. Quand elle coupa l’eau, le silence retomba, plus dense encore, brisé seulement par le goutte-à-goutte du pom






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