LOGINLe mot m'échappe avant que je puisse le retenir. Je vois ses yeux s'assombrir, ses pupilles se dilater.
— Du désir, répète-t-il.
— Oui. J'avais envie de toi. Depuis le premier jour. Depuis le premier regard. Et ça me terri
Élise---Je les regarde dîner, cachée dans l'ombre du couloir des domestiques.La grande salle est éclairée comme pour un banquet, mais ils ne sont que deux. Deux seulement, à cette table immense, avec leurs couverts en argent et leurs verres en cristal et leurs sourires d'amoureux transis.C'est à vomir.Elle porte une robe verte. Du velours. Du vrai velours, pas cette étoffe rêche qu'on donne aux servantes. Ses cheveux sont coiffés, relevés, avec des épingles en nacre que je
Il sourit. Un vrai sourire, qui éclaire tout son visage, qui efface les cernes et les rides et les années de souffrance.— Bien. Je te laisse t'installer. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'as qu'à sonner. Une servante viendra.— Je n'ai pas besoin de servante.— Tu n'es plus servante, Camille. Il faut t'y faire.Il s'approche, pose un baiser sur mon front, léger comme une promesse.— À ce soir, dit-il. Pour le dîner. Dans la grande salle. Avec moi.— Avec toi ?
CamilleJe reviens au château un matin de janvier, dans le brouillard glacé qui monte de la rivière.La dernière fois que j'ai franchi ces grilles, j'étais nue sous une couverture, les pieds en sang, le visage marqué par la main de l'homme que j'aimais. Je m'étais juré de ne jamais revenir. Je m'étais juré de l'oublier, de reconstruire ma vie ailleurs, loin de ces pierres froides et de ces souvenirs brûlants.Mais les serments qu'on se fait à soi-même sont les plus faciles à trahir.Alistair marche à mes côtés. Il tient ma main gauche dans sa ma
Il m'embrasse de nouveau. Plus profondément cette fois. Sa langue rencontre la mienne, danse avec elle, l'apprivoise. Ses mains descendent dans mon dos, s'arrêtent au creux de mes reins, me pressent contre lui.Je sens son désir contre mon ventre. Dur. Pressant. Mais il ne bouge pas. Il attend.— Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-il.— Toi.— Comment ?— Comme tu veux. Mais lentement. Comme tu as dit.Il sourit contre mes lèvres.
Le mot m'échappe avant que je puisse le retenir. Je vois ses yeux s'assombrir, ses pupilles se dilater.— Du désir, répète-t-il.— Oui. J'avais envie de toi. Depuis le premier jour. Depuis le premier regard. Et ça me terrifiait.— Pourquoi ?— Parce que je savais que je n'avais pas le droit. Je suis une servante. Tu es le Seigneur. Les gens comme moi n'aiment pas les gens comme toi. Ils les servent, ils les craignent, ils les haïssent parfois. Mais ils ne les aiment pas.— Et pourtant, tu m
Camille---Il ne me conduit pas vers le lit.Je m'attendais à ce qu'il le fasse. Je m'attendais à ce qu'il me prenne la main, qu'il m'attire vers les draps de soie, qu'il me déshabille avec cette lenteur calculée qui me faisait perdre la tête avant.Mais il ne le fait pas.Il me conduit vers le fauteuil près du feu. Il me fait asseoir de nouveau. Et lui, il s'agenouille devant moi. Pas comme un pénitent cette fois. Comme un homme qui veut être à ma hauteur, qui ne veut pas me dominer, qui veut me regarder dans les yeux sans que j'aie &
CamilleJe prépare le bain comme j'ai appris à le faire.L'eau chaude, d'abord, que je fais chauffer dans la grande bassine. Puis l'huile pas de lavande, ce soir, mais une autre, plus douce, à la rose, que je trouve dans un flacon sur sa table. Je la renverse dans l'eau, et l'odeur emplit la pièce.
Je reste silencieuse. Il a tout dit, tout deviné.— Écoute-moi, dit-il. Je ne sais pas ce que demain nous réserve. Je ne sais pas ce que les gens vont dire. Je ne sais pas comment on va faire pour vivre ce qui est arrivé. Mais je sais une cho
Sa main glisse de ma joue à mon cou. Ses doigts se referment, pas assez fort pour m'étouffer, juste assez pour que je sente leur pression.— Parce que quand tu es là, je ne contrôle rien. Je suis à toi, complètement, idiotement.
Je sens mes yeux qui piquent.— Je ne remonterai pas, dis-je. Pas si c'est pour me détruire. Mais je ne peux pas m'arrêter maintenant. Pas quand je l'aime. Pas quand il m'aime.— Tu es têtue.— Comme toi.Margot rit, c







