MasukCertains fuient pour oublier. D’autres fuient pour ne pas choisir. Damien s’enfonçait dans le cuir moelleux du carré VIP du club, le verre de whisky à moitié vide serré dans sa main. Autour de lui, la musique vibrait dans les murs, basse et pulsation rapide, un rythme qui aurait dû le distraire, mais qui au contraire accentuait chaque battement de son cœur. La fumée des cigares flottait comme une brume épaisse, s’entremêlant aux éclats de voix, aux rires forcés de ses amis. Il laissait ses pensées vagabonder, encore incapable de croire ce qui se passait. « Divorce », le mot résonnait dans sa tête comme une alerte, chaque répétition plus douloureuse que la précédente. Il avala le reste de son verre d’un trait, le goût brûlant de l’alcool se mêlant à l’amertume qu’il ne voulait pas admettre. Les amis parlaient, racontaient des anecdotes, mais Damien n’écoutait pas. Il fixait le fond de son verre, le liquide ambré reflétant ses traits crispés, la mâchoire serrée, les yeux fuyants.
« Elle rentrait légère, il l’attendait chargé. » Pendant ce temps, Julia était à son nouveau poste d’assistante. Le bureau était lumineux, les grandes baies vitrées laissant entrer le soleil de l’après-midi, et une légère odeur de café flottait dans l’air. Elle tapotait sur le clavier avec concentration, mais ses pensées étaient légères, comme si elle flottait au-dessus de ses tâches. — « Julia, pourriez-vous préparer ces dossiers pour la réunion de demain ? » demanda son patron avec un sourire chaleureux. — « Bien sûr, monsieur », répondit-elle, ses doigts glissant rapidement sur le clavier. Elle sourit intérieurement en se rendant compte qu’elle se sentait à sa place ici, que pour la première fois depuis longtemps, elle était juste… elle-même, loin des tensions et des attentes de Damien. Elle leva les yeux et engagea une petite conversation avec son patron, échangeant des anecdotes professionnelles avec un enthousiasme discret, ponctué de rires légers. Chaque geste, chaque s
« Parfois, la fin d’une histoire est le début d’une autre. » Le bureau de Damien baignait dans une lumière douce d’après-midi. Les dossiers s’étalaient devant lui sur le bureau, et la conversation avec Marc était concentrée, ponctuée de chiffres, de plans et de décisions à prendre. Damien avait l’habitude de contrôler chaque détail, mais une tension sourde crispait ses épaules. Un léger coup frappa à la porte. — Monsieur, excusez-moi de vous déranger, mais vous avez une visite, annonça la secrétaire, la voix calme mais ferme. Damien fronça les sourcils, surpris. — Il me semblait que tous mes rendez-vous étaient terminés, murmura-t-il, un peu irrité. — Oui… mais il s’agit d’un certain monsieur Bernard, avocat. Il vient pour une affaire très importante, précisa-t-elle. Intrigué, Damien se redressa et fit signe à l’homme d’entrer. Maître Bernard, un homme d’une cinquantaine d’années, entra d’un pas mesuré. Il portait un costume sombre impeccablement ajusté et tenait un doss
« Il n’est de cage plus solide que celle que l’on croit faite d’amour. » La nuit avait déjà enveloppé la ville lorsque Damien gara sa voiture dans l’allée pavée de sa demeure. La façade immaculée, illuminée par des lampadaires discrets, se dressait devant lui comme un rappel silencieux de tout ce qu’il possédait… et de tout ce qu’il risquait de perdre. Il entra, traversa le vaste hall au marbre glacé et monta l’escalier en colimaçon menant à sa chambre. Ses pas résonnaient dans le vide de la maison. Pas de rires d’enfants, pas de voix pour briser le silence. Dans sa chambre, il posa sa veste sur le dossier d’un fauteuil, décrocha sa montre et la laissa tomber sur la table de chevet. Avant de se diriger vers la salle de bain, il sortit son téléphone. L’écran s’illumina, affichant une série de notifications. Des appels manqués. Des messages non lus. Et surtout… une longue liste d’alertes de sa banque. Damien fronça les sourcils et s’assit au bord du lit. Les chiffres défilèrent.
Damien tenait le volant d’une main ferme, les yeux fixés sur la route, mais son esprit était loin devant. Les lumières orangées du soleil couchant se reflétaient sur le pare-brise, et le ronronnement régulier du moteur emplissait l’habitacle d’un fond sonore apaisant. Sur la banquette arrière, Lucas, attaché dans son siège, était tout l’inverse de son père : débordant d’énergie. Il tenait sa peluche-dinosaure contre lui comme si c’était un trésor. Le petit animal en tissu vert semblait déjà avoir trouvé sa place dans ses bras. — Tu sais, papa, je vais jamais le lâcher… Parce que c’est toi qui l’as gagné pour moi. — Ah bon ? Même pour dormir ? — Même pour dormir. Et à l’école, j’vais le montrer à tout le monde ! Damien esquissa un sourire dans le rétroviseur. Ce n’était qu’une peluche bon marché, mais pour Lucas, c’était le trophée d’un père qui, pour une fois, avait été là. Le petit enchaîna, la voix animée : — Et le manège qui tourne super vite… beurk, j’aime pas du tou
« Le passé est un invité qui ne frappe jamais à la porte. Il se glisse dans les pièces et s’installe sans prévenir. » Julia fit claquer la porte de son appartement. Les sacs de shopping glissèrent sur le canapé, un à un, comme des trophées silencieux. Elle retira ses lunettes de soleil, jeta un coup d’œil autour d’elle… et se surprit à sourire. Sa journée avait été… intense. Elle venait tout juste de rentrer d’une virée en ville avec Cécile. Le parfum discret d’un café pris en terrasse lui revenait encore, mêlé à celui des vitrines fraîchement cirées des boutiques qu’elles avaient longées. Elle avait reçu un message de Cécile ce matin. Habille-toi. Talons obligatoires. Je t’emmène voir quelque chose et l'avait rejoint tôt, presque surexcitée. Elles s’étaient retrouvées au volant de la berline noire de Cécile, filant vers le centre-ville huppé. Les immeubles semblaient s’incliner à leur passage. Et puis… la vitrine. Une façade d’un blanc parfait, encadrée de colonnes, surmont







