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Chapitre 4 : La carte du dominé 2

ผู้เขียน: Darkness
last update วันที่เผยแพร่: 2025-11-01 22:25:32

Alyssa 

La pièce est vaste, éclairée par des néons froids. Ce n'est pas une salle de torture médiévale. C'est pire. C'est une salle d'opération de fortune, cauchemardesque et hygiénique. Une table en acier inoxydable, des scies, des pinces, des scalpels bien plus grands que le mien sont alignés sur un plateau. Et sur les murs, ce ne sont pas des chaînes, mais des cartes. Des cartes géographiques détaillées des États-Unis, du Mexique, avec des épingles de différentes couleurs. Le réseau de son empire.

Et au centre, il y a un homme.

Il est attaché à une chaise, le visage tuméfié, un œil fermé, la lèvre fendue. Il gémit faiblement. Ce n'est pas un homme du cartel. Il est vêtu d'un costume bourgeois, maintenant déchiré et taché de sang.

Silas est là, debout près de lui. Il n'a pas de veste. Ses avant-bras sont nus, et il essuie méthodiquement une tache sombre sur ses doigts avec un chiffon blanc. Il lève les yeux quand j'entre. Son expression est neutre, professionnelle.

— Docteur Bennett. Je suis content que vous ayez accepté mon invitation.

Ma gorge se serre. Je reste figée sur le seuil, le corps tout entier me criant de fuir.

— Qu'est-ce que… qu'est-ce que vous faites ?

— Une leçon de géographie, répond-il calmement. Il jette le chiffon taché dans un seau métallique. Et de commerce. Cet homme… il désigne le prisonnier d'un mouvement de tête … pensait qu'il était intelligent. Il a dévié un chargement qui m'appartenait. Il a cru pouvoir voler l'ombre sans que l'ombre ne le remarque.

Le prisonnier sanglote.

— S'il vous plaît… Señor Cruz… J'ai une famille…

Silas l'ignore. Son regard est rivé sur moi.

— La question n'est pas de savoir si on paie pour ses erreurs, Alyssa. La question est comment. Il y a la manière douce. Et la manière dure.

Il se dirige vers la table d'instruments. Ses doigts effleurent les lames, avec une familiarité terrifiante.

— Il a choisi la manière dure. Maintenant, il va nous montrer sur la carte l'emplacement de mon produit. Et les noms de ceux qui l'ont aidé.

Je secoue la tête, lentement, horrifiée.

— Non. Vous ne pouvez pas…

— Je peux,l'interrompt-il, sa voix devenant un fil de rasoir. Et je vais le faire. La seule variable, c'est vous.

Il se saisit d'un outil métallique, fin et effilé. Une sonde.

— Vous.

Il marche vers moi et me tend l'instrument. Le métal est froid entre nous.

— Montrez-lui la manière douce.

Le monde vacille. Je recule, heurtant le montant de la porte.

— Vous êtes fou. Je ne ferai pas ça. Je suis médecin.

— Exactement, siffle-t-il, ses yeux s'enflammant d'une lueur intense. — Vous savez où faire mal sans tuer. Vous connaissez les points de pression, les nerfs. Vous savez infliger une douleur… précise. Économique. Faites-le parler. Épargnez-lui le pire.

Le prisonnier me regarde, son œil valide écarquillé d'un espoir pitoyable. Sauvez-moi, supplie ce regard.

— Je ne suis pas votre bourreau, je murmure, la nausée montant.

— Nous sommes tous le bourreau de quelqu'un, Docteur, rétorque Silas, sans rompre le contact. A l'hôpital, vous coupez, vous brulez, vous infligez une douleur temporaire pour un bien supérieur. C'est la même chose ici. La douleur de cet homme servira à rétablir l'ordre. À éviter d'autres morts. C'est une médecine… préventive.

Sa logique est tordue, diabolique. Elle trouve une faille dans mon propre code, une faille que je ne connaissais même pas.

— Je refuse.

Le visage de Silas se durcit. La tension dans la pièce devient palpable.

— Très bien. La manière dure, alors.

Il se retourne et, d'un mouvement trop rapide pour être suivi, enfonce la sonde dans l'épaule du prisonnier.

Le cri qui déchire la pièce est animal, à glacer le sang. L'homme se débat, secoué de spasmes, sa chaise grince sur le sol en béton.

Je ferme les yeux, mais les sons sont pires. Les gémissements, la respiration sifflante de Silas, le cliquetis de l'instrument quand il le retire.

— Où est mon produit ? demande Silas, sa voix redevenue calme, presque douce.

Le prisonnier hoquette des mots inintelligibles.

Silas soupire, comme face à un enfant têtu. Il prend une pince plus grosse.

— Arrêtez ! Le cri jaillit de moi avant que je puisse le retenir.

Silas se fige. Il se tourne vers moi, un sourcil levé.

— Vous avez une meilleure suggestion ?

Les larmes coulent sur mes joues, brûlantes de honte et d'impuissance. Je regarde l'homme, je regarde la carte, je regarde les instruments. Je suis piégée dans son cauchemar éthique.

— Laissez-le partir,je supplie, la voix brisée. S'il vous plaît.

Le regard de Silas se pose sur moi, longuement. Il évalue ma détresse, ma répulsion. Je vois le calcul derrière ses yeux.

— Non, dit-il finalement. Mais vous venez de lui acheter un sursis.

Il jette la pince sur la table avec un bruit métallique qui résonne comme un coup de canon.

— Emmenez-le. Nous reprendrons cette conversation quand il aura retrouvé ses esprits.

Le garde entre et détache l'homme à demi-conscient. Il le traîne hors de la pièce, laissant une traînée de sang sur le sol.

Silas et moi restons seuls. L'odeur du sang et de la peur nous enveloppe.

Il s'approche. Il n'a plus l'air en colère. Il a l'air… satisfait.

— Vous voyez ? murmure-t-il en s'arrêtant devant moi. Vous avez déjà du pouvoir sur moi. Un mot, une émotion, et j'ai changé le cours des événements. Vous avez choisi de ne pas infliger de douleur. C'était votre décision. Votre premier acte de pouvoir ici.

— Ce n'était pas un acte de pouvoir. C'était de la faiblesse, je chuchote, écoeurée.

— La compassion n'est jamais une faiblesse, Alyssa. C'est une arme. Et je vous apprendrai à vous en servir. — Il effleure ma joue trempée de larmes. Aujourd'hui, vous avez appris une leçon plus importante que la géographie. Vous avez appris que vous faites déjà partie de l'équation.

Il se penche, son souffle chaud contre mon oreille.

— La prochaine fois, je ne vous donnerai peut-être pas le choix.

Il sort, me laissant seule au milieu de la salle de torture, avec l'écho des cris dans les oreilles et le goût amer de ma propre complicité.

Je n'ai pas touché l'homme. Je n'ai tenu aucun instrument.

Pourtant, je me sens plus souillée que si je l'avais fait.

Il n'a pas eu besoin de chaînes. Il a utilisé ma propre moralité contre moi. Et ça a fonctionné.

La carte sur le mur me nargue. Je suis une nouvelle épingle, plantée au cœur de son domaine. Et je commence à peine à comprendre les règles de son jeu.

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