LOGINChapitre 97
Ludovica
La lumière du matin me réveille.
Elle est douce, laiteuse, gris pâle la lumière d’un ciel couvert, sans soleil, sans ombres. Elle filtre à travers les rideaux de dentelle, les traversent, les transforment en voiles immaculés. Elle vient caresser mon visage, mes joues encore chaudes du sommeil, mes paupières qui palpitent, mes lèvres entrouverte
Chapitre 165LudovicaLa conscience revient par vagues. Des fragments de lumière, des éclats de douleur.Mon corps est lourd, inerte, comme si mes os avaient été vidés de leur moelle. Une voix grave et rauque flotte au-dessus de moi, des mots que je n'arrive pas à comprendre, des ordres que je n'arrive pas à suivre. Je sens des mains sur mes bras. Mes bras, mes jambes, on me tire, on me soulève, mes pieds traînent dans le sable, des cailloux s'enfoncent dans mes chevilles nues, une brûlure froide qui monte le long de mes mollets.Le linge a disparu. Je respire. J'ouvre les yeux.La lumière du soleil me frappe, douloureuse, aveuglante. Des silhouettes se découpent à contre-jour. Des masques. Des armes. La plage défile autour de moi, le sable glisse sous mes pieds, la mer scintille au lo
Chapitre 164LudovicaLa plage est déserte, silencieuse, comme un secret que la mer garde pour elle-même.Le sable est doux sous mes pieds nus, doré et fin, chauffé par le soleil de l'après-midi qui brille haut dans le ciel, implacable et généreux. Les vagues viennent mourir à mes pieds dans un murmure léger, un chuchotement d'écume qui caresse mes chevilles avant de se retirer, emportant avec elle une partie du sable, une partie du temps, une partie de moi. L'odeur du sel, du varech, de la mer m'enveloppe comme une caresse, comme une promesse, comme un retour à quelque chose d'ancien et de profond.Je marche lentement, mes doigts effleurant la surface de l'eau, mes yeux fixés sur l'horizon où le ciel rejoint la mer dans une ligne floue et indéfinie. Le vent soulève mes cheveux, les fait flotter autour de mon visage comme une couronne sauvage, et je sens la chaleur du soleil sur ma peau, sur mes épaules nues, sur mes bras que j'ai laissés découverts. Ce privilège récemment accordé, ce
Chapitre 163LudovicaLa plage est déserte, silencieuse, comme un secret que la mer garde pour elle-même.Le sable est doux sous mes pieds nus, doré et fin, chauffé par le soleil de l'après-midi qui brille haut dans le ciel, implacable et généreux. Les vagues viennent mourir à mes pieds dans un murmure léger, un chuchotement d'écume qui caresse mes chevilles avant de se retirer, emportant avec elle une partie du sable, une partie du temps, une partie de moi. L'odeur du sel, du varech, de la mer m'enveloppe comme une caresse, comme une promesse, comme un retour à quelque chose d'ancien et de profond.Je marche lentement, mes doigts effleurant la surface de l'eau, mes yeux fixés sur l'horizon où le ciel rejoint la mer dans une ligne floue et indéfinie. Le vent soulève mes cheveux, les fait flotter au
Chapitre 162DragoLa villa est silencieuse, paisible, baignée par la lumière douce du matin qui filtre à travers les hautes fenêtres à meneaux, glissant sur les parquets cirés, sur les murs de pierre, sur les meubles anciens patinés par les années. Les oiseaux chantent dans les cyprès, leurs trilles aigus emplissant l'air de cette mélodie quotidienne qui rythme les réveils, et la mer, en bas, est d'un bleu profond, presque noir, ses vagues à peine ridées comme une respiration retenue.Je suis assis dans la salle à manger, une tasse de café fumant entre mes doigts, les yeux fixés sur le jardin qui s'étend au-delà des fenêtres. Ludovica est en face de moi, ses doigts entrelacés aux miens, sa présence douce et rassurante comme une lumière dans l'obscurité. Elle me so
Chapitre 161DragoLe bureau est plongé dans une pénombre épaisse, seulement troublée par la lueur bleutée de l'écran d'ordinateur qui projette des ombres froides sur les boiseries sombres et les rayonnages de livres. L'odeur du café froid flotte dans l'air, mêlée à celle du cuir et du papier, comme une présence familière qui accompagne les nuits blanches et les décisions difficiles.Je suis assis derrière mon bureau, les doigts crispés sur le sous-main en cuir, les yeux fixés sur l'écran qui affiche une succession de dossiers, de photos, de rapports. La lumière de l'écran éclaire mon visage, creuse les ombres sous mes pommettes, fait briller mes yeux noirs d'une lueur fiévreuse.Russo est debout devant moi, son visage fermé, ses mains croisée
Chapitre 160LudovicaLa route serpente à travers les collines toscanes, comme un ruban d'asphalte gris posé sur la peau dorée de la terre. Le soleil décline lentement vers l'horizon, teintant le ciel de nuances d'or et de pourpre, de rose et d'orange, comme une palette de couleurs que la nature elle-même aurait peinte avec une lenteur délibérée, savourant chaque touche, chaque nuance, chaque dégradé. Les vignes s'étendent à perte de vue, leurs feuilles vertes frémissant sous la brise légère, et les oliviers dansent comme une mer d'argent et de vert. Les cyprès se dressent, élancés et sombres, comme des sentinelles immobiles qui veillent sur ce paysage intemporel.La voiture roule en silence, seulement troublée par le ronronnement du moteur et le bruissement du vent qui entre par la fen&ecir
Chapitre 5DragoLe contrat est lourd dans ma main, pas à cause du papier quelques feuilles à en-tête notarié mais à cause de ce qu'il représente. Un père qui vend sa fille. Une dette de sept cent mille euros transformée en acte de propriété. La signature de Giuseppe Sarri, tracée au Montblanc, su
Chapitre 4LudovicaIl fait un pas vers moi et s'accroupit. Ce mouvement inattendu cette proximité soudaine me désarçonne. Il n'est plus la statue menaçante qui me dominait de toute sa hauteur ; il est là, à ma hauteur, son visage à quelques centimètres du mien. Le parfum de son after-shave m'envel
Chapitre 3LudovicaLe marbre est une plaque de glace sous mes genoux. Le froid a depuis longtemps traversé le tissu de ma jupe, puis ma peau, puis mes muscles ; il s'est logé dans mes os comme un hôte indésirable. Mes mollets sont ankylosés, mes cuisses tremblent d'un effort continu, et pourtant je
Chapitre 2DragoJe suis debout devant la fenêtre de mon bureau depuis que le guetteur a signalé le fourgon. Un verre de whisky trente ans d'âge dans la main droite, la gauche enfoncée dans la poche de mon pantalon, je regarde la route en lacets qui serpente au flanc de la falaise. La fourgonnette n







