ANMELDENChapitre 97LéandreMa sœur. Victoire. Celle que j'ai effacée de ma vie comme un chapitre honteux. Elle est au couvent depuis quinze ans. Muette. Absente. Et voilà qu'elle contacte Alméa. Le passé revient toujours.Je suis dans mon bureau, les mains à plat sur la table. Alméa est partie ce matin sans me dire où elle allait. Elle m'a dit qu'elle avait des courses à faire. Mais je l'ai vue glisser une lettre dans son sac. Une lettre qui l'a rendue pâle.J'appelle Sofia. Elio est chez elle. Alméa n'est pas passée. Alors où est-elle ?Je me lève. Je marche de long en large. Je sens cette colère monter, cette rage froide, cette peur aussi. Parce que je sais ce que contient cette lettre. Je sais qui l'a écrite.Victoire.Ma s&oel
Chapitre 96AlméaJ'ai reçu une lettre. Une écriture inconnue. Une femme qui dit s'appeler Victoire. La sœur de Léandre. Celle dont il ne parle jamais. Elle veut me rencontrer. Seule. Mon instinct hurle. Ma curiosité aussi.Je tiens l'enveloppe entre mes doigts. Le papier est épais, crème, élégant. L'écriture est fine, penchée, presque fragile. Une écriture de femme. Une écriture qui n'a pas l'habitude d'écrire.« Alméa, je m'appelle Victoire. Je suis la sœur de Léandre. Il ne parle jamais de moi. Je comprends pourquoi. Mais aujourd'hui, j'ai besoin de vous voir. Seule. Sans lui. C'est important. »Sœur Victoire. Une religieuse. La sœur de Léandre est une religieuse. Et il ne m'en a jamais parl&eacut
Chapitre 95LéandreJe veux qu'elle ait tout. La robe, les fleurs, le lieu parfait. Je lui ai demandé ce qu'elle voulait. « Toi », elle a dit. « Juste toi. » Cette femme va me tuer de bonheur.Je suis assis dans le bureau du wedding planner, un classeur de photos sur les genoux, et je feuillette les pages avec application. Robes, fleurs, décorations, menus, faire-part. Tout est là.— Celle-là ? je demande en montrant une robe blanche, longue, avec un voile de dentelle.Alméa regarde la photo. Elle penche la tête. Elle fait la moue.— Trop compliquée.— Celle-ci ?— Trop chère.— Celle-là ?— Trop blanche.Je pose le classeur. Je la regarde.— Alméa. On est en train de choisir ta robe de mariée. Tu ne peux pas tout refuser.— Je ne refuse pas tout. Je refuse ce qui ne me ressemble pas.— Et qu'est-ce qui te ressemble ?Elle réfléchit. Elle regarde les photos. Elle soupire.— Quelque chose de simple. De fluide. De léger. Pas de dentelle, pas de voile, pas de traîne. Juste une robe. Une
Chapitre 94RaphaëlJe suis heureux pour eux. Vraiment.Je regarde Léandre ajuster sa cravate devant le miroir. Il a cette lumière dans les yeux que je ne lui avais pas vue depuis des années. Cette lumière d'avant, celle de l'étudiant insouciant, celle du garçon qui croyait que l'amour pouvait tout.— Tu es sûr que cette cravate va ?— Elle va très bien. Tu es beau comme un cœur.— Ne te moque pas.— Je ne me moque pas. Je suis fier de toi.Il se retourne. Il me regarde. Et dans ses yeux, je vois cette émotion qu'il ne montre jamais.— Merci, Raphaël. Pour tout. Pour avoir été là. Pour avoir enquêté avec moi. Pour ne pas m'avoir jugé.
Chapitre 93AlméaJe me prépare à devenir sa femme. Officiellement. Légalement. Les papiers, les alliances, les promesses.Je suis assise à la table de la cuisine, un formulaire de mariage devant moi, un stylo à la main, et je fixe la ligne où il est écrit « nom de l'épouse ». Alméa Castelli. Bientôt Alméa Valcourt. Ce nom, ce nom que je n'aurais jamais cru porter un jour, ce nom qui m'a fait tant de mal, ce nom qui appartenait à la femme qui m'a détruite, ce nom sera le mien dans quelques semaines.— Tu es sûre de vouloir prendre mon nom ? demande Léandre, assis en face de moi, une tasse de café entre les mains.— C'est la tradition, non ?— La tradition peut aller se faire voir. Si tu préfères garder le tien, je comprends. Je comprends même très bien.Je pose mon stylo. Je le regarde. Il a l'air sérieux, presque inquiet, comme s'il craignait que je change d'avis.— Léandre. Si je t'épouse, je t'épouse entièrement. Avec ton nom. Avec ton passé. Avec ta mère. Avec tout. Je ne veux pas
Chapitre 92LéandreLes préparatifs du mariage avancent. Alméa sourit plus souvent. Elio m'appelle Papa sans se tromper. Je touche au but. Mais quelque chose me dit que le calme est trop parfait. La tempête se prépare.Je suis assis sur le canapé, un dossier de prestataires sur les genoux, et je la regarde discuter au téléphone avec la traiteur. Elle rit, elle négocie, elle note des choses sur un carnet.— Non, pas de pièce montée. Un gâteau simple, à la vanille. Oui, avec des fruits rouges. Parfait.Elle raccroche et se tourne vers moi.— C'est réglé pour le gâteau. Tu veux quelque chose de particulier ?— Je veux juste que tu sois là.Elle lève les yeux au ciel, mais elle souri







